1er forum national sur la sécurité routière : Le Digital, un levier pour la coordination des interventions d’urgence

0
7

Entre 2011 et 2024, le nombre d’accidents sur les routes camerounaises est passé de 3 525 à 1 781, témoignant des efforts consentis par le gouvernement pour une baisse considérable de ce fléau. Cependant, la situation reste préoccupante en ce qui concerne la riposte : le pays se caractérise par une multiplicité d’intervenants institutionnels et privés dans la sécurité routière, dont les actions restent souvent fragmentées, isolées, insuffisamment coordonnées et peu visibles.

C’est pour pallier ce type de dysfonctionnement que le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe, en collaboration avec le ministre des Travaux publics et sous financement de la Banque mondiale, préside, du 29 au 30 avril 2026, au palais polyvalent des sports de Yaoundé, la toute première rencontre du genre en Afrique francophone. Celle-ci réunit des administrations publiques, des partenaires techniques et financiers, des entreprises de transports routiers ainsi que des organisations de la société civile pour une réflexion holistique sur le thème « L’intelligence artificielle au service de la sécurité routière ».

Cette rencontre de deux jours intervient dans le contexte de mise en œuvre du plan d’action national de la sécurité routière et en réponse aux engagements du Cameroun vis-à-vis de la décennie d’action onusienne 2021-2030, dont l’objectif central est de réduire de 50 % le nombre de morts et de blessés sur les routes d’ici 2030.

Ce forum va permettre de dresser le bilan des actions actuelles pour forger des partenariats multisectoriels s’appuyant sur quatre leviers stratégiques majeurs : la mobilisation, la coopération, l’influence et le plaidoyer, afin d’instaurer in fine un modèle économique durable pour la sécurité routière au Cameroun.

S’appuyant sur les opportunités offertes par le digital et les nouvelles technologies, le forum entend ancrer la sécurité routière dans l’ère numérique en intégrant des solutions innovantes dans tous les maillons de la chaîne : infrastructure, formation, contrôle, post-accident et sensibilisation. Il s’articule autour de 7 composantes majeures conçues pour couvrir à la fois les dimensions institutionnelle, citoyenne et humaine de la sécurité routière, à savoir : la cérémonie d’ouverture officielle, les conférences et ateliers thématiques, des stands d’exposition, une caravane de sensibilisation, une candle light ceremony et des awards sur la sécurité routière.

Pour Jean Todt, envoyé spécial du secrétaire des Nations unies pour la sécurité routière, pour atteindre les objectifs escomptés, il faut des politiques plus fortes, des investissements durables, des infrastructures plus sûres et une application des règles appuyée par l’innovation et la coopération. En rapport avec la thématique, il indique : « L’intelligence artificielle peut contribuer à sauver des vies, elle peut aider à identifier les anomalies, à réduire les erreurs humaines et à renforcer les interventions d’urgence. Et pour beaucoup, la technologie de pointe reste hors de portée. Nous devons également donner la priorité aux comportements responsables des usagers de la route et à des infrastructures plus sûres. Je me réjouis de voir que le Cameroun fait preuve de leadership et de responsabilité en matière de sécurité routière à travers ce forum ». 

Il appelle d’ailleurs les différentes parties prenantes à l’action : « Chacun a un rôle à jouer. Chaque décision prise aujourd’hui peut éviter une tragédie demain. Chaque retard coûte des vies. Les routes ne doivent plus être des nids de morts ». 

Il faut dire que le plan d’action 2021-2030 souligne en effet l’importance d’une approche holistique de la sécurité routière, exigeant des améliorations continues dans la conception des routes et des véhicules, l’amélioration des lois et leur application, sur les risques comportementaux, tels que la vitesse excessive et l’alcool au volant, la fourniture des soins d’urgence rapides et vitaux aux blessés.

Le Cameroun, par la voix du ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe, revendique des efforts notables dans la prévention et la sécurité routière sous les hautes orientations du président Paul Biya : “À cet effet, le rapport de la situation globale des accidents indique qu’au Cameroun, entre 2011 et 2024, le nombre d’accidents est passé de 3 525 à 1 781, quant au nombre de blessés, il est passé de 5 581 à 1 906. Et enfin, en ce qui concerne les décès, il est passé dans la même période de 1 781 à 678. Cette amélioration a été consentie par toutes les administrations sectorielles. Toute chose qui a valu au Cameroun d’être classé par l’OMS parmi les douze pays exemplaires en Afrique en matière de sécurité routière et de glaner de nombreux lauriers à l’international, à l’instar du prestigieux prix Koffi Annan obtenu à Marrakech en septembre 2023”.

Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe a notamment salué les efforts des services comme la Primature pour avoir tenu 2 sessions de la CONAROUTE, la Gendarmerie nationale, la Police, le ministère des Travaux publics, le ministère de la Santé publique, les collectivités territoriales décentralisées, le ministère des Relations extérieures, ceux de l’Éducation et bien d’autres ayant contribué à une telle régression des accidents à travers des dispositifs techniques et opérationnels efficaces.

Cependant, le pays ne saurait s’endormir sur ses lauriers, d’autant plus que la perte des vies humaines sur les axes routiers génère encore un coût économique et social considérable. Jean Todt, du système des Nations unies, formule pour cela un message clair : « Ensemble, transformons les routes en espaces d’opportunités et apportons enfin une réponse à cette pandémie ». 

Ce Forum permettra donc à terme d’identifier les insuffisances et de formuler des recommandations concrètes pour un avenir routier plus sûr avec le recours à l’intelligence artificielle.

Germaine Ngo Holl

Leave a reply