Certification de la pair éducation : Vers la reconnaissance officielle d’un métier de Pair Educateur

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En prélude à la 12ème conférence internationale francophone sur le Vih, les hépatites, la santé sexuelle et les infections émergentes, Fierté Afrique francophone en collaboration avec Coalition Plus et Affirmative Action a organisé une conférence de presse le 15 avril 2024 à Yaoundé.

Présenter le rôle clé des agents de santé communautaire dans la lutte contre les épidémies ; Interroger la position des partenaires clés de la lutte contre le SIDA sur les enjeux de certification des Pairs éducateurs ; Présenter les difficultés auxquelles les agents de santé communautaires font face sur le terrain ; Faire un inventaire des préalables et des prochaines étapes pour la reconnaissance effective des agents de santé communautaire et du rôle du dépistage communautaire. Tel était l’objectif de cette rencontre organisée dans la ville aux sept collines.

Dans le contexte de la lutte contre le VIH, la pair éducation est largement utilisée comme une stratégie efficace pour sensibiliser les populations vulnérables, prévenir la transmission du virus, encourager le dépistage et l’accès aux soins, ainsi que pour lutter contre la stigmatisation et la discrimination liées au VIH. Selon le responsable plaidoyer et bureau Afrique de Coalition Plus Pape Abdoulaye Deme, les pairs éducateurs sont véritablement les maillons essentiels de la lutte contre le VIH. « Nous savons tous que les pairs éducateurs sont véritablement les maillons essentiels de la lutte contre le VIH mais aussi dans d’autres domaines de la santé, ils jouent un rôle important, les données et les statistiques au niveau mondial que l’ont prouvé. Il y a toutes les évidences qui montrent aujourd’hui le rôle important que ces pairs éducateurs jouent. Donc nous sommes dans un chantier global qui fait intervenir beaucoup de partenaires techniques et financiers vers la reconnaissance de ce métier de pair éducateur. Donc pour arriver déjà à cette reconnaissance officielle, il y a beaucoup d’étapes. Nous avons mis en place des initiatives comme une task force régionale qui va aujourd’hui soutenir le plaidoyer que nous faisons. Nous avons également prévu de travailler avec des institutions d’État de formation au niveau régional qui aujourd’hui vont pouvoir offrir ces certifications, reconnaître et donner toute la garantie nécessaire pour ce métier et au bénéfice des pairs éducateurs » a-t-il déclaré à la presse.

Notons que les pairs éducateurs sont des agents de santé communautaires, des agents de terrain provenant des groupes de population clés. Ils jouent un rôle crucial dans toute la chaîne de soins, de la prévention au suivi des individus, en travaillant directement avec les populations clés. Les pairs éducateurs sont confrontés à de nombreux défis comme la non-reconnaissance officielle du statut des pairs éducateurs, les bas salaires et une précarité considérable qui a pour conséquence un impact négatif sur la pérennité et l’efficacité de leurs actions. « Les pairs éducateurs sont ceux qui permettent aux personnes les plus marginalisées et les plus vulnérables au VIH de pouvoir accéder au service. Plus ça va, plus on a besoin de centrer justement les services sur ces personnes-là qui sont celles qui jusque-là n’avaient pas accès aux services pour différentes raisons. Donc en fait, ça rend le rôle des pères éducateurs encore plus important et ça rend leur intervention encore plus large aussi parce que la réponse au VIH évolue, ça rend leur rôle encore plus difficile en termes aussi d’expositions à différentes formes de violence et de stigmatisation. On a entendu beaucoup de la part des pairs éducateurs qui étaient présents aujourd’hui et donc tout ça remet au centre le besoin d’avoir des pairs éducateurs qui soient protégés, les pairs éducateurs qui soient protégés par leur formation et par les systèmes qui sont mis en place, on parle de certification qui s’inscrit dans le cadre d’avoir un travail digne d’avoir un travail protégé » déclare Kouton Mach-Houd, Conseiller régional du Bureau Sida pour l’Afrique de l’Ouest.

Recommandations des pairs éducateurs                                               

Les pairs éducateurs exhortent aux pouvoirs publics à garantir l’efficacité et l’impact de leur travail en appliquant les recommandations internationales sur la reconnaissance des pairs éducateurs dans les systèmes de santé publics ; traduire les recommandations de l’OMS de 2018 relatives à la formation et la contractualisation des agents de santé dans les législations, en faisant respecter la Déclaration universelle des Droits humains de l’ONU, notamment son article 23 qui stipule que « Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi et à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s’il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale ».

Les pairs éducateurs réclament aussi la certification du métier dans le but de garantir la qualité des pratiques et la sécurité des pairs éducateurs. « Nous nous engageons à respecter les critères et les normes fixés par les organismes compétents pour obtenir cette certification. Cela inclut, sans être exhaustif, la formation initiale, la formation continue et l’acquisition des compétences nécessaires pour exercer en tant que pair éducateurs. En nous engageant pour la certification du métier lié à la pair-éducation, nous aspirons à être reconnus officiellement comme des intervenants de santé à part entière, qui contribuent à l’amélioration du bienêtre et de la qualité de vie des personnes que nous accompagnons. En conclusion, en nous soutenant et en répondant favorablement à notre appel à certifier le métier de la pair-éducation, nous pourrons relever les défis auxquels nous sommes confrontés et continuer à apporter la contribution précieuse dans notre domaine, contribution largement reconnue par ONU Sida, le Fonds mondial, Pepfar et autres partenaires, et permettre d’atteindre les objectifs internationaux de 2030. Nous sommes fiers de notre expertise de pair éducateurs et nous défendons la nécessité de sa reconnaissance institutionnelle » ont-ils martelé.

A.B

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