Changement climatique : L’aide internationale face au mur du climat des +2,9 °C

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Avec une trajectoire de réchauffement estimée à +2,9 °C d’ici la fin du siècle, le système de solidarité internationale vacille. Face à l’intensification des crises humanitaires et sociales, une étude récente publié par le Groupe URD et réalisé dans le cadre du projet « Apprendre et innover face aux crises » explore la capacité de résilience des organisations de solidarité internationale (OSI). Le verdict suggère que si la conscience est là, la structure, elle, accuse un retard périlleux.

Depuis 2020, les organisations ont largement investi le champ de l’atténuation (réduction de l’empreinte carbone). Cependant, l’adaptation, c’est-à-dire l’ajustement des systèmes aux chocs climatiques actuels et futurs peine à devenir une priorité transversale.

L’étude révèle que l’adaptation reste trop souvent cantonnée à des projets pilotes ou à des initiatives sectorielles isolées. Elle n’est pas encore intégrée comme une variable fondamentale dans la conception même de l’aide sur le long terme.

Une prise de conscience fragmentée

Le secteur de la solidarité internationale traverse une phase de transition inégale. La question climatique est souvent portée par des référents climat ou des profils techniques, sans que cela ne contamine l’ensemble de la vision institutionnelle des ONG. Peu d’organisations ont entamé la mue nécessaire pour opérer dans un monde à +2 °C. La réflexion sur la continuité des opérations (sécurité des équipes sur le terrain, chaînes d’approvisionnement face aux catastrophes) est jugée très limitée.

L’étude pointe plusieurs obstacles majeurs. Au-delà des contraintes financières évidentes, il existe des freins cognitifs notamment la difficulté de se projeter dans un futur où certains territoires atteindront des seuils d’habitabilité critiques.

De plus, des angles morts éthiques persistent. Le secteur peine à interroger ses propres responsabilités historiques et à reconnaître que, dans certaines régions du globe, l’adaptation ne sera tout simplement plus possible.

Vers une transformation radicale ?

Repenser l’aide internationale exige de sortir de la logique du projet pour entrer dans celle de la transformation structurelle. Cela implique de revoir la gestion des risques climatiques à tous les niveaux de l’organisation et d’intégrer les limites de l’adaptation dans les choix stratégiques géographiques.

L’enjeu est de taille : éviter que le système d’aide ne devienne lui-même une victime de l’instabilité climatique qu’il tente de combattre.

Albert BOMBA

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