Santé Publique : La Sierra Leone inflige un revers historique au cancer du col de l’utérus

Avec un taux de couverture vaccinale exceptionnel de 116 %, Freetown dépasse tous les objectifs mondiaux et se positionne en leader africain de la lutte contre le virus du papillome humain (VPH). Plus d’un million de jeunes filles sont désormais protégées, marquant un tournant décisif vers l’élimination de cette pathologie d’ici 2030.
Le cancer du col de l’utérus ne sera bientôt plus une fatalité en Sierra Leone. Dans un pays où ce mal reste le plus meurtrier chez les femmes, les résultats de la dernière campagne nationale de vaccination, menée fin 2025, résonnent comme une victoire éclatante. Plus qu’une simple opération médicale, c’est un bouclier générationnel qui vient d’être déployé.
Initialement, le gouvernement et ses partenaires notamment l’OMS, l’UNICEF, l’UNFPA et Gavi visaient la protection de 868 300 adolescentes. Au terme d’une semaine intensive, les chiffres ont pulvérisé les attentes : plus de 1 000 000 de filles vaccinées, soit une couverture de 116 %.
Cette performance repose sur un choix stratégique audacieux : l’élargissement de l’éligibilité. Pour la première fois, la cible ne se limitait plus aux seules filles de 10 ans, mais s’étendait aux cohortes de 11 à 18 ans.
L’équité au cœur de la stratégie
L’un des points forts de cette campagne réside dans sa capacité à atteindre les populations les plus vulnérables. Les données révèlent que 66 % des filles vaccinées étaient scolarisés ; 34 % étaient hors du système scolaire, prouvant l’efficacité du déploiement communautaire au-delà des salles de classe. Pour de nombreuses jeunes filles, comme Grace Lamin, élève à Freetown, ce vaccin est synonyme d’avenir. « Étant vaccinée contre le VPH, je me sens protégée et pleine d’espoir. Je veux grandir en bonne santé, terminer mes études et devenir quelqu’un qui aide ma famille et mon pays » affirme-t-elle.
Un parcours semé d’embûches enfin surmonté
Ce succès est l’aboutissement d’une résilience de plus d’une décennie. Initié en 2013 par un projet pilote, le déploiement national avait été brutalement stoppé par l’épidémie d’Ebola en 2014, puis par la pandémie de COVID-19.
Le Dr Austin Demby, ministre de la Santé, a rappelé lors du lancement que la protection des femmes est une « responsabilité collective ». Ce sursaut national permet aujourd’hui à la Sierra Leone de s’aligner sur les objectifs mondiaux des « 90-70-90 » dont 90 % des filles vaccinées avant 15 ans ; 70 % des femmes dépistées avec des tests haute performance ; 90 % des femmes diagnostiquées bénéficiant d’un traitement rapide.
Sécurité et expertise technique
Sous la supervision rigoureuse de l’OMS, la campagne a maintenu des standards de sécurité élevés. Sur le million d’injections, seules 514 manifestations post-vaccinales mineures ont été signalées, et les deux cas graves identifiés ont été immédiatement pris en charge. Le taux d’utilisation des vaccins (107 %) témoigne d’une gestion logistique optimisée et d’une demande sociale forte. « La réussite de la campagne contre le VPH démontre ce que le leadership coordonné, la confiance des communautés et de solides partenariats peuvent accomplir », déclare le Dr George Ameh, Représentant de l’OMS en Sierra Leone. « Avec des investissements soutenus et une intégration continue, la Sierra Leone réalise des progrès tangibles vers l’objectif d’élimination du cancer du col de l’utérus d’ici à 2030 » a-t-il rajouté.
Si la dynamique se maintient, le pays pourrait devenir l’un des premiers sur le continent à rayer le cancer du col de l’utérus de la liste des menaces de santé publique.
Albert BOMBA
Crédit image : OMS AFRIQUE



















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