Élimination du paludisme : Vers une révolution technologique au-delà de la moustiquaire

À l’approche de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, le Centre for Research in Infectious Diseases (CRID) en collaboration avec le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) a réuni experts et chercheurs à Yaoundé ce 21 avril 2026. L’objectif était d’explorer des technologies de pointe et des solutions locales pour mettre fin au paludisme d’ici 2030.
Si les moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (LLINs) ont sauvé des millions de vies, elles atteignent aujourd’hui leurs limites face à la résistance des moustiques et aux changements de comportements des vecteurs. Réunis sous le thème « Quelles innovations au-delà des LLINs pour éliminer le paludisme ? », les scientifiques ont dévoilé un arsenal de nouvelles méthodes prêtes à être déployées. Pour le Pr Charles Wondji, Directeur exécutif du CRID, l’avenir de la lutte réside dans la complémentarité. Parmi les innovations phares, il pointe les répulsifs spatiaux. « Ce sont des outils que l’on fixe simplement au mur. Pendant un an, ils émanent un principe actif qui repousse ou tue les moustiques sans intervention humaine », explique-t-il. Cette technologie s’avère particulièrement adaptée aux contextes urbains et aux camps de réfugiés.
Il va plus loin en évoquant le forçage génétique (Gene Drive). Cette méthode consiste à modifier l’ADN des populations de moustiques pour les rendre incapables de transmettre le parasite ou, dans certains cas, pour réduire drastiquement leur population. À cela s’ajoute la modification de l’habitat (Housing Modification), une approche architecturale visant à rendre les maisons hermétiques aux insectes.
La lutte anti-larvaire : Une arme à portée de main
De son côté, le Pr Antonio Nkondjio, chercheur à l’OCEAC et par ailleurs entomologiste médical insiste sur la nécessité de frapper le mal à la racine avec les gîtes larvaires. « Les mares d’eau, c’est nous qui les créons », rappelle-t-il avec insistance. Il prône une double approche notamment l’utilisation de larvicides biologiques de nouvelle génération, dont certains restent actifs jusqu’à un an, particulièrement efficaces dans les zones à forte pluviosité comme Douala ; l’introduction de poissons larvivores, présents dans les rivières locales, au sein des zones marécageuses pour éliminer les larves de manière écologique.
Vers une stratégie multisectorielle et locale
Le message clé de cette table ronde est clair. L’élimination du paludisme ne sera possible qu’en combinant ces outils innovants avec les méthodes classiques. Les chercheurs appellent les communes et les villages à s’approprier ces solutions locales, souvent simples et peu coûteuses, pour briser durablement la chaîne de transmission. Pour les experts, la technologie est disponible. Le défi reste désormais son intégration dans les politiques publiques et son acceptation par les communautés.
Albert BOMBA



















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