Charbon bactéridien : 22 hippopotames retrouvés morts dans le parc des Virunga

La mort de plusieurs hippopotames dans la rivière Semuliki, au sein du Parc national des Virunga, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), est liée au charbon bactéridien, également appelé anthrax. L’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) a confirmé la présence de cette maladie à l’issue d’analyses menées avec des vétérinaires de Virunga Doctors.
Après les premières alertes lancées le 24 septembre 2026, les investigations conduites par les équipes de l’ICCN et les spécialistes vétérinaires ont permis d’identifier la cause des décès. Selon Méthode Uhoze, chargé des relations extérieures du parc, 22 hippopotames ont pour l’instant été retrouvés sans vie. Les recherches se poursuivent toutefois afin d’évaluer l’ampleur exacte de la mortalité.
Face au risque de propagation, les autorités de conservation ont instauré un dispositif sanitaire et appellent les populations riveraines à la plus grande prudence. Le charbon bactéridien peut en effet se transmettre à l’être humain par contact avec un animal infecté ou par la consommation de viande contaminée. Les habitants sont ainsi invités à ne pas manipuler, déplacer, découper, enterrer ou brûler les carcasses découvertes.
L’ICCN recommande également de ne pas acheter, vendre, transporter ou consommer la viande provenant d’animaux retrouvés morts ou présentant des signes de maladie. Les enfants, le bétail et les animaux domestiques doivent être tenus à distance des carcasses, tandis que l’utilisation de l’eau située à proximité des animaux morts est déconseillée.
Les communautés locales sont par ailleurs appelées à jouer un rôle dans la surveillance de la situation. Toute nouvelle carcasse ou mortalité inhabituelle doit être signalée rapidement aux autorités locales, aux services vétérinaires, aux relais communautaires ou aux agents de l’ICCN. En cas de contact avec un animal malade ou mort, ou après consommation d’une viande suspecte, une consultation médicale est recommandée sans délai en présence de symptômes.
Le risque concerne également les animaux domestiques. Méthode Uhoze invite leurs propriétaires à renforcer leur surveillance, notamment en raison d’une possible contamination par les herbes broutées ou les excréments des hippopotames infectés.
Pour Jöel Mbusa Mapoli, zooécologiste basé à Goma, cette situation souligne la nécessité d’intégrer davantage l’approche « Une seule santé » dans les stratégies de conservation. Il préconise notamment la mise en place d’un système d’alerte communautaire capable de détecter rapidement les cas suspects et de contribuer à limiter la propagation du charbon bactéridien.
Françoise ESSONO



















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