Lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme : le Cameroun met en lumière l’impact des financements du Fonds mondial

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À l’occasion de la première édition de la Journée Portes Ouvertes sur la lutte contre le paludisme, le VIH/Sida et la tuberculose, organisée le 18 juin 2026 à la Croix-Rouge camerounaise à Yaoundé, les acteurs de la santé publique, de la société civile et des partenaires internationaux ont présenté les résultats obtenus grâce aux financements du Fonds mondial. Une rencontre qui a également permis d’alerter sur les risques liés à la baisse du financement international dans la lutte contre ces trois maladies.

Le Cameroun a franchi une étape importante dans le renforcement du dialogue entre les acteurs de la santé et les citoyens avec l’organisation de la première édition de la Journée Portes Ouvertes sur la lutte contre le paludisme, le VIH/Sida et la tuberculose. L’événement, tenu à Yaoundé, a réuni les pouvoirs publics, les organisations de la société civile, les partenaires techniques et financiers ainsi que les bénéficiaires des programmes de santé soutenus par le Fonds mondial.

Cette initiative a bénéficié de l’appui de plusieurs organisations engagées dans le plaidoyer pour la santé mondiale, notamment Impact Santé Afrique, GFAN Africa (Global Fund Advocates Network Africa) et la Société Civile Mondiale pour l’Élimination du Paludisme.

Des acquis majeurs grâce au partenariat avec le Fonds mondial

Les échanges ont permis de mettre en évidence l’impact considérable des investissements du Fonds mondial dans la lutte contre les trois pandémies qui continuent de peser lourdement sur les systèmes de santé africains.

Selon le Rapport 2025 du Fonds mondial, les efforts conjoints menés depuis plus de vingt ans ont permis de réduire de 63 % le taux de mortalité combiné lié au VIH/Sida, à la tuberculose et au paludisme à l’échelle mondiale. Cette mobilisation internationale a également contribué à sauver près de 70 millions de vies grâce à une collaboration étroite entre les gouvernements, les communautés affectées, la société civile, le secteur privé et les partenaires techniques.

Ces résultats démontrent l’efficacité d’un modèle de financement basé sur le partenariat et la participation communautaire, devenu aujourd’hui une référence dans la lutte contre les maladies infectieuses.

Le Cameroun enregistre des progrès encourageants

Prenant la parole au cours de cette rencontre, le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, a dressé un état des lieux de la situation épidémiologique du Cameroun.

Malgré un fardeau sanitaire toujours important, le membre du gouvernement a souligné les avancées enregistrées ces dernières années dans la lutte contre les trois maladies. « Le profil épidémiologique de notre pays reste fortement marqué par le fardeau combiné du VIH, de la tuberculose et du paludisme. Toutefois, des progrès significatifs ont été réalisés », a-t-il indiqué.

Les résultats de l’étude CAMPHIA montrent notamment une baisse significative de la prévalence du VIH au Cameroun, passée de 4,3 % en 2011 à 2,6 % aujourd’hui au niveau national. Toutefois, certaines régions demeurent particulièrement touchées. Le Centre affiche une prévalence de 4,6 %, suivi du Sud avec 4,4 % et du Nord-Ouest avec 4,1 %. À l’inverse, les régions de l’Extrême-Nord et du Nord enregistrent des taux nettement inférieurs, respectivement de 1,4 % et 1,5 %. Le ministre a également mis en avant les performances obtenues dans la lutte contre la tuberculose, avec un taux de guérison atteignant près de 90 %, soit 89,9 %, ainsi qu’une réduction notable des décès liés au paludisme.

Le financement de la santé mondiale sous pression

Si les résultats obtenus sont encourageants, les acteurs de la santé ont néanmoins alerté sur les conséquences potentielles de la réduction des financements internationaux.

Après deux décennies de progrès constants, la santé mondiale traverse une période d’incertitude marquée par la baisse de plusieurs financements extérieurs. Cette situation suscite des inquiétudes quant à la pérennité des acquis obtenus dans la lutte contre les maladies infectieuses.

Les intervenants ont rappelé qu’investir dans le partenariat du Fonds mondial demeure l’un des moyens les plus efficaces pour sauver des vies, améliorer l’accès aux soins et renforcer la sécurité sanitaire mondiale.

Les investissements réalisés par le Fonds mondial ont notamment contribué à l’augmentation de l’espérance de vie dans plusieurs pays à revenu faible et intermédiaire.

Selon les données présentées lors de la rencontre, les inégalités mondiales en matière d’espérance de vie ont diminué d’environ un tiers entre 2002 et 2021. Près de la moitié de cette amélioration est directement liée aux progrès réalisés contre le VIH, la tuberculose et le paludisme.

En Afrique subsaharienne, quinze pays ont vu leur espérance de vie progresser de 49 à 61 ans au cours de cette période, plus de la moitié de cette augmentation étant attribuable au recul de ces trois maladies.

Le VIH demeure une menace majeure

Malgré les avancées enregistrées, les chiffres mondiaux montrent que le VIH reste un défi majeur pour la santé publique. En 2024, le monde a enregistré environ 630 000 décès liés au sida et 1,3 million de nouvelles infections au VIH. Ce niveau reste largement supérieur à l’objectif mondial fixé pour 2025, qui vise moins de 370 000 nouvelles infections annuelles.

À la fin de l’année 2024, environ 40,8 millions de personnes vivaient avec le VIH dans le monde. Parmi elles, 31,6 millions avaient accès à un traitement antirétroviral vital.

Toutefois, les progrès accomplis au cours des quinze dernières années demeurent considérables. Entre 2010 et 2024, le nombre de personnes sous traitement a été multiplié par plus de quatre. Dans le même temps, les nouvelles infections ont reculé de 40 % tandis que les décès liés au sida ont diminué de 54 %.

Des avancées qui nourrissent l’espoir d’une élimination progressive de la maladie, même si les disparités restent importantes entre les régions et les pays.

GFAN Africa plaide pour un Fonds mondial pleinement financé

Au cours de cette journée, GFAN Africa a réaffirmé son engagement en faveur d’un financement durable des programmes de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. Le réseau, qui rassemble des organisations de la société civile, des communautés affectées et des défenseurs de la santé à travers le continent africain, milite pour un Fonds mondial pleinement financé afin de préserver les acquis obtenus et accélérer les progrès vers l’élimination de ces maladies.

Face à des défis croissants tels que les crises économiques, l’instabilité politique, les effets du changement climatique ou encore les risques de nouvelles pandémies, l’organisation estime que la solidarité internationale demeure essentielle.

En Afrique francophone, GFAN Africa est hébergé par Impact Santé Afrique, tandis que WACI Health assure la coordination des activités dans les pays anglophones.

Préserver les acquis pour atteindre les objectifs de santé

La première édition de la Journée Portes Ouvertes sur la lutte contre le paludisme, le VIH et la tuberculose a ainsi permis de rappeler que les progrès réalisés au Cameroun et dans le monde restent fragiles.

Les différents intervenants ont insisté sur la nécessité de maintenir, voire d’accroître, les investissements consacrés à la santé afin de poursuivre les avancées enregistrées au cours des deux dernières décennies.

Pour les acteurs de la société civile comme pour les autorités sanitaires, la lutte contre ces trois maladies demeure un enjeu majeur de développement, de justice sociale et de sécurité sanitaire mondiale.

Albert BOMBA

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