Mine de fer de Grand-Zambi : Un consortium de 5 banques mobilise 41,2 milliards FCFA via la BEAC

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Le projet minier porté par G-Stones Resources franchit une étape décisive. Grâce à l’activation du « guichet B » de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), un pool bancaire local, notamment Afriland First Bank, CBC, CCA Bank, Bgfi Bank et UBA injecte plus de 41,2 milliards FCFA pour lancer l’exploitation du gisement de fer dans le Sud du Cameroun.

​L’exploitation minière au Cameroun change d’échelle. Le 15 décembre 2025, lors du Comité de politique monétaire (CPM) à Yaoundé, la BEAC a donné son feu vert pour un refinancement spécial. Ce dispositif, appelé « guichet B », est spécifiquement dédié au secteur productif et permet aux banques commerciales de soutenir des projets industriels d’envergure sans fragiliser leurs liquidités propres.

​Toutefois, ce soutien de l’institut d’émission est assorti de conditions strictes notamment le renforcement des fonds propres. G-Stones devra donc porter son autofinancement à 27,5 milliards FCFA ; la transparence totale dont un engagement écrit garantissant l’affectation exclusive des fonds à la construction et à l’exploitation de la mine de Grand-Zambi.

Afriland First Bank en locomotive du consortium

​Pour réunir cette enveloppe de 41,2 milliards FCFA (représentant 60 % du financement global de 68,7 milliards), cinq institutions se sont alliées. Afriland First Bank, en sa qualité de chef de file, porte l’effort principal avec une injection de 16,5 milliards FCFA.

​Le projet, piloté par l’homme d’affaires Dieudonné Bougne, repose sur un gisement solide. Avec des réserves estimées à 150 millions de tonnes (teneur moyenne de 29,45 %), G-Stones Resources dispose d’un permis d’exploitation de 14 ans.

​L’objectif industriel est de produire 1,3 million de tonnes de concentré de minerai de fer par an, destinées exclusivement à l’exportation. Sur le site, l’activité a déjà commencé : une mine à ciel ouvert a permis de constituer un stock de 600 000 tonnes de minerai brut prêt à être enrichi.

Le Port de Kribi : Le défi logistique de l’exportation

​Une question demeure : comment évacuer ce minerai alors que le port en eau profonde de Kribi ne dispose pas encore de terminal minéralier spécifique ? La direction du Port se veut rassurante. Selon Patrice Loumou, responsable de la prospective au Port Autonome de Kribi (PAK), l’extension récente du terminal à conteneurs offre la flexibilité nécessaire. « Nous sommes prêts à assurer les premières sorties », affirme-t-il, soulignant que les capacités portuaires ont triplé en sept ans.

​Au-delà de l’aspect technique, ce projet est un test pour la stratégie minière du Cameroun. Il démontre la capacité des banques locales à financer l’industrie lourde et préfigure une montée en puissance du secteur extractif dans le PIB national.

Françoise ESSONO

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