Épidémie de Mpox : 5 nouveaux cas détectés à Madagascar

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La ministre de la Santé publique, Dr Monira Managna, a annoncé dans la soirée du 30 décembre 2025 que 5 cas de Mpox (anciennement appelée variole du singe) ont été détectés à Mahajanga, une capitale régionale située sur la côte nord-ouest de Madagascar. Les résultats des analyses effectuées par le LA2M et l’Institut Pasteur de Madagascar ont confirmé la présence de la maladie. 

À Madagascar, les autorités sanitaires réagissent face à l’apparition de cas de Mpox dans le pays. Masques, lavage des mains, gestes barrières… à la gare routière Maki d’Antananarivo, les passagers s’adaptent à ces nouvelles mesures pour limiter la propagation du virus.

La prise en main et la surveillance des victimes et des personnes en contact avec elles ont été immédiates. Un centre opérationnel d’urgence en santé publique, à titre de mesure préventive pour stopper à temps l’éventuelle propagation de l’épidémie sur le territoire, est mis en place, alors que le ministère s’est dépêché pour mettre à jour le Plan national de contingence. L’isolement des cas suspects est ainsi appliqué sur le champ. Les professionnels de la santé assurent que cette maladie est entièrement guérissable et exhortent la population à faire preuve de vigilance et de sérénité. En décrivant les signes et les voies de contagion de la maladie par contact direct et relation sexuelle, la ministre a exhorté ceux ayant des symptômes suspects à se présenter sans délai au centre médical. Elle a également souligné l’importance cruciale de rétablir les mesures de précaution familières lors des périodes de COVID-19.

Étant donné qu’il s’agit d’une zoonose, cette situation devrait inciter les défenseurs de l’environnement à faire preuve de plus de vigilance. Le Pr Jonah Ratsimbazafy, qui préside le Groupe d’étude et de recherche sur les primates de Madagascar (GERP), a déclaré à Mongabay que plus de quarante maladies se transmettent entre les humains et les primates non humains. « La présence de la maladie n’empêche pas les gens de s’échanger des vêtements ou d’autres effets personnels à cause de la pauvreté. A l’étranger, les habitants s’isolent d’eux-mêmes dès qu’ils sont malades, afin de ne contaminer les autres », a-t-il déclaré.

Il précise également qu’il est essentiel d’intensifier les mesures lors des visites dans les parcs afin d’éviter tout contact entre les humains et les animaux sauvages, en particulier les lémuriens qui ne vivent qu’à Madagascar et constituent 20 % de la population mondiale de primates non humains. Selon la perspective One Health, plus de 70 % des maladies chez l’homme proviennent du contact avec les animaux. Selon l’expert, les primates tels que les lémuriens et les humains partagent une ascendance commune. Les gènes des prosimiens, des simiens et des humains sont étroitement liés. Leur nombre de chromosomes est similaire. Cette similarité génétique les rend susceptibles de se contaminer réciproquement.

Le ministre de l’Environnement et du développement durable de Madagascar, Michaël Rafanomezantsoa Manesimanana a précisé l’urgence de mobiliser son équipe et les scientifiques autour des mesures qui s’imposent face à la situation donnée. Il est favorable à la mise en place en urgence d’une cellule de crise.

Rappelons qu’en aout 2024, l’épidémie de Mpox a été déclaré urgence de santé publique de portée continentale en Afrique par le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC), et de portée internationale par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Selon Africa CDC Epidemic Intelligence Report du 24 décembre 2025, 179 478 cas suspects ont été recensés et le Mpox a tué 807 humains, soit une mortalité de 0,45 %, dans plusieurs pays en Afrique subsaharienne tout au long de l’année 2025. Notons que les cas récemment signalés à Madagascar n’y ont pas encore été calculés.

Jean NDI 

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