JIF 2026 au Cameroun : Quand les droits des femmes verdissent l’économie nationale

À l’occasion de la Journée Internationale de la Femme (JIF) 2026, une conférence organisée par l’association des jeunes environnementalistes du Cameroun (AJEC) s’est tenue à Yaoundé le 6 mars 2026 sous le signe de l’action climatique et de l’inclusion. Entre plaidoyer pour la justice et inauguration d’une exposition d’artisanat écologique, l’événement a souligné le rôle moteur des femmes dans la préservation de la biodiversité et la transition vers une économie durable.
L’édition 2026 de la Journée Internationale de la Femme s’inscrit sous l’égide des Nations Unies avec un mot d’ordre clair : « Droit, justice et action pour toutes les femmes et filles ». Ce triptyque rappelle une vérité fondamentale : l’égalité réelle reste indissociable du respect des droits fondamentaux et d’un accès équitable à la justice. Pourtant, au Cameroun, ce combat pour les droits trouve aujourd’hui un nouvel écho dans la crise environnementale. La conférence thématique organisée cette année, intitulée « Droits des femmes et économie verte – Agir pour la biodiversité au Cameroun », a permis de créer un pont inédit entre les revendications sociales et l’urgence écologique.
L’art du recyclage : transformer les défis en richesses
L’un des moments forts de cette journée a été l’inauguration d’une exposition d’artisanat écologique. Loin d’être une simple vitrine esthétique, cet espace met en lumière le savoir-faire et la créativité locale des femmes capables de transformer des matériaux de récupération en objets utilitaires, décoratifs ou artistiques. « Aujourd’hui, nous avons l’honneur d’inaugurer une exposition d’artisanat écologique, réalisée par des femmes à partir de matériaux recyclés. Cette exposition est un espace de valorisation et de dialogue, où la créativité féminine se conjugue avec la protection de l’environnement. Qu’il s’agisse d’objets décoratifs, utilitaires ou artistiques, ces œuvres incarnent la capacité des femmes à transformer les déchets en richesses, et les défis environnementaux en opportunités de développement. Nous savons que la lutte pour la biodiversité et l’économie verte ne peut réussir sans une approche inclusive », a affirmé Mounira Mfossi, présidente fondatrice de l’AJEC.
Le plaidoyer pour une inclusion réelle des femmes au Cameroun
Entre état des lieux et recommandations stratégiques, les expertes appellent à un changement de paradigme : la femme ne doit plus seulement être une bénéficiaire des politiques publiques, mais une décideuse centrale de la transition écologique.
Les dérèglements climatiques et la dégradation de la biodiversité affectent de manière disproportionnée la gente féminine. Qu’il s’agisse de l’accès aux ressources naturelles ou de la gestion des terres, les femmes sont en première ligne des vulnérabilités environnementales. Pourtant, malgré cette exposition directe aux risques, leur implication dans les instances de décision reste un défi à relever. « A la fin, nous demandons une réelle inclusion de la femme dans la prise de décision environnementale, que ce soit au niveau local ou à l’international. Aux femmes qui me suivent, je dirais qu’en tant qu’environnementaliste, les problèmes environnementaux touche beaucoup plus la gente. Alors, je demande à toutes les femmes de s’intéresser à la cause environnementale et s’engager pour une action durable et pour un Cameroun plus prospère » a affirmé Mekwago, environnementaliste et cadre au Ministère des forêts et de la faune.
La femme, pilier de développement de l’économie verte
Dans un contexte global où l’économie circulaire, passage du “jeter” au “transformer” devient la norme, les femmes camerounaises s’imposent comme des actrices naturelles de ce changement. Historiquement liées à la gestion des ressources domestiques et agricoles, elles détiennent une expertise de terrain indispensable pour structurer ce nouveau secteur.
Selon le spécialiste en qualité, hygiène, sécurité et environnement Mengue Paulin, le constat est paradoxal : si les femmes sont les plus durement touchées par les effets du changement climatique (accès à l’eau, sécurité alimentaire, précarité énergétique), elles sont aussi les mieux placées pour porter des solutions de préservation. L’analyse des présentations révèle que la place de la femme dans l’économie verte n’est plus à démontrer, elle est à consolider. Sa capacité à innover dans l’artisanat recyclé ou l’agriculture durable montre qu’elle possède déjà les clés d’un développement local inclusif. Cependant, pour passer de la survie à la prospérité, l’adaptation est le maître-mot.
Albert BOMBA



















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