Agritech Innovation Challenge : 22 candidats réunis à Limbé pour concourir au pitch

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Du 7 au 9 avril 2025, la région du Sud-Ouest est devenue l’épicentre de l’innovation technologique au Cameroun. Sous l’égide de la Banque Mondiale, un concours de pitch de haut vol a réuni 22 jeunes pousses venues de Limbé, Douala et Buea. L’objectif est de transformer les smartphones en véritables outils de production pour les agriculteurs et éleveurs du pays.

​​Dans la salle comble où s’est tenue la compétition, l’atmosphère était électrique. 22 candidats venus de Limbé, Douala et Buea se sont succédé devant un jury d’experts particulièrement exigeants. L’enjeu est de démontrer que les solutions et les applications mobiles proposées peuvent devenir les nouveaux outils de travail des agriculteurs, les pécheurs et éleveurs camerounais.

​Cette phase de présélection s’inscrit dans le cadre du Projet d’Accélération de la Transformation Numérique au Cameroun (PATNUC). L’objectif final est de retenir douze lauréats nationaux qui bénéficieront d’un levier de croissance exceptionnel. Au-delà du prestige, les gagnants pourront prétendre à un appui financier substantiel s’élevant jusqu’à 40 millions de francs CFA, un capital décisif pour passer du prototype à l’industrialisation.

​Innovation technologique dans le secteur de la piscicole et agricole  

Dans un contexte où les éleveurs de poissons font face à une mortalité croissante de leurs cheptels due à la pollution des eaux, une solution technologique locale émerge : AquaGuard. Portée par la jeune innovatrice Ajichei Chazyloyang, cette start-up promet de transformer la gestion des bassins piscicoles grâce à l’intelligence artificielle et à l’énergie solaire. « AquaGuard est un appareil de monétisation smart solaire qui est utilisé pour monitoriser la température, le pH, la turbidité de l’eau, afin de réduire la mortalité des poissons et d’augmenter l’income des agriculteurs. Mon expérience au Patnuc a été vraiment incroyable. Les membres du jury ont été ravi d’entendre mes idées. La présentation a été très parfaite, et ils n’ont pas seulement analysé mes idées, mais ils ont aussi donné des recommandations pour améliorer ces idées » a affirmé Ajichei Chazyloyang, fondatrice d’AquaGuard.

Dans un contexte économique marqué par l’inflation et les difficultés d’approvisionnement, une jeune entreprise camerounaise compte bien bousculer l’ordre établi. Chemgne Mayeva Elvira, fondatrice de Kweekk Sarl, porte un projet ambitieux qui lie transformation numérique et lutte contre la précarité alimentaire. Alors que les prix des denrées de première nécessité pèsent lourdement sur le panier de la ménagère, la plateforme Kweekk se présente comme un antidote technologique. Pour sa fondatrice, l’objectif ne se limite pas à une simple activité commerciale ; il s’agit d’une mission d’utilité publique. « Je suis confiante parce que je connais la solution que mon entreprise et moi détenons et je sais que c’est une solution qui vient résoudre un véritable problème dans notre pays. Je dirais même qu’il vient détruire un cancer qui est la vie chère parce que ça empiète la vie du public au quotidien et nous sommes là pour justement répondre et contribuer au développement non seulement économique, mais aussi numérique de notre pays. Donc, je suis confiante et je garde vraiment une très grande foi parce que je sais que mon passage devant les jurys va faire un carton » a déclaré Chemgne Mayeva Elvira.

​Si la manne financière attire les regards, la véritable valeur ajoutée de ce challenge réside dans l’encadrement post-compétition. Les entrepreneurs sélectionnés intégreront un programme d’accompagnement complet. Ce dispositif technique vise à affiner la viabilité de leurs outils numériques et, surtout, à briser l’isolement des startups en les connectant directement aux acteurs majeurs des chaînes de valeur agropastorales. Il s’agit de créer un pont direct entre les développeurs de code et les exploitants de terre.

​Inclusion numérique comme bouclier contre le changement climatique

​Le PATNUC, à travers cette initiative, cible prioritairement les femmes et les jeunes entrepreneurs. Le but d’accroître l’inclusion numérique pour transformer la productivité animale et végétale. Dans un contexte marqué par les incertitudes météorologiques, l’accent est mis sur l’Agriculture Sensible au Climat (ASC). Les solutions présentées doivent impérativement aider les petits exploitants à s’adapter au dérèglement environnemental.

​Parallèlement, la “Fintech agropastorale” occupe une place centrale dans les projets. En intégrant des mécanismes de paiement et d’épargne numérique, ces startups facilitent l’accès au financement pour des agriculteurs souvent exclus du système bancaire traditionnel, tout en optimisant les capacités de stockage et de commercialisation des récoltes.

​Albert BOMBA

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