Santé maternelle : Le Kenya mobilise 58 millions de dollars pour réduire les décès évitables des mères et des nouveau-nés

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À travers le plan national EWENE 2026-2028, les autorités kényanes veulent renforcer l’accès aux soins, recruter du personnel médical et accélérer la couverture sanitaire universelle.

Le gouvernement kényan intensifie sa lutte contre la mortalité maternelle et néonatale. Le président kényan, , a annoncé le 28 mai 2026 une enveloppe de 7,5 milliards de shillings kényans, soit environ 58 millions de dollars, destinée à financer le plan national d’accélération « Every Woman Every Newborn Everywhere » (EWENE) pour la période 2026-2028.

Cette initiative vise à réduire les décès évitables des femmes enceintes et des nouveau-nés, qui continuent de représenter un défi majeur pour le système de santé du pays. À travers cette nouvelle feuille de route, les autorités entendent renforcer les services de santé maternelle et infantile, améliorer l’accès aux soins et accélérer les progrès vers la couverture sanitaire universelle.

Un financement ciblé pour renforcer les soins maternels

Le plan prévoit une répartition précise des ressources afin de répondre aux principales faiblesses identifiées dans le système de santé. Une enveloppe supplémentaire de 4 milliards de shillings sera injectée dans la Social Health Authority (SHA) afin de financer les primes d’assurance maladie et d’améliorer l’accès des populations aux services de santé.

Par ailleurs, un milliard de shillings sera attribué à la pour l’acquisition de médicaments, d’équipements et de produits essentiels destinés à la santé maternelle et néonatale. Le gouvernement prévoit également d’investir 2,5 milliards de shillings dans l’achat et la distribution de produits de planification familiale, considérés comme un levier important pour réduire les grossesses à risque et améliorer la santé reproductive des femmes.

Selon les autorités, ces investissements doivent permettre de renforcer durablement les services de santé tout en réduisant les inégalités d’accès aux soins.

Une campagne intensive de six mois

Au-delà des financements, le programme EWENE comprend une phase d’intervention intensive de six mois qui s’étendra jusqu’en novembre 2026. Cette campagne nationale vise à accélérer les actions dans les zones les plus vulnérables du pays et à obtenir rapidement des résultats mesurables en matière de santé maternelle et infantile.

Dans cette optique, le gouvernement prévoit le recrutement et le déploiement de 5 000 infirmiers et sages-femmes supplémentaires afin de renforcer les soins de santé primaires et d’améliorer la prise en charge des femmes enceintes et des nouveau-nés. « Il s’agira d’une initiative nationale urgente visant à obtenir des résultats tangibles et à accélérer les actions là où elles sont le plus nécessaires », a déclaré le chef de l’État lors du lancement du programme.

Quinze femmes et quatre-vingt-douze nouveau-nés meurent chaque jour

Malgré les progrès enregistrés ces dernières années, la mortalité maternelle demeure élevée au Kenya.

Selon le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), environ 15 femmes et 92 nouveau-nés perdent la vie chaque jour dans le pays à la suite de complications évitables liées à la grossesse, à l’accouchement ou aux premiers jours de vie. L’organisation estime le taux de mortalité maternelle à 355 décès pour 100 000 naissances vivantes, un niveau qui reste préoccupant au regard des objectifs internationaux de santé publique.

Certaines régions affichent des taux encore plus élevés, notamment le comté de Kwale, où les difficultés d’accès aux services de santé continuent de peser lourdement sur les populations. Les experts soulignent que plusieurs facteurs expliquent cette situation, notamment le manque de personnel qualifié, l’insuffisance des infrastructures de santé, l’accès limité aux soins obstétricaux d’urgence et les disparités persistantes entre les zones urbaines et rurales.

Des partenariats pour renforcer les services de santé

Afin d’améliorer les indicateurs de santé maternelle, l’UNFPA multiplie les initiatives en partenariat avec les autorités nationales et le secteur privé. Parmi elles figure le programme « Lea Salama », développé avec la Britam Foundation. Ce projet vise à soutenir plus de 10 000 mères dans les régions de Kwale et de Nairobi, à moderniser une vingtaine d’établissements de santé et à renforcer les compétences du personnel médical.

Ces interventions doivent contribuer à améliorer la qualité des soins offerts aux femmes enceintes et aux nouveau-nés, notamment dans les zones les plus vulnérables.

La couverture sanitaire universelle comme levier de changement

La nouvelle stratégie s’inscrit également dans la continuité des réformes engagées par le gouvernement à travers le programme « Linda Jamii », lancé en 2025.

Cette initiative vise à réduire les obstacles financiers qui empêchent de nombreuses femmes d’accéder à des soins de qualité pendant la grossesse et l’accouchement.

Dans ce cadre, la Social Health Authority prend en charge une partie importante des frais médicaux liés à la maternité. Les établissements de santé reçoivent ainsi un remboursement de 10 000 shillings pour chaque accouchement normal et de 30 000 shillings pour les césariennes, que les soins soient dispensés dans des hôpitaux publics, privés ou confessionnels.

Pour les autorités, ce mécanisme constitue un outil essentiel pour encourager davantage de femmes à accoucher dans des structures médicalisées et ainsi réduire les risques de complications.

Un enjeu majeur pour le développement du pays

La réduction de la mortalité maternelle et néonatale figure parmi les priorités du gouvernement kényan et des partenaires internationaux de développement. Au-delà de son impact sur la santé publique, l’amélioration de la prise en charge des mères et des nouveau-nés est considérée comme un facteur déterminant pour le développement économique et social du pays.

À travers le plan EWENE 2026-2028, le Kenya espère ainsi accélérer les progrès réalisés ces dernières années et rapprocher le pays des objectifs internationaux en matière de santé maternelle et infantile. L’initiative témoigne également de la volonté des autorités de faire de la couverture sanitaire universelle un pilier central des politiques publiques, afin qu’aucune femme ni aucun nouveau-né ne soit privé de soins essentiels pour des raisons géographiques ou financières.

Jean NDI

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