Souveraineté hydrique : Le modèle marocain mise sur le dessalement et les partenariats public-privé

0
22

Alors que le stress hydrique devient une réalité mondiale, l’Office National de l’Électricité et de l’Eau Potable (ONEE) du Maroc partage son expertise lors du 23ème congrès de l’AAEA. Entre recours massif au dessalement et dynamisation de l’économie par les partenariats public-privé (PPP), le Royaume propose une feuille de route aux autres nations africaines.

Face aux cycles de sécheresse prolongés, le Maroc a opéré un virage stratégique majeur. Si le traitement conventionnel des eaux de surface reste une base, c’est désormais vers l’Atlantique et la Méditerranée que le pays se tourne. Le dessalement d’eau de mer n’est plus une solution d’appoint, mais un moteur de développement. Il remplit un triple objectif qui est de sécuriser l’accès à l’eau potable pour une population en constante croissance ; soutenir l’industrialisation accélérée du Royaume, gourmande en ressources hydriques ; préserver les nappes phréatiques et les barrages pour d’autres usages, notamment agricoles.

Vingt ans d’expertise en assainissement au service de l’eau potable

Après deux décennies consacrées au déploiement massif d’infrastructures d’assainissement à travers tout le territoire, l’Office concentre aujourd’hui ses efforts sur le traitement de l’eau potable. Ce savoir-faire accumulé permet au Maroc de passer d’une logique de “gestion de l’urgence” à une logique de “planification structurelle”. Le message porté par le Maroc lors du 23ème congrès de l’AAEA est clair : l’État ne peut pas et ne doit pas agir seul. Le modèle privilégié est celui du Partenariat Public-Privé (PPP).

Au Maroc, la construction et la gestion des stations de traitement et de dessalement passent systématiquement par des appels d’offres rigoureux. Ces projets sont souvent remportés par des groupements associant des sociétés internationales majeures et des entreprises marocaines dynamiques. « Le PPP n’est pas qu’une technique de financement, c’est un moteur pour l’économie nationale » a affirmé une source de l’ONEE lors de ce congrès.

Pour le l’entreprise marocaine, cette approche vise la qualité des infrastructures où le secteur privé apporte des technologies de pointe et une gestion optimisée ; la création d’emplois dans lequel les chantiers stimulent le secteur de la construction et de l’ingénierie locale ; le dynamisme économique en impliquant les PME nationales dans ces grands contrats, l’État favorise l’émergence d’un tissu industriel local compétitif.

Un message de solidarité continentale

Le Royaume ne se contente pas de moderniser ses propres infrastructures ; il érige son modèle en exemple de résilience. En démontrant que l’eau peut être un vecteur de stabilité et de création de valeur, le Maroc invite ses pairs africains à transformer le défi du manque d’eau en une opportunité de développement industriel et social.

Françoise ESSONO

Leave a reply