Cap 2033 : La BAD veut sanctuariser un tiers de la biodiversité africaine
À travers sa stratégie décennale 2024-2033 et son projet de plan d’action sur la biodiversité, la Banque africaine de développement entend soutenir les pays africains dans la préservation des écosystèmes, la restauration des habitats et la mise en œuvre des objectifs mondiaux de conservation, notamment celui de protéger 30 % des terres et des mers d’ici à 2030.
La préservation du patrimoine naturel africain s’impose comme un enjeu majeur du développement durable. Ri
che d’écosystèmes variés, allant des forêts tropicales aux savanes, en passant par les récifs coralliens, le continent abrite une diversité exceptionnelle d’espèces animales et végétales. Cette richesse contribue à l’équilibre écologique et fournit aux populations des ressources indispensables à leur subsistance. Sa dégradation représente ainsi une menace pour les communautés locales et les perspectives de développement économique.
Face à ces enjeux, la Banque africaine de développement (BAD) entend renforcer son intervention en faveur de la conservation de la biodiversité. Son action s’inscrit dans sa stratégie décennale 2024-2033, qui ambitionne de promouvoir une Afrique prospère, inclusive, résiliente et intégrée. La gestion du capital naturel et la protection des écosystèmes y occupent une place importante, avec la volonté de concilier développement économique et préservation des ressources naturelles.
Des orientations stratégiques renforcées
Pour concrétiser cette ambition, l’institution s’appuie sur plusieurs instruments, dont sa stratégie de gestion des ressources naturelles et d’investissement, mise en œuvre par le Centre africain de gestion et d’investissement en ressources naturelles. Son Cadre stratégique sur le changement climatique et la croissance verte complète cette approche, en intégrant les enjeux environnementaux aux politiques de développement.
Le projet de plan d’action de la Banque sur la biodiversité constitue un autre levier. Il vise à accompagner les pays africains dans la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, adopté en 2022. Celui-ci fixe notamment l’objectif de protéger au moins 30 % des terres et des mers de la planète d’ici à 2030, communément appelé « 30×30 ».
Au-delà de la création ou de l’extension des aires protégées, les enjeux concernent également la restauration des milieux dégradés, la gestion durable des ressources naturelles et l’adaptation aux effets du changement climatique. La lutte contre la dégradation des terres et la préservation des habitats apparaissent ainsi comme des conditions essentielles à la résilience des écosystèmes africains.
Les partenariats au cœur de la mise en œuvre
La BAD entend également mobiliser des partenaires institutionnels et techniques, en Afrique comme à l’international, pour accélérer les actions en faveur de la nature. Les interventions envisagées couvrent la production de connaissances, l’assistance technique, le conseil aux décideurs publics et le renforcement des capacités nationales.
L’institution met aussi l’accent sur les solutions fondées sur la nature, le financement de la biodiversité et la valorisation du capital naturel. La conservation de la faune et de la flore ainsi que la promotion d’actions favorables aux écosystèmes figurent parmi les domaines concernés.
L’efficacité de cette démarche dépendra toutefois de sa traduction en investissements concrets, de la mobilisation des financements et de l’appropriation des mesures par les pays bénéficiaires. Pour l’Afrique, l’enjeu est de préserver durablement son patrimoine naturel tout en maintenant les services écologiques dont dépendent les populations et les économies du continent.
Françoise ESSONO

















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