Commerce de la corne de rhinocéros : L’EIA rejette le verdict de l’Afrique du Sud

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En 2025, une décision de justice rendue en Afrique du Sud a semé la consternation et l’inquiétude au sein de la communauté de protection des rhinocéros qui semblait autoriser des particuliers à exporter des cornes de rhinocéros en s’appuyant sur une obscure exception aux règles du commerce international. Environmental Investigation Agency (EIA) dans un rapport publié en décembre 2025, rejette fermement cette décision qui ne fera qu’alimenter la demande et aggraver le danger pour les populations de rhinocéros à l’échelle mondiale en encourageant le braconnage et en compromettant des années d’efforts pour réduire la demande et modifier les comportements des consommateurs.

Selon l’EIA, ce jugement de la Haute Cour de la province du Cap-Nord était totalement inattendu et pourrait avoir des conséquences désastreuses pour les populations de rhinocéros, non seulement en Afrique du Sud, mais aussi dans toute l’Afrique et en Asie. Le gouvernement a fait appel, mais l’issue du procès reste incertaine. On dénombre à ce jour pas moins de dix tentatives pour lever l’interdiction du commerce de la corne de rhinocéros, émanant de pays espérant tirer profit des exportations commerciales tout en minimisant les risques bien réels que l’autorisation de ce commerce ferait peser sur les populations de rhinocéros sauvages. Selon l’EIA, la communauté internationale a rejeté toutes les propositions visant à modifier l’inscription des rhinocéros à l’Annexe de la CITES afin d’autoriser le commerce international de la corne de rhinocéros.

Les partisans du commerce affirment que la réduction de la demande est vaine et que le commerce légal remplacera le commerce illégal en offrant une alternative à la corne issue du braconnage. L’EIA rejette catégoriquement ce raisonnement fondamentalement erroné. Comme l’ont démontré les tentatives passées de commercialisation de la corne de rhinocéros, le commerce légal ne fera qu’alimenter la demande et aggraver le danger pour les populations de rhinocéros à l’échelle mondiale en encourageant le braconnage et en compromettant des années d’efforts pour réduire la demande et modifier les comportements des consommateurs.

Notons que le commerce de la corne de rhinocéros représente une grande menace pour les rhinocéros sauvages. Cette grande menace a conduit les gouvernements du monde entier à interdire ce commerce international en 1977. Malheureusement, il a fallu 15ans d’attente pour que les marchés intérieurs légaux de la corne de rhinocéros soient définitivement fermés dans les pays consommateurs. C’est dans l’annexe 1 de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) que cette interdiction a été mise en œuvre.

En revanche, les espèces inscrites à l’Annexe II peuvent faire l’objet d’un commerce, sous réserve de l’obtention des autorisations requises. Avant de délivrer un permis d’exportation, un gouvernement doit procéder à une vérification préalable afin de s’assurer que le spécimen commercialisé a été acquis légalement et que ce commerce ne compromet pas la survie de l’espèce à l’état sauvage. La population de rhinocéros blancs d’Afrique du Sud est techniquement inscrite à l’Annexe II, mais une mention limite le commerce aux animaux vivants et aux trophées de chasse ; les cornes de rhinocéros sont donc soumises à la réglementation de l’Annexe I.

Albert BOMBA

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