Gestion durable des forêts : Le Cameroun introduit une mesure fiscale pour encourager le secteur

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Le gouvernement camerounais a introduit une mesure fiscale incitative dans la loi de finances 2026, visant à décourager l’exploitation forestière illégale et sauvage. À compter du 1er janvier 2026, un abattement de 25% à 35% sera appliqué sur la redevance due à l’État par les exploitants forestiers qui respectent certaines conditions.

« Les entreprises titulaires d’un titre d’exploitation bénéficient d’un abattement de 25 % sur le montant de la redevance forestière annuelle (RFA). Ce taux est porté à 35 % pour les entreprises justifiant d’une certification de gestion durable », peut-on lire dans le document signé le 31 décembre 2025 par Louis Paul Motaze. Ces mesures selon le ministre des finances visent à encourager la gestion durable des ressources forestières.

L’exploitation illégale et certaines pratiques d’opérateurs légaux ne respectant pas les règles de préservation de l’environnement entraînent des dégâts économiques et environnementaux. Selon des rapports officiels, l’exploitation clandestine crée un manque-à-gagner de près de 33 milliards de FCFA chaque année à l’État du Cameroun.

Pertes pour l’État

Selon des ONG de défense de l’environnement, les fausses déclarations des quantités de bois produites font perdre plus de 170 milliards de FCFA au Cameroun, uniquement sur les exportations de bois vers le Vietnam.

Le commerce du bois entre le Cameroun et le Vietnam est jugé peu contributif aux recettes publiques, en raison de transactions financières souvent clandestines. Selon le document consulté par Investir au Cameroun, les exportateurs du Cameroun ont déclaré 308 millions de dollars US (plus de 170 milliards de FCFA) de moins que les importateurs du Vietnam entre 2014 et 2017.

Le même document attribue aux exploitants forestiers vietnamiens opérant au Cameroun d’autres pratiques répréhensibles. « La croissance exponentielle du commerce du bois entre le Cameroun et le Vietnam se fonde sur des stratagèmes choquants et des activités illégales », dont « la violation généralisée des lois sur l’exportation ; l’évasion fiscale, l’exploitation illégale et le non-respect des aires protégées ; des opérations de blanchiment couvertes par la paperasse ».

Les auteurs avancent enfin un basculement rapide des flux commerciaux. En quelques années seulement, le Vietnam est devenu le deuxième plus grand marché pour le bois camerounais (après la Chine), tandis que le Cameroun est devenu le premier fournisseur de grumes tropicales du Vietnam (soit une valeur de 25 % des grumes importées de 2016 à 2019). Au Vietnam, les grumes camerounaises ont remplacé les essences d’Asie du Sud-Est qui alimentaient le marché auparavant.

Albert BOMBA

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