Mobilité étudiante : Campus France clarifie les nouvelles conditions d’accès aux études en France et renforce l’accompagnement des candidats

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L’Institut français du Cameroun (IFC) a organisé, le 16 juillet 2026, un petit-déjeuner de presse consacré à la coopération universitaire entre la France et le Cameroun et aux enjeux de la mobilité étudiante. Cette rencontre a permis aux responsables du Service de coopération et d’action culturelle (SCAC) et de Campus France Cameroun de faire le point sur les dispositifs d’accompagnement des étudiants, les partenariats universitaires franco-camerounais ainsi que les nouvelles mesures destinées à sécuriser les procédures de départ vers la France.

Au cœur des échanges figurait la récente décision des autorités françaises d’exiger des candidats à la mobilité étudiante une preuve renforcée de solvabilité financière. Une mesure qui suscite de nombreuses interrogations au sein des familles camerounaises et que les responsables de Campus France ont tenu à replacer dans son contexte.

D’entrée de jeu, les responsables de l’Institut français ont rappelé que Campus France n’intervient ni dans l’instruction ni dans la délivrance des visas. Le service, intégré au pôle « Mobilité et Attractivité » de l’Institut français du Cameroun, a pour principale mission d’informer, de conseiller et d’accompagner les étudiants camerounais souhaitant poursuivre leurs études supérieures en France. Il assure également l’instruction pédagogique des dossiers de candidature avant leur transmission aux établissements d’enseignement supérieur.

En revanche, les décisions relatives à l’octroi ou au refus des visas relèvent exclusivement du service des visas de l’Ambassade de France, placé sous l’autorité de l’ambassadeur et des ministères français des Affaires étrangères et de l’intérieur. « Il est important que les familles comprennent que les décisions concernant les visas ne relèvent pas de Campus France. Notre mission est d’accompagner les étudiants dans leur projet académique et de leur fournir toutes les informations nécessaires pour réussir leur démarche », a insisté Muriel Piquet-Viaux, conseillère coopération et d’Action culturelle à l’Ambassade de France au Cameroun.

Une mesure destinée à lutter contre les fraudes

La nouvelle exigence de justification financière répond avant tout à une augmentation des tentatives de fraude observées dans les dossiers de demande de mobilité. Selon Muriel Piquet-Viaux, ces pratiques fragilisent non seulement les procédures administratives mais aussi la crédibilité des demandes de visa émanant des candidats camerounais.

La nouvelle disposition prévoit notamment le blocage d’une somme d’argent sur un compte bancaire afin de garantir que l’étudiant disposera des ressources nécessaires pour vivre et poursuivre sereinement ses études une fois arrivé en France. Pour Campus France, cette exigence ne constitue pas une mesure restrictive, mais plutôt un mécanisme de protection destiné à éviter que des étudiants ne se retrouvent en situation de précarité après leur arrivée. « Notre objectif est bienveillant. Nous voulons nous assurer que les étudiants arrivent dans leur pays d’accueil avec toutes les conditions nécessaires pour réussir leurs études », a-t-elle souligné.

Elle rappelle d’ailleurs que cette préoccupation dépasse le seul cadre de la France et concerne toute mobilité internationale, que ce soit vers le Canada, l’Allemagne, le Royaume-Uni ou tout autre pays d’accueil.

Un accompagnement renforcé des étudiants et des familles

Depuis près de deux ans, Campus France Cameroun affirme avoir engagé une profonde réorganisation de ses services afin d’améliorer l’accueil et l’accompagnement des candidats. Les procédures ont été revues, les équipes de conseillers d’orientation renforcées et les dispositifs d’information élargis afin de permettre aux étudiants de construire un projet académique cohérent.

Des réunions d’information sont désormais organisées deux fois par semaine à destination des étudiants et de leurs parents. Ces rencontres offrent l’occasion d’expliquer les différentes étapes de la procédure, de répondre aux préoccupations des familles et d’apporter des conseils personnalisés sur les choix d’orientation. Campus France indique également avoir mis en place un service spécifique chargé d’accompagner les candidats dans la définition de leur projet d’études, estimant qu’une orientation réussie constitue une étape essentielle de la mobilité internationale. « Le choix d’une formation engage à la fois l’étudiant et sa famille. Il est donc indispensable que les décisions soient prises sur la base d’informations fiables et objectives », a expliqué la conseillère coopération et d’Action culturelle à l’Ambassade de France au Cameroun.

L’Institut français, unique interlocuteur officiel

Profitant de cette rencontre avec la presse, les responsables de Campus France ont lancé un appel à la vigilance face à la multiplication des intermédiaires et structures non habilitées qui proposent des services d’accompagnement aux étudiants. Ils ont rappelé que Campus France demeure le seul organisme officiellement mandaté pour informer, conseiller et accompagner les étudiants camerounais souhaitant poursuivre leurs études supérieures en France.

Les responsables ont invité les familles à se rapprocher exclusivement de l’Institut français du Cameroun afin d’obtenir des informations fiables et d’éviter les risques liés aux fausses informations ou aux réseaux frauduleux.

Une coopération scientifique bien au-delà de la mobilité étudiante

Pour Stéphanie Mailles Viard, attachée de coopération universitaire et de recherche à l’Ambassade de France au Cameroun, les étudiants représentent seulement l’une des composantes de cette coopération bilatérale. Elle souligne que les relations entre les établissements d’enseignement supérieur camerounais et français reposent sur plusieurs décennies de collaboration et continuent de se renforcer. Elle rappelle que le Cameroun dispose d’un système universitaire reconnu pour la qualité de ses formations, ce qui explique l’intérêt constant des établissements français pour les étudiants camerounais.

À titre d’exemple, elle révèle qu’une vingtaine d’étudiants camerounais ont été admis cette année à l’École Polytechnique de France, l’un des établissements les plus prestigieux du pays. Une performance qui, selon elle, illustre le niveau académique des étudiants camerounais.

À travers cette rencontre, les autorités françaises entendent ainsi renforcer la transparence autour des procédures de mobilité étudiante tout en réaffirmant leur volonté de promouvoir une coopération universitaire de qualité entre la France et le Cameroun. L’objectif affiché est de permettre aux étudiants camerounais de poursuivre leur parcours académique dans des conditions optimales, en sécurisant davantage les procédures de départ et en améliorant leur accompagnement avant, pendant et après leur installation en France.

Albert BOMBA

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