Environnement : La Bourse Nationale des Déchets veut transformer les poubelles du Cameroun en “Or Vert”

Avec 6 millions de tonnes de détritus produits chaque année et une gestion qui échappe encore de moitié aux circuits officiels, le Cameroun lance une offensive stratégique. La Bourse Nationale des Déchets (BND), nouvelle société d’économie mixte, s’est donné pour mission de structurer un marché formel où le déchet ne se jette plus, mais se vend.
Le constat est sans appel : le Cameroun croule sous ses déchets. En 2025, le pays a franchi la barre des 6 millions de tonnes de détritus générés. Plus inquiétant encore, la capacité actuelle de collecte laisse près de 50 % de cette masse dans la nature ou dans des circuits informels. C’est dans ce contexte d’urgence écologique que la Bourse Nationale des Déchets (BND) vient d’être lancée.
À sa tête, Rebecca Sylvie Essomba, Directeur général, affiche une ambition claire : passer d’une menace environnementale à une opportunité économique. « Nous mettons en place une organisation agile, sans obésité structurelle, pour répondre précisément à l’ampleur du défi », précise-t-elle, alors que les manuels de procédures de la nouvelle entité sont en phase finale de validation.
La traçabilité numérique au service de la “Ressource”
Le pivot de cette révolution est une plateforme numérique dédiée. L’objectif est de garantir la traçabilité totale du déchet, de son point de production jusqu’à sa destination finale.
Pour les entreprises, le paradigme change : le déchet est désormais inscrit dans le Plan de Gestion Environnementale comme une ressource. Chaque générateur de déchets devra dorénavant apporter la preuve de la valorisation de ses rebuts. Cette transparence vise à rassurer les investisseurs et à assainir un secteur longtemps resté opaque.
Priorité aux industriels et création d’une chaîne de valeur
Bien que la BND ait vocation à traiter tous types de détritus, elle concentre ses premiers efforts sur les déchets industriels. L’enjeu est de créer une “masse critique” de recycleurs et de valorisateurs sur le territoire national. « Il est question d’encourager l’investissement dans des secteurs technologiques encore peu explorés au Cameroun. Nous voulons créer une véritable chaîne de valeurs où nos déchets deviennent les intrants de notre propre industrie », martèle Rebecca Sylvie Essomba.
Pour sa première année d’exercice, la BND se fixe un indicateur de performance précis : booster la valorisation d’au moins 10 % des déchets valorisables sur les 6 millions de tonnes produites. Pour y parvenir, la stratégie repose sur deux piliers.
Le tri sélectif à la source : Un déploiement en collaboration étroite avec les communes et la société civile
La responsabilité est élargie chez le producteur visant l’activation des mécanismes légaux et de l’éco-conception pour forcer le rappel des déchets par ceux qui les mettent sur le marché.
Au-delà de l’aspect industriel, la Bourse espère un impact social majeur. En créant un “espace marchand” accessible, la BND ambitionne de générer des emplois verts dans les quartiers et les villages. Les femmes et les jeunes sont en première ligne de cette stratégie qui vise, in fine, à faire de la gestion des déchets un levier de réduction de la pauvreté au Cameroun.
Albert BOMBA



















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