Réhabilitation de la RN3 Douala–Yaoundé : Un Plan de Gestion Environnementale de 298 millions FCFA pour la sécurisation de l’axe

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Le ministère des Travaux publics (Mintp) a levé le voile en fin février 2026, sur les contours financiers et techniques de la remise à neuf de la Nationale 3. Entre enjeux logistiques régionaux et défis climatiques, ce projet de 230 km s’apprête à redéfinir la mobilité entre les deux principales métropoles du pays.

​Axe vertébral de l’économie camerounaise et corridor vital pour les pays enclavés (Tchad, RCA), la route Douala–Yaoundé s’apprête à connaître une cure de jouvence majeure. Le rapport provisoire de l’étude d’impact environnemental et social (EIES) évalue désormais le Plan de gestion environnementale et sociale (PGES) à 298 millions FCFA. Un investissement jugé crucial pour mitiger les risques inhérents à un chantier de cette envergure.

Un diagnostic alarmant : Sécurité et climat en ligne de mire

​Construite au milieu des années 80, la RN3 subit aujourd’hui les assauts du temps et d’un trafic qui a radicalement muté. Le constat des experts est sans appel. La chaussée et les systèmes d’assainissement sont à bout de souffle ; une visibilité médiocre, des « points noirs » accidentogènes non résolus et une cohabitation périlleuse entre les 40 % de poids lourds et les usagers non motorisés ; l’érosion et les inondations récurrentes fragilisent l’infrastructure, rendant sa réhabilitation impérative pour garantir la continuité du trafic.

​​L’une des révélations majeures de cette étude est le choix du maintien d’un profil bidirectionnel. Contrairement aux attentes de certains usagers espérant un élargissement total, les ingénieurs ont opté pour une approche pragmatique. Des sections spécifiques seront élargies pour améliorer la visibilité et le confort ; la durée de vie de la route est fixée jusqu’en 2037 ; la redistribution du trafic dont le choix repose sur la mise en service progressive de l’autoroute Yaoundé–Douala, qui aura pour mission d’absorber le trafic de transit lourd, laissant à la RN3 un rôle de desserte et de sécurité renforcée.

Un financement multi-bailleurs en préparation

​Pour porter ce projet structurant, le Cameroun compte mobiliser une coalition de partenaires financiers de premier plan. La Banque mondiale, la Banque islamique de développement (BID) et l’Agence française de développement (AFD) sont citées comme les principaux soutiens pressentis.

​Le respect scrupuleux du PGES (normes nationales et standards de la Banque mondiale) est d’ailleurs une condition sine qua non pour le déblocage de ces fonds internationaux.

​Vers une logistique régionale performante

​Au-delà de la simple pose de bitume, la réhabilitation de la RN3 s’inscrit dans une vision plus large notamment la montée en puissance du Port en eau profonde de Kribi et la modernisation des corridors sous-régionaux. En sécurisant cet axe, le Cameroun entend conforter sa position de hub logistique incontournable en Afrique Centrale.

​Le démarrage effectif des travaux, annoncé pour le courant de l’année 2026, marquera le début d’une phase de transition complexe où la gestion des flux et la sécurité des riverains seront les priorités absolues du Mintp.

Françoise ESSONO

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