Forum des Jeunes et Femmes de l’AAEA : La Jeunesse, « Levier Clé » d’une Révolution Bleue en Afrique

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Réunis le 10 février 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, Leonel Romaric FOFE, président de l’association des jeunes professionnels de l’eau et de l’assainissement du Cameroun a lancé un appel vibrant à l’action. Entre innovation technologique et plaidoyer politique, les jeunes devraient désormais s’imposer comme les architectes d’un accès universel à l’eau potable sur le continent africain.

Dans un monde où seulement 0,7 % de l’eau douce est accessible, considérer l’eau usée comme un simple déchet est une erreur historique. Le message porté par les femmes et les jeunes professionnels est clair : l’assainissement et l’accès à l’eau sont les deux faces d’une même pièce. L’un protège la ressource, l’autre valorise les services. En finir avec la pollution, c’est préserver cet « or bleu », devenu l’enjeu géopolitique majeur du XXIe siècle.

La jeunesse, une solution pour révolutionner l’or bleu

Malgré les engagements de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine, le chemin vers l’ODD 6 reste semé d’embûches. Pour les participants du forum, le changement de paradigme passera par la nouvelle génération. Le thème choisi pour cette session, « Innover, influencer et impacter », souligne cinq forces propres à la jeunesse africaine notamment l’agilité technologique, la sensibilité durable dont une conscience aiguë des enjeux climatiques, l’adaptabilité, l’anticonformisme : Un inconfort salutaire vis-à-vis des normes établies, la force de travail (Une main-d’œuvre massive et résolue). Dans son discours du 10 février 2025, le président de la république affirmait que « La jeunesse actuelle est la plus imprégnée de technologies et doit développer l’auto-emploi pour relever les défis de notre époque ».

L’élan des jeunes professionnels trouve un écho concret dans les politiques publiques camerounaises. Le budget de l’État 2026 prévoit une allocation record de plus de 50 milliards de francs CFA dédiée aux jeunes entrepreneurs. Le plaidoyer porté lors de ce forum est sans équivoque : une fraction significative de cette enveloppe doit être fléchée vers les projets WASH (Eau, Assainissement, Hygiène). Ces projets ne sont pas seulement des services sociaux ; ils sont des catalyseurs d’auto-emploi et des moteurs de croissance économique.

Un plaidoyer pour une inclusion réelle

Au-delà des financements, les jeunes professionnels réclament une place à la table des décisions mondiales. Leurs revendications se structurent autour de quatre axes notamment une représentation de haut niveau avec une présence systématique des jeunes dans les instances comme la COP ou le Forum Mondial de l’Eau ; les dialogues nationaux avec une inclusion réelle dans les débats sectoriels au niveau des ministères ; une mobilité continentale avec la création de programmes d’échange et d’immersion entre les compagnies africaines d’eau pour partager les meilleures pratiques ; un soutien à l’entrepreneuriat avec pour objectif de transformer les inventions locales en entreprises viables grâce à l’accompagnement des organismes internationaux.

Albert BOMBA

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