Lutte contre les VBG : JOO Success Event engage les acteurs dans le plaidoyer

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Face à la montée vertigineuse des féminicides dont les chiffres récents font état de 26 cas perpétrés en 8 semaines au Cameroun, cette Entreprise de communication et d’intelligence pilotée Jean Olivier Owona entend attirer l’attention de tous sur la sacralité de la vie. C’est le prétexte du forum national de sensibilisation et de prévention contre les féminicides organisé du 26 au 27 Mars 2026 à l’université catholique Sainte Thérèse de Yaoundé. Un cadre stratégique de réflexion qui a vu les contributions de la société civile, du clergé, des juristes et des scientifiques.

Les violences basées sur le genre et particulièrement les féminicides traduisent une crise sociale profonde mêlant facteurs culturels, économiques, psychologues et juridiques. Pour Comprendre pourquoi les hommes se transforment en bourreau de leur épouse, plusieurs approches ont été soulevées par les experts soulignant unanimement que ce crime part de la rupture totale de dialogue entre les conjoints.

Pour le médecin psychiatre Pr Ntone Félicien, « un pays sans santé mentale ne peut pas évoluer ». Dans une société en perte de repères comme la nôtre, la violence ou l’agressivité sont souvent liées aux problèmes de santé mentale. Pour les cas de féminicides, les hypothèses de meurtre peuvent venir soit par accident, par préméditation (meurtre en série) ou par impulsivité. Le psychiatre précise à cet effet que le bien être mental peut être affecté par des facteurs comme la pauvreté, les tensions de la vie, l’absence de tolérance envers l’autre et on note aussi des facteurs aggravants comme la consommation des stupéfiants surtout chez les jeunes. C’est pour ainsi dire une notion transversale qui souligne l’importance d’adresser cette problématique de manière Holistique et en tenant compte des spécificités culturelles et sociales de chaque communauté. Par ailleurs, le médecin suggère la prévention comme clé pour éviter les problèmes de santé mentale tout en demandant de l’inclure obligatoirement dans les hôpitaux afin que ceux-ci ne soient plus uniquement des lieux de traitement.

Dans le témoignage de Miss maman Cameroun Aréka Yvonne Zola, une victime de violence conjugale, l’on apprend également que les violences contre le genre ne sont pas seulement physiques. Elles peuvent aussi revêtir des formes psychologiques notamment lorsque la victime subit des injures, des outrages ou la maltraitance à outrance. Le traumatisme psychologique laisse également des marques à vie, par conséquent elle conseille aux femmes de briser le silence face à ces persécutions et aux parents de ne pas abandonner leurs responsabilités vis à vis de leur fille quelque soit la situation.

A l’église catholique, ce débat sur les féminicides a suscité un vif intérêt. Le directeur de l’Unicasty l’abbé Emeran Evega traduisant la pensée de l’archevêque métropolitain de Yaoundé a réitéré la nécessité pour chacun de préserver la vie. Il a rappelé que les féminicides existent depuis la nuit des temps en se référant à la parabole de Jean 11 dans la bible sur la tentative de lapidation d’une femme adultérine. Il faut par conséquent combattre les préjugés qui tendent à faire de la femme l’esclave de l’homme. Il argue que « l’Eglise ne condamne pas non plus le bourreau mais soulève le problème sur le plan socio anthropologique pour anticiper sur ce mal ». L’Église appelle donc à revenir aux fondamentaux : la promotion de la vie et la dignité humaine en mettant en avant l’amour du prochain tel que prônée dans la bible. De plus il faut promouvoir la masculinité positive. Ce sont ces valeurs que l’église catholique implémente dans son système éducatif pour une formation intégrale des jeunes qui seront des adultes de demain

Quant à l’ONG Marguerita Holistic Center (M2HC), M Onambélé, le coordonnateur technique pense que compte tenu d’un environnement qui expose à la violence, la thérapie réside sur la prévention, la sensibilisation et l’accompagnement psychosocial des jeunes et des survivantes.

Du point de vue juridique, Maître Okala Ernest avocat au barreau du Cameroun relève l’urgence d’une loi punitive contre les VBG en invitant les pouvoirs publics et les juridictions à compléter le vide juridique qui persiste encore sur cet aspect.

A la faveur de ce forum, Il convient de dire qu’en réunissant autant d’experts autour d’une réflexion multidisciplinaire sur la problématique des féminicides, le promoteur Jean Olivier Owona veut apporter sa pierre pour le combat contre cette nébuleuse. Il s’agit de se lever pour la vie car la vie n’a pas de prix. Un manifeste de recommandations va ensuite être transmis aux autorités compétentes afin de les aider à forger les armes juridiques nécessaires pour la pénalisation effective des féminicides au Cameroun.

Germaine Ngo Holl

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