Banane : Les Plantations du Haut Penja accusent plus de 10 milliards de FCFA de pertes en deux ans

Les Plantations du Haut Penja (PHP), filiale camerounaise du groupe Compagnie Fruitière, ont enregistré une nouvelle dégradation de leurs performances financières en 2025. Le déficit cumulé sur deux exercices atteint environ 10,4 milliards de FCFA, alors que les volumes de bananes exportés par l’entreprise n’ont reculé que marginalement.
Les comptes de Compagnie Fruitière Import mettent en lumière une situation financière difficile pour les Plantations du Haut Penja. Après une perte de 7,04 millions d’euros en 2024, soit environ 4,62 milliards de FCFA, PHP a clôturé l’exercice 2025 sur un déficit de 8,80 millions d’euros, équivalant à près de 5,78 milliards de FCFA.
En deux ans, les pertes accumulées atteignent ainsi environ 10,4 milliards de FCFA. La dégradation entre les deux exercices représente à elle seule près de 1,16 milliard de FCFA, soit une progression d’environ 25 % du déficit. Cette évolution s’accompagne d’un recul marqué du chiffre d’affaires. Celui-ci est passé de 129,25 millions d’euros en 2024 à 87,39 millions d’euros en 2025. Au taux de conversion fixe de 655,957 FCFA pour un euro, les revenus de PHP sont ainsi revenus d’environ 84,8 milliards à 57,3 milliards de FCFA, soit une diminution de quelque 27,5 milliards de FCFA en une année.
Des exportations relativement stables
La contraction des revenus apparaît d’autant plus notable qu’elle contraste avec l’évolution des volumes de bananes exportés. En 2025, PHP a expédié 151 713 tonnes de bananes, contre 153 258 tonnes l’année précédente. Le recul se limite donc à environ 1 %. Avec ces volumes, la société demeure le principal contributeur aux exportations de bananes suivies par l’Association bananière du Cameroun. Sur les 225 345 tonnes exportées par le pays en 2025, PHP en représentait environ 67,3 %.
Le décrochage du chiffre d’affaires ne peut donc pas être imputé uniquement à une diminution des quantités exportées. Les comptes disponibles ne fournissent toutefois pas suffisamment d’éléments pour déterminer précisément les facteurs ayant pesé sur les recettes.
Les documents financiers de Compagnie Fruitière Import ne détaillent notamment pas les ventes de PHP par type d’activité. Il n’est donc pas possible, sur cette base, de déterminer avec précision la contribution respective de la banane, de l’ananas ou des autres activités à la baisse enregistrée en 2025. La structure des charges n’est pas davantage ventilée de manière suffisamment détaillée pour identifier les postes ayant contribué à l’aggravation du déficit.
Un apport de capital de plus de 18 milliards de FCFA
La détérioration des résultats intervient après une importante opération de renforcement des fonds propres. En 2024, Compagnie Fruitière Import avait souscrit 1 836 679 actions nouvelles de PHP, chacune d’une valeur nominale de 10 000 FCFA. L’opération représentait ainsi une augmentation de capital de 18,37 milliards de FCFA. À son issue, la maison mère détenait 99,90 % du capital de la filiale camerounaise.
Les comptes de 2025 font désormais apparaître une participation de 100 %. La maison mère continue par ailleurs d’apporter un soutien financier à PHP sous la forme de prêts et avances. Leur montant atteignait 17,09 millions d’euros en 2025, soit environ 11,2 milliards de FCFA, contre 19,25 millions d’euros en 2024. L’encours a donc diminué d’environ 1,4 milliard de FCFA sur la période.
Compagnie Fruitière Import comptabilise également ses titres PHP pour une valeur brute de 44,31 millions d’euros, correspondant à près de 29,1 milliards de FCFA. Il s’agit de la valeur comptable de la participation détenue par la maison mère dans sa filiale camerounaise.
PHP élargit son périmètre au Cameroun
Parallèlement à ces difficultés financières, la présence de Compagnie Fruitière dans le secteur bananier camerounais s’est renforcée. À la fin de l’année 2025, PHP a repris la plantation de Mbonjo, précédemment détenue par Boh Plantations. Une autre opération concerne la Compagnie des bananes de Mondoni (CDBM), également filiale camerounaise de Compagnie Fruitière, qui a repris le site de Missaka.
L’incidence financière de la reprise de Mbonjo sur les comptes de PHP reste cependant à préciser. Les informations disponibles ne permettent pas encore d’établir le montant engagé pour l’acquisition, les investissements nécessaires à la remise à niveau des installations ou encore la rentabilité attendue de cet actif.
Avec une activité d’exportation demeurant importante, mais des résultats financiers fortement déficitaires, PHP se trouve ainsi confrontée à un enjeu majeur : transformer son poids dans la filière bananière camerounaise en performances économiques durables. Les prochains exercices permettront notamment de mesurer les effets de l’intégration de Mbonjo et de l’évolution des conditions de marché sur les comptes de la société.
Jean NDI



















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