Filière café : Le robusta camerounais stagne entre 1 200 et 1 300 FCFA

Malgré une relative stagnation des cours depuis deux mois, la filière caféière reste marquée par son incroyable sursaut du début d’année, où elle est parvenue, un court instant, à détrôner l’or brun national : le cacao.
Sur le marché des commodités agricoles au Cameroun, l’heure est à l’accalmie pour les producteurs de café robusta. Selon les derniers relevés du Système d’information des filières (SIF), une plateforme analytique directement pilotée par l’Office national du cacao et du café (ONCC), le kilogramme de robusta oscillait, au 15 mai 2026, dans une fourchette comprise entre 1 200 et 1 300 FCFA. Les données compilées par les experts du SIF confirment que cette tendance linéaire dure maintenant depuis près de huit semaines.
Pourtant, cette tranquillité apparente cache un début d’année particulièrement volcanique pour les acteurs de la filière. Cette phase de consolidation fait en effet suite à une flambée progressive des cours qui a culminé au début du mois de mars 2026. À cette période, la cerise rouge s’est négociée à des sommets vertigineux, atteignant entre 1 600 et 1 650 FCFA le kilogramme dans les principaux bassins d’achat du pays.
Le jour où le robusta a détrôné le cacao
Ce pic historique a donné lieu à un scénario inédit au Cameroun depuis plusieurs années : pendant quelques jours, le prix du café a surclassé celui du cacao. Ce basculement s’explique moins par une dynamique propre au café que par la mauvaise passe conjoncturelle que traversait alors la fève de cacao à ce moment précis.
Toutefois, l’embellie aura été de courte durée pour les caféiculteurs. Le robusta n’a maintenu sa suprématie sur le cacao que pendant une quinzaine de jours. Dès la mi-mars 2026, la filière cacaoyère a repris du poil de la bête, entamant une remontée spectaculaire. Alors qu’il s’échangeait péniblement entre 1 050 et 1 150 FCFA début mars, le cacao frôle désormais la barre symbolique des 2 000 FCFA le kilogramme, et ce, à seulement deux mois de la clôture officielle de la campagne.
Le Littoral et l’Ouest restent les moteurs de la production
Malgré le retour en force du cacao, la filière du robusta qui demeure la variété de café la plus largement cultivée sur le territoire national confirme sa bonne santé structurelle. Les statistiques officielles de l’ONCC révèlent une dynamique positive de la production, qui s’est hissée à 10 377 tonnes au cours de la saison 2024-2025. Cela représente une progression nette de 287 tonnes en comparaison avec la campagne précédente.
Cette performance repose en grande partie sur l’activité intensive de deux zones géographiques clés. Les régions du Littoral et de l’Ouest réaffirment leur statut de poumons économiques de cette culture, concentrant à elles seules 71,6 % des volumes globaux de cerises mis sur le marché national.
Pour les observateurs, si le robusta a retrouvé des niveaux de prix plus conventionnels, la campagne 2026 aura au moins prouvé la capacité de résilience de la filière face aux fluctuations du géant cacaoyer.
Françoise ESSONO



















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