CAMWATER : Dr Blaise Moussa met la pression sur les équipes pour accélérer la performance

Le Directeur général de la Cameroon Water Utilities Corporation (CAMWATER), Dr Blaise Moussa, appelle les responsables et collaborateurs de l’entreprise à franchir un nouveau cap. Après plusieurs années consacrées à la restructuration et à la réorganisation de la société, la Direction générale veut désormais inscrire CAMWATER dans une culture de performance, de responsabilité et de résultats mesurables.
La transformation de la Cameroon Water Utilities Corporation entre dans une nouvelle phase. Après les efforts consacrés ces dernières années à la restructuration, à la réorganisation interne, à la discipline et à la clarification des responsabilités, la Direction générale de l’entreprise veut désormais voir ces changements se traduire concrètement sur le terrain.
Dans une communication spéciale adressée à l’ensemble de la chaîne managériale, le Directeur général de CAMWATER, Dr Blaise Moussa, a fixé le nouveau cap : améliorer les performances opérationnelles et commerciales de l’entreprise, accroître les recettes et renforcer la qualité du service fourni aux usagers. Pour le patron de CAMWATER, l’heure n’est plus à la simple mise en place des réformes. Les structures déconcentrées doivent désormais démontrer leur capacité à produire des résultats.
Le message adressé aux responsables régionaux et locaux est particulièrement clair. CAMWATER doit produire davantage, distribuer davantage, vendre davantage, facturer davantage et surtout recouvrer davantage. Les Délégués régionaux, Chefs de secteurs, Chefs d’agences et Chefs de centres sont directement interpellés. Leur mission ne doit plus se limiter à la gestion administrative des structures dont ils ont la charge. Ils doivent contribuer activement à l’amélioration des indicateurs commerciaux et opérationnels.
La distribution de l’eau, la commercialisation, la relève exhaustive des consommations, la facturation et le recouvrement constituent ainsi les principaux leviers sur lesquels les responsables sont appelés à agir. Le Directeur général résume cette exigence par une formule volontairement incisive : « Une agence n’est pas un reposoir. Un centre n’est pas un petit royaume ». À travers cette déclaration, Blaise Moussa entend rappeler que les agences et centres de CAMWATER sont avant tout des unités opérationnelles dont la raison d’être est de contribuer aux performances globales de l’entreprise.
La performance devra désormais se gagner sur le terrain
Pour la Direction générale, l’amélioration des résultats passe également par une présence beaucoup plus importante des responsables sur le terrain. Les équipes sont ainsi encouragées à aller à la rencontre des abonnés, des consommateurs, des entreprises et des administrations. Cette proximité doit permettre d’identifier les besoins, d’accélérer les branchements et de transformer les investissements réalisés dans l’extension des réseaux en nouvelles opportunités commerciales.
Les extensions récemment réalisées doivent notamment permettre d’augmenter le nombre de branchements, d’accroître le portefeuille d’abonnés et de générer davantage de consommations effectivement relevées et facturées. Cette stratégie s’accompagne d’une lutte plus vigoureuse contre les branchements clandestins et les différentes formes de fraude. Le mot d’ordre lancé par le Directeur général est sans équivoque : « Sortez. Bousculez les habitudes. Branchez. Contrôlez. Facturez. Recouvrez. Luttez contre la fraude. Performez. »
Des objectifs de recouvrement clairement fixés
La nouvelle orientation managériale de CAMWATER s’appuie également sur des objectifs chiffrés. Pour le mois en cours, la Délégation régionale de Douala doit atteindre un niveau minimal de recouvrement de 1,1 milliard de FCFA, tandis que la DIVRY est appelée à mobiliser 1,250 milliard de FCFA. Les autres Délégations régionales devront, pour leur part, améliorer leurs performances de recouvrement d’au moins 15 %.
Pour la Direction générale, ces objectifs sont réalisables à condition que les responsables s’impliquent pleinement, mobilisent leurs équipes et assurent un suivi rigoureux des résultats. La question du recouvrement apparaît ainsi comme une priorité stratégique pour CAMWATER, dans un contexte où la solidité financière de l’entreprise dépend largement de sa capacité à transformer les consommations d’eau en recettes effectivement encaissées.
Sécuriser les recettes et accélérer les paiements électroniques
La Direction générale insiste également sur la sécurisation des encaissements. Le reversement des sommes collectées devra être automatique, intégral immédiat, conformément aux procédures internes. Les éventuels manquements devront faire l’objet d’un établissement des responsabilités et, lorsque cela sera nécessaire, de sanctions.
En parallèle, CAMWATER veut relancer le recours aux moyens de paiement électroniques. La Direction chargée du marketing, en collaboration avec le département de la communication et les autres parties prenantes, est appelée à intensifier les actions de sensibilisation auprès des usagers. Cette orientation vise notamment à corriger le ralentissement observé dans l’utilisation des paiements électroniques et à faciliter les transactions entre l’entreprise et ses abonnés.
La reprise de l’ouverture des agences et centres le samedi devra également être accompagnée d’une communication efficace. Pour la Direction générale, cette ouverture supplémentaire ne saurait être une simple mesure administrative : elle devra se traduire par une amélioration concrète du service aux usagers, mais également par davantage de branchements, d’encaissements et de recouvrements.
La performance interne comme réponse aux contraintes financières
Face aux contraintes financières auxquelles l’entreprise est confrontée, Blaise Moussa refuse une logique d’attentisme. La réponse doit, selon lui, venir en grande partie d’une mobilisation plus efficace des ressources internes. Cela passe notamment par l’augmentation des recettes commerciales, l’amélioration du taux de facturation, l’exhaustivité de la relève, le renforcement du recouvrement, la réduction des pertes liées à la fraude et l’accélération des branchements.
Cette approche doit contribuer progressivement à renforcer l’autonomie financière de CAMWATER. Autrement dit, l’entreprise doit chercher à améliorer ses performances à partir de ses propres capacités opérationnelles, en faisant de chaque agence, chaque centre et chaque structure déconcentrée un véritable levier de création de recettes et d’amélioration du service public de l’eau.
Une culture du mérite pour accompagner la transformation
La nouvelle dynamique voulue par la Direction générale comporte également un volet managérial. Le Dr Blaise Moussa entend promouvoir une véritable culture du mérite. Les collaborateurs qui font preuve d’initiative, mobilisent leurs équipes, innovent et obtiennent des résultats doivent pouvoir bénéficier d’une meilleure reconnaissance et d’une valorisation de leur engagement.
À l’inverse, la sous-performance persistante et injustifiée, le laxisme, la négligence ou l’absence d’initiative ne devraient plus être considérés comme sans conséquence. Le Directeur général précise toutefois que la sanction ne constitue pas une finalité en soi. « La sanction n’est pas l’objectif. L’objectif est de faire réussir chacun et de faire réussir la CAMWATER », souligne-t-il.
L’idée est donc d’installer un système de responsabilisation dans lequel chaque responsable et chaque collaborateur connaît ses objectifs et assume sa part dans les résultats collectifs.
Vers une accession à la deuxième catégorie des entreprises publiques
Cette nouvelle exigence de performance s’inscrit dans une ambition plus large : permettre à CAMWATER de franchir un nouveau palier dans la classification des entreprises publiques. Le classement récent de la société en troisième catégorie doit, selon Blaise Moussa, constituer non pas une fin en soi, mais un encouragement à poursuivre les réformes engagées.
La Direction générale ambitionne désormais de faire accéder CAMWATER à la deuxième catégorie lors de la prochaine occasion. Pour y parvenir, l’entreprise devra notamment enregistrer une progression significative et durable de son chiffre d’affaires et améliorer ses performances globales. Cette perspective devient ainsi un objectif collectif que les responsables et collaborateurs sont appelés à intégrer dans leur travail quotidien.
Du changement organisationnel aux résultats concrets
À travers cette communication, le Directeur général entend donc faire évoluer le processus de transformation de CAMWATER d’une logique principalement organisationnelle vers une logique davantage orientée vers les résultats. Les restructurations, la clarification des responsabilités et la réorganisation des structures doivent désormais produire des effets visibles : davantage d’abonnés, plus de branchements, une meilleure facturation, un recouvrement accru, moins de fraude et une meilleure qualité de service.
Le défi est également financier. En améliorant ses recettes et en réduisant ses pertes, CAMWATER peut progressivement renforcer sa capacité à financer ses activités et à consolider son autonomie. Pour CAMWATER, la prochaine étape de la transformation devra donc être celle des résultats mesurables, avec une responsabilisation accrue des équipes et une présence renforcée sur le terrain au service des usagers.
Jean NDI



















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