SEMAINE DE L’EMPLOI VERT : « Nous voulons changer l’environnement des Camerounais »

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En prélude à la deuxième édition de la Semaine des emplois verts, prévue du 16 au 20 octobre 2026, les préparatifs s’intensifient. Naomi SIMUT, Chef de la Cellule de Lutte contre le Chômage et Responsable Compétences du Programme de Promotion des Emplois Verts au Ministère de l’Emploi et de la Formation Pressionnelle, revient sur les grands enjeux de cet événement. Entre opportunités d’insertion pour la jeunesse et transition écologique, elle détaille les mécanismes mis en œuvre pour dynamiser le marché du travail durable.

Quel est le but visé par ce Concours National du « Meilleur Entrepreneur Vert » ?

L’objectif est triple. Nous voulons identifier, valoriser et structurer, le secteur du vert. Nous voulons, en fait, faire sortir de l’informel plusieurs jeunes et je préciserai aussi femmes, parce que quand on dit jeunes, il y a aussi ce domaine femmes, de 18 à 35 ans, qui très souvent entreprennent déjà sans visibilité. Nous voulons pouvoir les accompagner et nous allons sélectionner 10 projets verts à fort impact dans 5 filières prioritaires : c’est les énergies renouvelables, l’économie circulaire, l’agriculture durable, l’écoconstruction et la biodiversité aussi, donc de manière générale l’environnement.

Nous voulons, en fait, les accompagner et leur offrir un appui financier, peut-être, et surtout un accompagnement technique sur une certaine durée. Et bon, nous nous pensons que si nous convions, puisque nous avons confié à des partenaires et des bailleurs de fonds, mais aussi les centres de formation qui sont dans le domaine des métiers bois, dans ces domaines visés de l’environnement, et tous les ministères qui adressent la question du vert au Cameroun, les questions environnementales, protection de l’environnement. C’est-à-dire, je pense ici au MINEE, Ministère de de de l’Eau et de l’Énergie, je pense au Ministère de l’Environnement, Ministère de l’Habitat, et bien d’autres ministères qui, ma foi, adressent cette question-là de la protection de l’environnement. Et nous, en tant que Ministère de l’Emploi, nous voulons promouvoir utiliser ce concours pour véritablement promouvoir ces, comme je l’ai dit, ces jeunes qui sont méconnus du public et qui pourtant font des choses merveilleuses.

En quoi les métiers verts constituent-ils aujourd’hui une réponse crédible au chômage des jeunes Camerounais ? 

C’est une réponse à deux urgences, vous voyez un peu, de manière simultanée. D’un côté, on a les jeunes qui sont certains dans l’informel, d’autres qui sont même formés mais qui n’arrivent pas accéder au marché du travail. Nous avons aussi la la problématique du vert au Cameroun. Nous tous, nous vivons dans un environnement qui est parfois pollué par des bouteilles plastiques, des poubelles qui sont mal gérées, et nous connaissons dans la ville de Yaoundé nos nos nos difficultés. On s’est rendu compte que le vert en lui-même regorge de plusieurs niches d’emplois qui seraient nécessaires pour nous de développer, et surtout d’attirer les jeunes à voilà à opérer dans ce secteur-là.

Nous avons plusieurs métiers. Ce ne sont pas que des métiers… Je dirais, c’est il y a des métiers décents dans le domaine du vert qui sont méconnus de public. Il y a également des centres de formation qui qui peuvent accompagner les jeunes vers ces métiers-là et qui sont méconnus. Et il y a également des appuis financiers et techniques à l’endroit de ceux qui travaillent dans ce secteur du vert qui sont méconnus. Du coup, nous pensons que c’est une niche qu’il faut développer pour que le maximum de jeunes qui sont là, en proie au chômage, puissent s’insérer sur le marché du travail camerounais.

Et quels sont les principaux obstacles que qui empêchent les jeunes et les femmes déjà engagés dans ces activités de bénéficier de d’un accompagnement adéquat ? 

Je dirais toujours l’information. D’abord l’information. Donc primo, on a le déficit d’information, et je pense justement que, beaucoup ignorent les dispositifs existants. Et secondo, la faible structuration des projets. Donc parfois les projets mis en œuvre ne répondent pas aux exigences des bailleurs. Donc ce qui fait qu’ils ne peuvent pas toucher ces accompagnements-là parce que leurs projets ne sont pas bancables. On pourrait également relever parfois le manque d’équipements. Il y en a qui ont des des bonnes initiatives, mais ils ne sont pas équipés pour.

Donc sur le plan technique, ils ont des bons projets, mais n’ont pas toujours, si je peux dire, la matière première, le matériel nécessaire pour pouvoir réaliser leur projet. Donc je peux dire c’est ces trois choses mises ensemble qui pourraient être un obstacle pour ces jeunes et ces femmes.

Quels critères précis seront utilisés pour sélectionner les dix projets qui bénéficieront du financement et de l’encadrement du programme ? 

Première des choses, je dirais l’innovation, parce qu’il y a plusieurs projets, mais nous voulons vraiment promouvoir l’excellence, l’innovation. Ensuite, nous voulons quelque chose de pertinent, quelque chose qui va impacter sur notre quotidien. Nous ne créons pas des choses pour les créer. Nous voulons changer l’environnement des Camerounais. Et donc, nous allons également invoquer, si je peux dire, la viabilité économique du projet. Est-ce que le projet est viable ? Mais surtout, comme je l’ai dit, l’impact environnemental et le potentiel de création d’emplois. Nous voulons un projet qui pourra drainer des emplois, générer des emplois. Et enfin, on va aussi avoir des éléments comme l’inclusion, le genre, les aspects la motivation également du porteur, et je dirais même aussi les éléments comme le côté handicap.

On va promouvoir, parce que les candidatures féminines et des personnes vivant avec des handicaps sont vraiment encouragées. Ce ne sont peut-être pas des points qu’on va regarder, mais ce sont des points qui peuvent faire la différence entre deux projets pertinents et innovants, voilà. Donc on va regarder tous ces éléments pour pouvoir en sortir 10 projets intéressants et innovants.

Comment le MINEFOP et ses partenaires comptent-ils assurer la pérennité des projets financés au-delà de l’appui initial ?

Pour l’instant il faut dire que nous voulons déjà que nos partenaires soient intéressés par les projets que les jeunes vont présenter. Et nous croyons que ces derniers pourront retenir l’attention de de certains de nos bailleurs et pourront faire l’objet d’un accompagnement sur une certaine période. Parce que nous ne voulons pas seulement brandir un meilleur projet, nous voulons brandir un projet bancable qui pourra impacter l’environnement immédiat des jeunes camerounais, du Cameroun de manière générale. C’est pourquoi nous avons, vous voyez, le côté… capacité à dupliquer le projet dans les 10 régions, ça sera également interrogé. C’est la raison pour laquelle, pour nous, le plus important c’est déjà de pouvoir mettre sur la même table tous les acteurs du vert, de pouvoir présenter à ces acteurs-là les capacités des jeunes. Et ma foi, je sais que si ces derniers arrivent à capter l’attention de ces bailleurs, ils vont faire l’objet d’un accompagnement. Parce que ce n’est pas parce qu’il faut dire que les projets sont les projets les moyens d’accompagnement sont là, ce n’est pas qu’il y en a pas.

Maintenant, il faut pouvoir remplir les conditions pour les pour les pour être accompagné. Et donc, ce que nous voulons au-delà du financement, nous voulons donner un accompagnement technique à ces jeunes pour qu’ils puissent saisir toutes ces opportunités. Et donc, on pourra dire on va les accompagner techniquement pour me résumer, et nous croyons que si tout est réuni, le côté financier aussi va suivre à l’effet d’avoir des PME et des PMI, voilà, durables.

Quel le bilan qu’on peut faire de la première la l’édition passée ? 

L’édition passée, je dois déjà dire qu’il n’y avait pas de concours pour l’édition passée. L’édition passée, on voulait faire connaître le programme, et c’est ce que nous continuons à faire, hein, c’est c’est de la vulgarisation que nous faisons. Mais la particularité, c’est que si j’essaie de comparer avec la première édition, la première édition, on avait un programme qui présentait la notion du vert de manière générale, qui est méconnue. On avait des experts venus du Bureau International du Travail, de de de de de de l’UNESCO, et bien d’autres structures qui sont venues présenter vraiment tout toute la question du vert, ses métiers et tous les avantages que ce secteur nous offre. Donc c’était beaucoup plus une sortie pour faire connaître les métiers.

On avait déjà retenu la thématique : “À la découverte des emplois verts”. Vous comprenez que c’était beaucoup plus pour vulgariser ce secteur vert. Donc je peux déjà dire en la la différence avec la première la première édition, la deuxième édition, je crois qu’on on fera du chemin, en ce sens où on va partir de faire connaître le vert pour permettre aux jeunes maintenant de se saisir des opportunités du vert qu’offre le secteur du vert. Là, je crois que c’est là la démarcation avec la seconde édition.

Propos recueillis par Jonathan MBARGA