Météo : L’ONACC alerte sur un risque élevé d’inondations et de glissements de terrain

Dans son Bulletin de prévisions et d’alertes climatiques décadaires n°268, couvrant la période du 1er au 10 août 2026, l’Observatoire national sur les changements climatiques (ONACC) annonce la poursuite de la saison des pluies sur une grande partie du territoire camerounais. L’institution met en garde contre un risque élevé d’inondations, de glissements de terrain, de vents violents et de prolifération de maladies d’origine hydrique et vectorielle. Les populations, les agriculteurs, les éleveurs ainsi que les collectivités locales sont invités à renforcer les mesures de prévention.
Les dix premiers jours du mois d’août seront marqués par une continuité de la saison des pluies dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord, de l’Adamaoua, de l’Ouest, du Nord-Ouest, du Littoral et du Sud-Ouest. En revanche, le Centre, le Sud et l’Est connaîtront la poursuite de la petite saison sèche, caractérisée par une diminution des précipitations, sans toutefois exclure des épisodes de pluies intenses susceptibles de provoquer des inondations localisées.
L’ONACC indique que ces conditions météorologiques devraient favoriser les semis dans les régions septentrionales, où les pluies seront bénéfiques pour les activités agricoles. Toutefois, ces précipitations s’accompagneront de nombreux risques nécessitant une vigilance accrue.
Inondations et glissements de terrain sous haute surveillance
Le principal danger identifié par l’ONACC reste le risque élevé d’inondations dans plusieurs villes et localités du pays. Dans les régions de l’Extrême-Nord et du Nord, des inondations sont redoutées notamment dans les quartiers bas et les zones mal drainées de Maroua, Waza, Tokombéré, Mora, Garoua, Rey-Bouba et d’autres localités. Les autorités mettent également en garde contre les montées rapides des eaux dans les mayo, susceptibles de provoquer des noyades, particulièrement dans la ville de Maroua.
Dans l’Adamaoua, les villes de Ngaoundéré, Djallo, Nyagoum et Mayo Badji figurent parmi les zones exposées aux inondations. À l’Ouest et dans le Nord-Ouest, les fortes pluies pourraient provoquer des glissements de terrain dans plusieurs départements montagneux, notamment le Bui, la Menoua, les Bamboutos, le Haut-Nkam, le Haut-Plateau, le Mezam, le Momo et le Boyo. Les villes de Bafoussam, Mbouda, Bafang, Bamenda et leurs environs sont également exposées aux inondations.
Le Littoral et le Sud-Ouest ne sont pas épargnés. Des risques élevés de glissements de terrain sont signalés dans les départements du Fako, du Lebialem, du Kupe-Manengouba, de la Manyu ainsi qu’à Manjo, Mbanga, Nkongsamba et certains quartiers de Douala. Des inondations sont également attendues à Douala, Loum, Limbe, Buea, Mamfé et dans plusieurs autres localités.
Agriculture, élevage et infrastructures menacés
Le bulletin attire également l’attention sur les conséquences possibles des intempéries sur les activités économiques. Dans les régions septentrionales, les vents violents associés aux pluies pourraient détruire les jeunes cultures de maïs, de sorgho, de niébé, d’arachide, de tomate, de piment et d’oignon. Les cultures pourraient également subir des attaques de chenilles et de mauvaises herbes dans certaines localités du Nord.
Dans l’Adamaoua, le Littoral et le Sud-Ouest, les plantations de cacao, de palmier à huile, de bananier et de papayer pourraient être endommagées par les rafales de vent accompagnant les fortes pluies. Des conflits agro-pastoraux sont également redoutés dans le nord de l’Adamaoua.
Les fortes pluies pourraient par ailleurs provoquer des chutes d’arbres sur les réseaux électriques, entraînant des délestages dans plusieurs régions du pays.
Des risques sanitaires multiples
Au-delà des dégâts matériels, l’ONACC met en garde contre plusieurs risques sanitaires. La stagnation des eaux favorisera la prolifération des moustiques vecteurs du paludisme dans les régions du Centre, du Sud, de l’Est, de l’Ouest, du Nord-Ouest, du Littoral et du Sud-Ouest. Le ruissellement des eaux de pluie pourrait également contaminer les points de captage d’eau et accroître les cas de maladies d’origine hydrique.
Le bulletin évoque aussi une recrudescence possible des maladies respiratoires chez les animaux d’élevage dans les régions de l’Ouest et du Nord-Ouest, en raison des températures fraîches persistantes.
Températures contrastées selon les régions
Les prévisions font état d’une alternance entre nuits froides et épisodes de fortes chaleurs. Dans plusieurs localités de l’Extrême-Nord, du Nord, de l’Adamaoua, de l’Ouest et du Nord-Ouest, les températures nocturnes pourraient descendre jusqu’à environ 11 °C, tandis que des températures diurnes comprises entre 28 °C et 34 °C sont attendues dans certaines parties du Nord, de l’Extrême-Nord, du Littoral, du Sud-Ouest et de l’Adamaoua. Des îlots de chaleur pourraient également se développer dans les grandes agglomérations côtières, notamment Douala, Édéa et Kribi.
L’ONACC appelle à la vigilance
Face à ces risques, l’Observatoire recommande aux agriculteurs de profiter des pluies dans le Nord et l’Extrême-Nord pour les semis, tandis que les populations du Centre, du Sud et de l’Est sont invitées à attendre le calendrier agricole de la deuxième campagne avant de procéder aux plantations. L’institution conseille également de respecter les règles d’hygiène pour prévenir les maladies hydriques, de boire suffisamment d’eau afin de limiter les risques de déshydratation, d’assurer un suivi sanitaire du bétail, d’éviter les zones inondées et les abords des mayo pendant les fortes pluies, de ne pas s’abriter sous les arbres lors des orages et de débrancher les appareils électriques pendant les épisodes orageux.
À travers cette nouvelle note d’information, l’ONACC invite les autorités locales, les services de protection civile et les populations à anticiper les impacts des aléas climatiques afin de réduire les pertes humaines, les dégâts matériels et les perturbations des activités socio-économiques au cours de cette première décade d’août.
Albert BOMBA



















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