Gouvernance verte : JVE Cameroun mise sur 250 jeunes pour accélérer la transition écologique

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La deuxième édition de l’Université de la Gouvernance Verte (UniGoVe 2026) a été lancée le 12 août 2026 à Yaoundé. Portée par l’ONG Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE Cameroun), l’initiative ambitionne de renforcer les capacités de 250 jeunes, dont au moins 40 % de femmes, ainsi que des cadres des collectivités territoriales décentralisées sur les enjeux de la transition écologique, de l’action climatique et de la gouvernance environnementale.

Former une nouvelle génération d’acteurs capables de participer aux décisions publiques et de contribuer concrètement à la protection de l’environnement. C’est l’ambition affichée par JVE Cameroun à travers la deuxième édition de l’Université de la Gouvernance Verte, officiellement lancée le 12 août 2026 à Yaoundé.

Après une première édition qui avait réuni une cinquantaine de jeunes, UniGoVe 2026 entend changer d’échelle. Cette année, l’organisation vise la formation de 250 participants, avec une attention particulière accordée à la participation féminine, qui devra représenter au moins 40 % des bénéficiaires. Des représentants et cadres des collectivités territoriales décentralisées sont également associés à la dynamique afin de rapprocher la formation des réalités de la gouvernance locale. L’objectif est de faire de cette université un espace d’apprentissage, mais aussi de mobilisation et d’action autour des questions environnementales et climatiques.

Donner aux jeunes les moyens d’agir

Au cœur de cette deuxième édition figure la volonté de permettre aux jeunes de mieux comprendre les mécanismes de la gouvernance verte et les moyens dont ils disposent pour influencer les politiques publiques. Pour Blondele Silenou, Chef de Projet AGEYCA, l’enjeu est notamment de donner aux jeunes les connaissances et les outils nécessaires pour évoluer dans un environnement institutionnel et social parfois complexe. « L’Université, c’est ce cadre qui permet aux jeunes de s’approprier les mécanismes de la gouvernance verte, de s’imprégner de ce qu’est une gouvernance verte et de comprendre comment ils peuvent agir dans un espace social où les libertés ne sont pas toujours les plus ouvertes », explique-t-elle.

Dans cette perspective, UniGoVe veut dépasser la simple transmission de connaissances. Il s’agit de permettre aux participants de comprendre leur rôle dans les processus de décision et de leur donner les moyens de participer activement à la construction des politiques publiques environnementales. Cette ambition prend une importance particulière dans un contexte marqué par l’aggravation des effets des changements climatiques au Cameroun. Inondations, perturbations des saisons agricoles, épisodes de fortes pluies, sécheresses et autres phénomènes extrêmes affectent de plus en plus les communautés.

De 50 à 250 participants : Le pari du passage à l’échelle

La deuxième édition d’UniGoVe se distingue principalement par son changement d’échelle. Alors que la première édition avait rassemblé environ 50 jeunes, l’édition 2026 ambitionne d’en former cinq fois plus. Cette expansion répond à une volonté de diffuser plus largement les principes de la gouvernance verte et d’accroître la participation des jeunes aux débats sur l’environnement et le développement durable. « Cette deuxième édition est placée sous le signe d’une expansion des actions de Jeunes Volontaires en termes de vulgarisation de la gouvernance verte et d’implication des jeunes », souligne Blondele Silenou.

L’objectif est ainsi d’éveiller les consciences, mais surtout de faire comprendre aux jeunes qu’ils ne sont pas uniquement des bénéficiaires des politiques environnementales. Ils peuvent également en devenir des acteurs, des relais et, à terme, des décideurs. Cette approche rejoint l’un des principaux enjeux du projet : passer d’une phase d’amorçage à des résultats concrets et mesurables dans les communautés.

Vingt modules pour renforcer les compétences

Pour atteindre ces objectifs, le programme prévoit 20 modules de formation consacrés à plusieurs dimensions de la gouvernance et de la transition écologique. Les participants seront notamment formés sur la bonne gouvernance, la décentralisation, le genre, l’action climatique et le plaidoyer. Ces différents axes doivent leur permettre de mieux comprendre les mécanismes institutionnels et les outils nécessaires pour porter des initiatives en faveur du développement durable.

La formation entend également favoriser l’émergence de projets concrets. L’idée est de transformer les connaissances acquises en initiatives locales dans des domaines tels que l’entrepreneuriat vert, la gestion durable des territoires et l’adaptation aux changements climatiques. Ainsi, l’Université ne se limite pas à un cadre académique. Elle se veut également un laboratoire d’idées et d’initiatives susceptibles d’être mises en œuvre au sein des communautés.

Les collectivités territoriales associées à la dynamique

L’une des particularités de cette édition réside également dans l’implication des collectivités territoriales décentralisées. Des représentants et cadres de ces collectivités sont associés au programme afin de favoriser une meilleure compréhension des enjeux de gouvernance environnementale au niveau local. Cette approche vise à rapprocher les jeunes des institutions et à créer un dialogue entre les acteurs de la société civile et les responsables chargés de la gestion des territoires.

Pour les organisateurs, cette articulation est indispensable. Les problématiques environnementales se manifestent d’abord au niveau local et nécessitent des réponses adaptées aux réalités des différentes communautés. La participation des collectivités doit donc permettre de mieux comprendre les mécanismes de prise de décision, mais aussi d’identifier les espaces dans lesquels les jeunes peuvent intervenir pour faire avancer les questions environnementales.

Une génération appelée à prendre le relais

Pour le Pr Patrice Bigombe, la création d’un espace consacré à la gouvernance verte et porté en grande partie par les jeunes constitue une démarche pertinente. « Pour asseoir la gouvernance verte au Cameroun, on a besoin des acteurs, mais pas seulement des acteurs d’aujourd’hui. On a également besoin des acteurs qui seront là demain et qui vont agir pour transformer notre pays », affirme-t-il.

Selon lui, les futurs acteurs doivent être préparés à contribuer au respect des engagements pris par le Cameroun en matière de protection de l’environnement, de lutte contre les changements climatiques, de conservation de la biodiversité et de protection des droits des communautés locales et autochtones.

L’Université de la Gouvernance Verte apparaît ainsi comme un outil destiné à construire progressivement une « chaîne d’intervention » en faveur de la protection de l’environnement. Cette démarche vise à faire émerger une conscience nationale sur les questions environnementales et à préparer une relève capable de prendre en compte les dimensions écologique, sociale et économique dans les politiques publiques.

Vers une nouvelle manière de penser le développement

La dimension environnementale ne peut plus être dissociée des questions économiques et sociales. C’est également l’un des messages portés par la Fondation Friedrich Ebert, qui accompagne cette dynamique. Pour Stéphanie Njiomo Tchoumi, l’engagement des jeunes constitue un atout important dans la recherche d’un modèle de développement plus respectueux du patrimoine naturel du Cameroun. « L’Université de la gouvernance verte est donc cet espace intellectuel à travers lequel on pourra voir émerger une nouvelle façon de penser, une nouvelle façon de concevoir les politiques de développement afin que celles-ci allient définitivement et enfin les volets social, économique et écologique », explique-t-elle.

Cette vision prend en compte la diversité écologique du Cameroun, qui dispose de cinq grandes zones agroécologiques et d’importantes ressources naturelles. La préservation de ce patrimoine apparaît donc comme un enjeu à la fois environnemental, économique et intergénérationnel.

Faire de la jeunesse un acteur de la transition écologique

À travers UniGoVe 2026, JVE Cameroun veut donc contribuer à faire évoluer la place des jeunes dans la gouvernance environnementale. L’objectif n’est plus seulement de sensibiliser, mais de former des acteurs capables de comprendre les politiques publiques, de mener des actions de plaidoyer et de développer des initiatives concrètes dans leurs communautés.

La participation d’au moins 40 % de femmes constitue également un axe important de cette dynamique. Elle vise à favoriser une mobilisation plus inclusive autour des enjeux environnementaux et à garantir une implication accrue des jeunes femmes dans les processus de décision et d’action. À terme, le véritable défi sera de mesurer l’impact de ces formations sur le terrain : nombre de projets développés, initiatives d’entrepreneuriat vert mises en œuvre, actions de plaidoyer engagées ou encore participation effective des jeunes aux mécanismes locaux de gouvernance.

Financé par le Fonds des Nations unies pour la démocratie (UNDEF), le projet entend ainsi contribuer à l’émergence d’une génération de jeunes Camerounais mieux outillés pour participer à la transition écologique.

Albert BOMBA

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