Climat au Cameroun : Alerte rouge sur les inondations et glissements de terrain jusqu’au 10 octobre

0
18

L’Observatoire National sur les Changements Climatiques (ONACC) vient de publier ses prévisions décadaires pour la période du 1ᵉʳ au 10 octobre 2026. Entre poursuite des pluies torrentielles, chaleurs nocturnes et froids piquant aux premières heures du jour, les dix prochains jours s’annoncent particulièrement à risques pour plusieurs secteurs socio-économiques du pays.

Selon les prévisions de l’ONACC, les précipitations s’intensifieront dans les zones Forestière à Pluviométrie Bimodale (Centre, Sud, Est) ainsi que sur les Hauts-Plateaux (Ouest et Nord-Ouest). Les cumuls de pluie atteindront des niveaux critiques, variant de 73 à 237,5 mm dans les régions du Littoral et du Sud-Ouest, et jusqu’à 127,3 mm dans le Nord-Ouest.

Cette forte pluviométrie fait peser une menace extrême d’inondations dans les grandes agglomérations comme Douala (quartiers III, IV, V), Yaoundé (Nkolbisson, Nkolmesseng, Mballa 3, Obobogo), Bamenda ou encore Bafoussam. En cause : la saturation des sols, la bétonisation croissante et l’obstruction des canaux de drainage. Les zones à relief accidenté, notamment dans le Sud-Ouest, le Nord-Ouest et les départements de la Menoua, des Bamboutos et du Haut-Nkam à l’Ouest, font l’objet d’alertes renforcées pour des risques majeurs de glissements de terrain.

Grand écart thermique : entre journées chaudes et nuits fraîches

Sur le plan des températures, les contrastes seront marqués. La région du Grand Nord enregistrera des journées particulièrement chaudes, avec des maximales grimpant jusqu’à 36 °C dans l’Extrême-Nord et le Nord. Des alertes pour hausse des températures maximales concernent directement des localités comme Makary, Kousséri, Kaélé, Garoua et Tcholliré.

À l’inverse, des baisses sensibles des températures minimales sont annoncées dans les Hautes Savanes Guinéennes et les zones de montagne. Des épisodes de froids nocturnes ou matineux toucheront Ngaoundéré, Meiganga, Banyo, Dschang, Bazou, Buea ainsi que Garoua-Boulaï, exigeant une vigilance accrue pour les personnes vulnérables ou souffrant d’arthrose.

Impacts majeurs sur l’agriculture, la santé et les infrastructures

L’ONACC met en garde contre les répercussions de ces intempéries. En agriculture, le lessivage des sols en pente, l’engorgement des bas-fonds causant la pourriture des racines, et le développement de maladies fongiques menacent les récoltes. Sur le plan sanitaire, la stagnation des eaux accroît la prolifération des moustiques vecteurs du paludisme, tandis que le ruissellement pollué favorise les épidémies d’origine hydrique (choléra, typhoïde) dans les zones vulnérables.

Enfin, les vents violents et la foudre font craindre des dégâts sur les infrastructures électriques, les habitations et le réseau routier en terre. L’ONACC invite les populations à respecter les règles d’hygiène, à éviter les abris sous les arbres ou la traversée des ponts saturés pendant les orages, et à consulter le Calendrier Agricole 2026 pour adapter leurs travaux champêtres.

Jean Luc Atangana