
Le ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, a lancé le 30 septembre 2026 à Yaoundé la nouvelle feuille de route conjointe de la Stratégie de coopération pays (SCP) pour les quatre prochaines années, avec pour ambition de produire un impact visible sur la santé des populations.
Cette stratégie s’arrime à la Politique nationale de développement sanitaire 2020-2030, au Cadre de coopération des Nations unies 2022-2026 et aux ODD. Dans un contexte où l’accès aux soins de santé reste un énorme défi pour les plus vulnérables, il est question de consolider les acquis et de mobiliser les ressources pour un système de santé durable et équitable, basé sur les soins de santé primaires et la santé communautaire.
Cette stratégie entend ainsi tirer les leçons du cycle précédent, au cours duquel l’OMS avait soutenu la mise en œuvre du Plan national de développement sanitaire 2021-2025, l’élaboration du premier Compact national du secteur de la santé et la reprise de la production des comptes de la santé. Son appui a contribué au renforcement des soins de santé primaires, à la vaccination de plus de 2,8 millions de personnes contre le choléra et à l’introduction du vaccin antipaludique dans 42 districts de santé.
Il faut rappeler que le Cameroun est confronté à la persistance des maladies transmissibles (paludisme, VIH, tuberculose), à la progression des maladies non transmissibles, auxquelles s’ajoutent les épidémies récurrentes et les effets du changement climatique. L’accès aux services de santé ne représente que 42 % et la résilience du système est estimée à 33 %, toutes choses qui fragilisent le système de santé.
À cet effet, la nouvelle SCP Cameroun-OMS envisage un système de santé accessible et équitable. Elle repose essentiellement sur quatre priorités redéfinies pour l’exercice 2025-2029, notamment : le renforcement de la gouvernance (amélioration du leadership, de la coordination, du financement durable et du système d’information sanitaire) ; la transformation de l’accès aux soins (amélioration de l’accessibilité et de la qualité des services, accélération de la CSU) ; la sécurité sanitaire (protection contre les épidémies, détection rapide des menaces et réponse efficace selon l’approche « Une seule santé ») ; la promotion de la santé (actions multisectorielles liées à la nutrition, à la sécurité alimentaire, à la santé mentale, à la sécurité routière et aux effets du changement climatique).
Sa mise en œuvre sera collective et fera intervenir le gouvernement, l’OMS, les partenaires techniques et financiers, la société civile, le secteur privé, les universités et les communautés. Cette stratégie devra également s’adosser à l’approche « Une seule santé », qui met en commun le triptyque santé humaine, santé animale et santé environnementale, soulignant la nécessité d’adresser les crises sanitaires dans leur globalité.
Pour le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, l’heure est désormais à l’action : « Une stratégie ne produit des changements que lorsqu’elle quitte les documents. Il s’agit de passer des orientations aux activités, des activités aux résultats, puis des résultats à un impact perceptible sur la santé des populations », a-t-il indiqué.
Pour le représentant de l’OMS au Cameroun, Dr Margaran Monzon Bagayoko, cette stratégie traduit l’engagement renouvelé de l’OMS aux côtés du Cameroun pour une riposte efficace et coordonnée. Au demeurant, seule la gestion rigoureuse des financements relatifs à la nouvelle orientation de la SCP Cameroun-OMS pourra garantir des résultats probants au bénéfice des populations.
Germaine Ngo Holl



















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