Lutte contre la rougeole et la rubéole : L’Église et l’État main dans la main pour protéger les enfants

L’école maternelle Saint-Joseph de Mvolyé à Yaoundé était l’épicentre, le 14 octobre 2026, du lancement de la campagne nationale de vaccination de suivi contre la rougeole et la rubéole, organisée avec l’appui de l’OMS, de l’UNICEF et de GAVI. Une cérémonie coprésidée par le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie et l’archevêque métropolitain de Yaoundé, Jean Mbarga.
Sous le regard de nombreux enfants, véritables cibles de la campagne, les autorités politiques, religieuses et les partenaires techniques et financiers ont lancé un appel commun à la mobilisation nationale contre la rougeole et la rubéole. Deux maladies virales et contagieuses particulièrement nocives chez les enfants de 9 à 59 mois.
De ce fait, le Dr Margaran Monzon, représentant résident de l’OMS au Cameroun, dans son propos, est revenu sur l’importance de la vaccination chez les enfants : « L’inaction ou le retard de la vaccination coûte infiniment plus cher que l’achat et l’administration d’une dose de vaccin », a-t-il martelé. Les conséquences sont à la fois humaines et économiques. Chez les enfants, la rougeole peut entraîner des complications graves, parfois mortelles : des pneumonies, des atteintes neurologiques, la cécité ou encore l’aggravation de la malnutrition.
En ce qui concerne la rubéole, lorsqu’elle intervient pendant la grossesse, elle provoque des malformations cardiaques, des risques sur les yeux, le cerveau, la surdité et bien d’autres handicaps.
En plus de ce coût humain, les dépenses liées à l’inaction sont catastrophiques pour les ménages, car ceux-ci utilisent la plupart de leurs ressources pour les besoins médicaux. On peut noter également un impact sur la productivité et sur l’activité économique.
Au-delà, le Dr Margaran Monzon insiste : « Le coût pour le système de santé, la prise en charge des épidémies sature les hôpitaux, mobilise des ressources d’urgence qui auraient pu être allouées à d’autres priorités sanitaires et fragilise notre architecture de soins. » Il a précisé que c’est pour cette raison que le Cameroun a opté pour la Couverture santé universelle (CSU) afin de briser les barrières financières et ces dépenses exorbitantes en santé.
Dans son allocution, l’archevêque métropolitain de Yaoundé a réaffirmé l’engagement de l’Église catholique aux côtés de l’État pour la santé intégrale des populations : « L’Église restera une sentinelle de paix, un bâtisseur de ponts et un guide pour les consciences et pour la santé totale et intégrale de nos populations », a déclaré Jean Mbarga.
Le prélat a ensuite souligné que protéger les enfants est désormais un devoir impératif, citant l’interpellation inscrite dans le livre des Proverbes : « Instruis l’enfant selon la voie qu’il doit suivre ; et même quand il vieillira, il ne s’en détournera pas. »
Aussi, face à deux pathologies graves qui se propagent rapidement et mettent en danger les plus vulnérables, l’archevêque s’est engagé à « relayer une information fiable, faciliter l’accès dans nos structures, encourager le dialogue et soutenir les initiatives qui servent la vie et le bien commun ».
Aucun enfant ne doit être laissé de côté
Pour le ministre de la Santé publique, cette campagne dépasse le simple cadre médical. C’est un choix de société et un engagement politique voulu par le président Paul Biya, qui a fait de la vaccination une priorité nationale. « Protéger un enfant contre la rougeole et la rubéole, c’est préserver le capital humain sur lequel repose l’avenir de notre nation », a souligné le Dr Manaouda Malachie.
Le ministre a fait de cette campagne une exigence d’équité : « Qu’ils vivent en ville ou en zone rurale, dans une localité enclavée ou dans une région éprouvée par l’insécurité, chaque enfant camerounais a le même droit d’être protégé. Aucun enfant ne doit être laissé de côté simplement pour son lieu de naissance, son statut social, ou même sa chapelle politique et religieuse », a-t-il souligné.
Dans un hommage appuyé à l’Église catholique, aux communautés musulmane et protestante, aux chefs traditionnels et à la société civile, le Minsante a salué une parole « écoutée et respectée » qui constitue un rempart contre la désinformation.
Poursuivant son discours, il a appelé les maires à faire de la vaccination une priorité communale et a interpellé à leur tour la responsabilité des médias : « Il n’y a pas de vaccin pour l’Europe, il y a un vaccin pour l’être humain. Votre rôle est grand pour faire triompher l’information juste sur les rumeurs. »
Manaouda Malachie a enfin lancé un appel aux parents, gardiens et responsables d’enfants de 9 à 59 mois à se rendre massivement dans les formations sanitaires pour faire vacciner gratuitement leurs enfants : « Chaque enfant vacciné est une famille protégée. Chaque enfant vacciné est une nation plus forte », a-t-il conclu.
Germaine Ngo Holl



















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