Santé environnementale : Le Cameroun mise sur la science pour protéger les populations

À l’occasion de la Journée mondiale de la santé environnementale célébrée le 19 octobre 2026 à Yaoundé, le gouvernement camerounais s’engage à appuyer ses politiques publiques sur la rigueur scientifique afin de protéger les populations.
Respirer un air pur, boire une eau saine et vivre dans un cadre de vie décent ne doivent plus être un privilège, mais une norme. C’est le message fort qui est ressorti des travaux marquant la première édition nationale de la Journée mondiale de la santé environnementale, placée cette année sous le thème : « La santé environnementale : s’allier à la science pour protéger les communautés ».
Face à une urbanisation galopante, les grandes métropoles camerounaises comme Yaoundé et Douala font face à une triple crise atmosphérique, hydrique et de salubrité. Les résultats des études de la qualité de l’air sont sans appel : la concentration de particules fines dépasse régulièrement les seuils de sécurité fixés par les instances internationales.
Dans les formations sanitaires, la hausse des affections respiratoires aiguës, des crises d’asthme sévères et des toux chroniques témoigne de la dégradation directe de l’environnement. À cela s’ajoutent la gestion complexe des déchets plastiques, les feux de poubelle sauvages et l’obstruction des drains, véritables lits de prolifération du paludisme et du choléra. Selon Hélé Pierre, ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable « protéger notre biodiversité, c’est dresser un bouclier sanitaire pour nos populations ».

L’approche « Une seule santé »
Pour Cyrille Bello, Directeur du mouvement des politiques environnementales au Minepded, « Lorsque nous parlons d’« Une seule santé » (One Health en anglais), nous décrivons une réalité biologique implacable. La santé des Camerounais dans nos maisons ou dans nos zones rurales est intimement fusionnée avec la santé des animaux sauvages et d’élevage, et la salubrité des écosystèmes que nous partageons ».
Pour inverser cette courbe, les pouvoirs publics entendent miser sur une réponse méthodique guidée par la recherche. S’inscrivant dans l’approche globale « Une seule santé », le Ministre Hélé Pierre rappelle que la santé humaine est le miroir direct de la santé des écosystèmes. La dégradation des forêts du bassin du Congo, en rapprochant l’homme de la faune sauvage, accentue en effet les risques d’émergence de nouvelles pandémies. Plusieurs mesures concrètes sont ainsi annoncées : le déploiement progressif de réseaux de surveillance de la qualité de l’air en temps réel via des stations fixes et mobiles, le renforcement des inspections environnementales et la transition vers une économie circulaire favorisant le recyclage.
Un appel à l’action collective
Toutefois, la riposte ne pourra aboutirels pour adopter des procédés de production plus propres. Chaque citoyen est également invité à poser des éco-gestes au quotidien : arrêt des feux de résidus ménagers, reboisement et préservation des cours d’eau. C’est à ce prix, par l’alliance de la science et du civisme, que le pays pourra bâtir des villes plus fortes, plus résilientes et plus saines.
Albert BOMBA



















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