
Face à une résurgence épidémique alarmante à travers le pays, le Programme Élargi de Vaccination (PEV) a annoncé le 30 septembre 2026 à Yaoundé un renforcement de la protection vaccinale des plus jeunes. Initialement programmée en septembre, l’opération nationale se tiendra désormais du 14 au 18 octobre 2026.
Le bilan épidémiologique sur le territoire national révèle une situation préoccupante. Depuis le début de l’année 2026, 9 625 cas confirmés de rougeole et 18 décès ont été enregistrés dans les formations sanitaires et les communautés. L’épidémie touche désormais 120 Districts de Santé répartis dans les dix régions du Cameroun.

Cette recrudescence s’explique principalement par l’accumulation progressive d’enfants non immunisés au fil des ans. La couverture vaccinale pour la deuxième dose du vaccin contre la rougeole et la rubéole (RR2) est restée en deçà du seuil de 95 % indispensable pour interrompre la chaîne de transmission. « L’objectif, c’est de vacciner au moins 95 % de tous les enfants de 9 mois à 5 ans, ce qui donne à peu près un chiffre d’environ 6 millions d’enfants dans toutes les 10 régions du pays. Et avec cette couverture de 95 %, on est certain de combler tous les gaps d’immunité et d’avoir un profil un peu tranquille pour les trois prochaines années. Et dépendant des couvertures vaccinales au cours de ces trois prochaines années, il sera nécessaire d’organiser à nouveau cette campagne de suivi, et nous espérons qu’on n’aura pas besoin de ça en espérant que notre couverture de routine augmente d’année en année comme c’est le cas depuis 2021 » a expliqué Dr Tchokfe Shalom Ndoula, Secrétaire permanent du Programme Élargi de Vaccination (PEV).
La rougeole, maladie virale extrêmement contagieuse, se manifeste par une forte fièvre et des éruptions cutanées, et peut entraîner des complications graves telles que la pneumonie ou l’encéphalite. De son côté, la rubéole présente un risque majeur pour les femmes enceintes en provoquant des malformations congénitales chez le nouveau-né. En l’absence de traitement curatif spécifique contre ces affections, la prévention par l’injection demeure la seule alternative efficace.
Un calendrier réajusté et un dispositif de terrain étendu
Prévue initialement pour coïncider avec la rentrée scolaire en septembre, la campagne nationale de suivi a été ajustée au calendrier allant du 14 au 18 octobre 2026 en raison de contraintes opérationnelles. Dans un communiqué conjoint, le Dr Manaouda Malachie, Ministre de la Santé Publique, et le Pr Laurent Serge Etoundi Ngoa, Ministre de l’Éducation de Base, ont invité les parents à vérifier la complétude du calendrier vaccinal de leurs enfants avant l’enrôlement scolaire, tout en demandant aux responsables d’établissements de vérifier le statut vaccinal des élèves.
L’objectif principal fixé par les autorités est d’atteindre au moins 95 % des enfants âgés de 9 à 59 mois sur l’ensemble du territoire national. Outre le vaccin combiné rougeole-rubéole, la campagne intègre des interventions de rattrapage de la vaccination de routine pour les enfants de 3 à 59 mois, ainsi que l’administration du vaccin contre le papillomavirus humain (HPV) pour les jeunes de 9 ans.
Pour réussir cette couverture globale, plusieurs stratégies de déploiement sont mobilisées notamment une offre permanente dans l’ensemble des formations sanitaires du pays ; des postes avancés établis dans les zones de rassemblement comme les écoles, marchés, chefferies et lieux de culte ; des équipes déployées à la rencontre des populations vivant dans des zones isolées, marécageuses ou montagneuses ; interventions ciblées vers les populations vulnérables telles que les réfugiés, les déplacés internes, les communautés nomades et les travailleurs des zones minières.
Gratuité garantie et mobilisation communautaire
Le Ministère de la Santé Publique rappelle que tous les vaccins du Programme Élargi de Vaccination (PEV) sont entièrement gratuits et pris en charge par l’État avec le soutien de ses partenaires internationaux. La hiérarchie sanitaire met fermement en garde tout personnel de santé qui tenterait de réclamer une contribution financière aux familles.
Pour contrecarrer les rumeurs et la désinformation sur le terrain, une vaste stratégie de communication pour le changement social et comportemental est déployée. Elle s’appuie sur le concours des autorités traditionnelles et religieuses, des radios communautaires, des acteurs digitaux ainsi que des mobilisateurs sociaux formés pour effectuer du porte-à-porte. L’engagement de l’ensemble des acteurs vise à offrir une protection durable aux enfants contre ces maladies évitables.
Albert BOMBA



















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