JIF 2026 au Centre hospitalier AGH : Agir pour la sécurité sanitaire des femmes et des filles

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Cette interpellation a été faite à l’endroit des professionnelles de la santé du dit centre le 6 Mars 2026 à Yaoundé lors d’une table ronde organisée en prélude à la célébration de la 41e journée internationale des droits des femmes autour du thème : « Promouvoir les droits et la santé des femmes et des filles ».

Cette initiative novatrice impulsée au sein du centre hospitalier African Genesic Heatlh vise l’amélioration des services de santé en faveur des femmes et des filles et notamment le respect de leur droit à la vie. En effet, un constat alarmant se pose le plus souvent dans les formations hospitalières : la prise en charge de la santé des femmes et des filles reste précaire en dépit des textes y relatifs. Il en va de l’accueil des malades, au respect de la femme et de la fille dans les salles d’accouchement, sans oublier le monnayage des soins.  Pour une meilleure sensibilisation des femmes en blouse blanche contre ces pratiques, 3 exposés majeurs ont été choisis pour les échanges sous la modération de Mme Mvilongo Berthe directrice des ressources humaines au Centre hospitalier African Genesic Heatlh (CH-AGH).

Le premier exposé a été mené par l’infirmière supérieure au CH-AGH Makougoum Merveille sur le sous thème : « Le droit à la santé des femmes et des filles : entre les textes et la réalité ». Dans son déroulé, elle a insisté sur le fait que le droit à la santé des femmes et des jeunes filles n’est pas une faveur mais une aspiration légitime c’est-à-dire une obligation légale. D’abord, parce que le Cameroun a ratifié un certain nombre d’instruments juridiques internationaux (La déclaration universelle des droits de l’homme, la constitution de l’OMS, le protocole de Maputo) et ensuite nationaux (La constitution, la CSU), toutes choses qui sacralisent pour l’essentiel le droit à la vie et à par ricochet l’accès égalitaire aux soins pour tous. L’oratrice a néanmoins relevé quelques barrières qui entravent encore l’applicabilité parfaite de ces droits fondamentaux à savoir les barrières financières (Pauvreté), les violences obstétricales (Insultes, négligence, agressions sur le patient) ou encore l’épineux fardeau des traditions et le consentement du conjoint. Autant de freins qui appellent à des solutions pérennes.  Il importe de ce fait de vulgariser les textes de loi en langue locale, d’accélérer la couverture santé universelle de manière efficace et transparente et d’humaniser les soins à travers la formation du personnel médical, a proposé l’infirmière.

Dans le deuxième exposé, l’infirmière supérieure au CH-AGH, Umuhoza D s’est appesantie sur le sous thème : « Les inégalités de santé : quelles réalités pour les femmes et les filles » mettant en avant les disparités d’accès aux soins chez les femmes et les filles. Il en ressort que ces dernières n’ont pas toutes les mêmes chances dans leur prise en charge sanitaire d’autant plus que les barrières sont souvent plus importantes pour les adolescentes vivantes en milieu rural que pour les femmes instruites vivant en milieu urbain. Ceci relève de la précarité, les difficultés d’accès aux soins comme les moyens de transport, le déficit d’information, la méconnaissance de leur santé reproductive, des préjugés entres autres. Des facteurs qui influencent également les taux de mortalité néo maternelle selon la position géographique des patientes.  Pour pallier ces manquements, il est impératif selon l’intervenante d’investir pour promouvoir l’égalité des soins et permettre à toutes les femmes d’avoir les mêmes droits d’accès aux soins.  Il va sans dire qu’en inversant la tendance : « Une jeune fille qui a accès aux soins est une femme qui sera moins vulnérable dans la société » conclut-elle.

La troisième et dernière intervention délivrée par docteur Kofana Fabiola médecin généraliste au CH-AGH était relative au sous thème : « Agir concrètement pour une meilleure santé des femmes et des filles ». Pour le médecin, cette action consiste à briser les inégalités aux soins pour les femmes et les filles en tenant compte des spécificités de chaque couche. Il s’agit de créer des espaces de dialogue et de soutien pour aider chacune en ce qui la concerne à surmonter ses défis.  Concrètement, Dr Kofana suggère l’excellence clinique et la spécificité féminine en brisant le biais du corps masculin de référence, tout en créant des protocoles de prise en charge des douleurs spécifiques. De plus l’hôpital doit devenir un sanctuaire de sécurité et de confiance pour les patientes.  En outre il va il faudra inclure l’éducation, l’autonomie et la souveraineté du patient afin que les femmes deviennent actrices de leur propre santé et de leur bien-être.

Au terme de cette table ronde, les actrices de la santé du CH-AGH ont pris l’engagement de prêcher désormais par le bon exemple qui se résume en un mot : Action au quotidien dans les structures sanitaires et possibilités d’amélioration perpétuelle.

Germaine Ngo Holl

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