Afrique australe : 1,3 million de sinistrés face au spectre climatique

Depuis la mi-décembre 2025, des pluies diluviennes ont plongé l’Afrique australe dans une crise humanitaire majeure. Si les inondations menacent de déclencher une vague de choléra, l’OMS note paradoxalement un recul significatif d’autres grandes épidémies sur le continent.

​Le bilan est lourd. En deux mois, les intempéries ont bouleversé la vie de près de 1,3 million de personnes. Des habitations emportées, des routes coupées et des centres de santé inaccessibles : le décor est celui d’une région à bout de souffle, où le Mozambique paie le tribut le plus lourd avec près de la moitié des sinistrés recensés.

​Outre le Mozambique, les autorités sanitaires surveillent de près le Malawi, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe. Dans ces zones, l’eau, moteur de vie, est devenue le principal vecteur de mort. « Nous travaillons en étroite collaboration avec les gouvernements et les partenaires pour assurer une riposte rapide et efficace à cette catastrophe dévastatrice. Notre priorité immédiate est de prévenir les épidémies, de maintenir les services de santé essentiels, de sauver des vies et de protéger les communautés les plus vulnérables », a déclaré le Dr Mohamed Janabi, Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique.

Les risques identifiés sont multiples. L’on note des maladies hydriques comme le choléra et la diarrhée aqueuse aiguë qui menacent les camps de déplacés sur peuplés. La stagnation des eaux favorise la prolifération des moustiques pouvant entraîner des maladies comme le paludisme et dengue. L’interruption des soins obstétricaux met en péril la vie des mères et des nouveau-nés. Les patients sous traitement pour le VIH ou la tuberculose se retrouvent isolés des centres de distribution.

​Une riposte de terrain : La santé en mouvement

​Face à la paralysie des infrastructures fixes, l’OMS et les gouvernements locaux déploient des dispensaires mobiles. Ces unités légères s’installent au plus près des populations déplacées pour assurer les vaccinations d’urgence et la prise en charge des infections respiratoires. Le prépositionnement de stocks de médicaments contre le choléra a été intensifié, notamment dans les provinces du nord du Mozambique, déjà fragilisées par une épidémie préexistante.

L’autre visage de l’Afrique : Un recul historique des épidémies

​Malgré le chaos provoqué par les inondations, l’Afrique affiche des résultats spectaculaires sur d’autres fronts sanitaires. Les efforts de coordination régionale semblent porter leurs fruits.

​Contre toute attente, le nombre de cas de choléra dans la région africaine a été divisé par cinq en un an. En janvier 2026, on recensait 4 385 cas (10 pays), contre plus de 20 000 l’année précédente. Le Mpox suit la même courbe descendante, avec une chute drastique de 5 300 cas à 269 cas en glissement annuel.

​L’épidémie de diphtérie qui avait frappé huit pays en 2025 est désormais sous contrôle. Au pic de novembre dernier, on comptait 800 cas hebdomadaires ; aujourd’hui, le chiffre est tombé sous la barre des 100 cas par semaine.

L’Éthiopie s’apprête à célébrer une victoire majeure. Sans nouveau cas signalé depuis le 13 décembre 2025, le pays devrait déclarer officiellement la fin de l’épidémie de virus Marburg ce 26 janvier.

​Si l’Afrique démontre une résilience et une expertise croissantes dans la gestion des maladies infectieuses, le changement climatique reste l’impondérable qui peut balayer ces acquis. La crise en Afrique australe rappelle que la solidité d’un système de santé se mesure désormais à sa capacité à résister au déluge.

Jean NDI

Crédit image : OMS Afrique

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