Centre Nathanaël Epée Triso et Vie : L’aboutissement d’un combat maternel pour une société inclusive

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Le 7 mars 2026 restera gravé comme une date charnière pour l’inclusion au Cameroun. Avec la pose de la dernière tôle du futur Centre Nathanaël Epée Triso et Vie, un rêve né d’un combat personnel devient une réalité concrète. Plus qu’un bâtiment, c’est un manifeste pour le droit à la formation et à la dignité de tous.

L’histoire de ce centre est avant tout celle d’une mère. Inspirée par son fils, Nathanaël, porteur de trisomie 21, la fondatrice a transformé son combat quotidien en une mission d’utilité publique. Ce centre de formation professionnelle et inclusive, construit à Yaoundé plus précisément à Nkoabang, est la réponse directe aux défis rencontrés par les familles. « Mon fils est la raison d’existence de ce combat. Aujourd’hui, voir ce centre sortir de terre est un sentiment de fierté, de joie, et une invitation à continuer de se battre pour faire encore plus », confie Epée Bwame Yolande, fondatrice avec émotion.

Le pari de l’inclusion : Faire ensemble pour vivre ensemble

La force du projet Nathanaël Epée Triso et Vie réside dans sa philosophie : l’inclusion radicale. Si le centre a une expertise naturelle pour la trisomie, il refuse toute forme de ségrégation. Il accueillera des personnes porteuses de handicaps divers et des personnes valides. L’objectif est de briser les murs dès l’apprentissage. Puisque ces jeunes seront amenés à collaborer plus tard dans le monde du travail, le centre propose de les préparer dès aujourd’hui à partager les mêmes espaces et les mêmes défis. « Il faut dire que le centre abritera des personnes porteuses de trisomie mais pas que, ce sera ainsi un centre ouvert aux personnes de tout handicap confondu également les personnes valides puisque pour créer une société de demain, il faut faire avec tout le monde et non faire avec les uns les autres séparément parce que tôt ou tard, ils finiront par être ensemble dans des lieux de travail. On aura des formations telles que la broderie, le perlage, la coiffure, art et musique, du jardinage. Il y aura au total 6 ateliers c’est ce que je peux vous dire juste ici » a rajouté Epée Yolande.

Un appel aux parents : « Sortez de l’ombre »

Au-delà de l’infrastructure, la fondatrice lance un message fort à tous les parents qui, par peur ou par résignation, gardent encore leurs enfants en retrait. Pour elle, la conquête des droits passe par la visibilité. « Il est important de dire aux parents qui restent encore en retrait que nos enfants ont des droits et ce n’est pas en les gardant dans la maison qu’on va réclamer ses droits, mais en le faisant sous le feu des projecteurs, nous allons pouvoir acquérir tout ce qui est à notre porter », martèle-t-elle.

Un engagement citoyen de proximité

La présence de la société ENE sur le terrain marque une étape symbolique dans la réalisation de ce projet. Fidèle à ses principes d’action et de défense des intérêts sociaux, l’entreprise accompagne la fin des travaux de cet édifice stratégique. « Aujourd’hui, nous sommes presque à la fin des réalisations. La société ENE est en fin d’œuvre aujourd’hui pour ce bâtiment qui doit regrouper un centre de formation des handicapés de toute nature. Et Dieu donnera la force à la fondatrice qu’elle puisse achever ses œuvres, qu’elle puisse également, dans la même voie, ouvrir normalement et que ce soit opérationnel. Que nos enfants également puissent se retrouver là et pouvoir retrouver la nature, car nul dans la vie n’est abandonné en soi », a déclaré le chef Chantier.

En posant cette dernière tôle, le centre Nathanaël Epée Triso et Vie ne termine pas seulement un chantier, il ouvre enfin la voie à une société où la différence n’est plus un obstacle, mais une force partagée.

Albert BOMBA

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