Infestation acridienne : La FAO alerte sur la menace des criquets pèlerins dans les régions africaines

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Le bulletin de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) du 6 mars 2026 confirme une aggravation de l’infestation acridienne dans plusieurs régions africaines. Avec la migration de groupes d’adultes vers le nord et les îles Canaries, la vigilance est de mise pour la période allant jusqu’à la mi-avril 2026.

En février 2026, la région Occidentale a été le théâtre d’une intensification de l’activité acridienne. Contrairement aux régions Centrale et Orientale qui restent relativement calmes, le foyer maghrébin inquiète les experts.

Au Sahara occidental et Sud du Maroc, l’infestation reste grave. Des groupes d’adultes immatures se sont déplacés, ont mûri et ont commencé à se reproduire. Des groupes de criquets ont atteint les îles Canaries (Espagne) et l’ouest de l’Algérie (secteur de Tindouf). Quelques essaims ont également quitté la Mauritanie pour remonter vers le nord. Selon la FAO, sur les 34 564 hectares traités en février, la quasi-totalité de l’effort de lutte a été concentrée au Maroc (34 537 ha).

Analyse par Zones Géographiques

La reproduction a officiellement repris. La FAO affirme que les pluies légères enregistrées dans l’Anti-Atlas et les vallées du Souss, Massa et Draa au Maroc ont maintenu une végétation verte favorable au développement des larves. Des vents d’Est ont transporté poussière et criquets vers les Canaries le 24 février. Si la Mauritanie s’assèche, le nord du Sahara occidental et le sud du Maroc offrent des conditions idéales pour les essaims.

Région Centrale : Situation sous contrôle

L’activité est restée limitée à des individus isolés et dispersés. Au Soudan et en Égypte, on observe la présence d’adultes isolés dans les zones irriguées. En Arabie Saoudite, la végétation verdit à l’intérieur des terres (Gassim, Hail), ce qui pourrait favoriser une reproduction printanière à petite échelle si les pluies surviennent. « En février, les pluies hivernales sont restées rares le long de la zone de la mer Rouge et dans la plupart des parties de la région. Au cours de la première décade, de faibles pluies sont tombées très localement à quelques endroits le long de la côte de la mer Rouge au Soudan et le long des côtes du golfe d’Aden au Yémen et en Somalie. Des pluies faibles à modérées sont également survenues à l’intérieur de l’Arabie Saoudite. Pendant la deuxième décade, de faibles pluies ont été enregistrées dans le nord de l’Égypte. Lors de la troisième décade, de très faibles pluies sont tombées le long de la côte de la mer Rouge en Érythrée. La végétation est restée verte dans les zones irriguées et à quelques endroits dans le sud-est de l’Égypte. La végétation a commencé à sécher le long de la côte nord et centrale de la mer Rouge au Soudan et le long du Wadi Diib, mais est restée verte dans la partie sud de la côte de la mer Rouge » affirme la FAO dans son rapport.

Région Orientale : Calme plat

Aucun signalement de criquet en Inde ou au Pakistan. En Iran, malgré une végétation verte dans le sud, aucune menace immédiate n’est détectée. « Conditions météorologiques et écologiques en février 2026 En février, des pluies sont tombées dans les zones de reproduction printanière. Au cours de la première décade, des pluies faibles à modérées sont tombées en Iran le long des côtes sud-ouest et sud-est, tandis que de faibles pluies ont eu lieu au Baloutchistan, au Pakistan. Pendant la deuxième décade, les pluies légères ont continué en Iran et ont légèrement augmenté au Baloutchistan. Lors de la troisième décade, seules de très faibles pluies ont été enregistrées dans le sud-ouest de l’Iran. En Inde, la végétation était en train de sécher ou déjà sèche au Rajasthan et au Gujarat. En Iran, la végétation était principalement en train de verdir ou verte dans les régions du sud et au Sud Khorasan » peut-on lire dans le rapport de la FAO

Prévisions et Risques (Mars – Mi-Avril 2026)

Le risque majeur réside dans la formation de nouveaux groupes et bandes de larves. Au Maroc et Algérie par exemple, une nouvelle migration vers le nord de petits essaims est attendue. La reproduction devrait s’intensifier, nécessitant une surveillance accrue. En Égypte, au Soudan et au Yémen, une reproduction printanière est possible mais restera probablement à petite échelle, sous réserve de précipitations futures.

Recommandations Stratégiques

Face à cette menace, la FAO préconise trois leviers d’action immédiats notamment une surveillance continue pour intensifier les prospections terrestres, particulièrement au Maroc et en Algérie ; le maintien des capacités de lutte pour soutenir les opérations de traitement chimique pour prévenir la formation d’essaims massifs ; la coordination régionale pour partager les données de vent et de mouvements d’essaims entre les pays limitrophes du Sahara occidental.

Albert BOMBA

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