Eau potable : Le Cameroun lance un vaste projet de modernisation du réseau de Yaoundé à près de 117 milliards de FCFA

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Le gouvernement camerounais a franchi une nouvelle étape dans l’amélioration de l’accès à l’eau potable dans la capitale. Le 25 juin 2026, la cérémonie de pose de la première pierre du projet de reconfiguration et de modernisation du réseau d’alimentation en eau potable de Yaoundé a marqué le démarrage officiel d’un chantier de 116,8 milliards de FCFA destiné à adapter les infrastructures de distribution aux nouvelles capacités de production de la ville. 

Après avoir considérablement renforcé sa capacité de production d’eau potable grâce à la mise en service de nouvelles infrastructures, Yaoundé s’attaque désormais au maillon jugé le plus fragile de la chaîne : son réseau de distribution. D’une durée de 36 mois, le projet de reconfiguration et de modernisation du réseau d’alimentation en eau potable vise à absorber efficacement les importants volumes d’eau issus des stations de Batchenga, de la Mefou et d’Akomnyada, afin d’assurer un approvisionnement continu des populations.

À terme, les autorités ambitionnent de porter la capacité opérationnelle du réseau à 450 000 m³ d’eau par jour, tout en garantissant une pression minimale de 1,5 bar, condition indispensable pour alimenter correctement les quartiers situés sur les hauteurs de la capitale. 

Adapter le réseau aux nouvelles capacités de production 

Selon les responsables du projet, les infrastructures de distribution actuelles ne permettent plus d’exploiter pleinement les capacités de production disponibles depuis la mise en service, en août 2024, du Projet d’alimentation en eau potable de Yaoundé et ses environs (PAEPYS). Grâce à cette infrastructure, la ville dispose aujourd’hui d’une capacité de production d’environ 485 000 m³ par jour, alors que la demande quotidienne est estimée à près de 350 000 m³, générant ainsi un important surplus qui ne peut être distribué efficacement en raison des limites techniques du réseau existant. 

Pour le Directeur général de la CAMWATER et maître d’ouvrage délégué du projet, Dr Blaise Moussa, le lancement des travaux marque une étape décisive. « La cérémonie qui nous réunit ce jour représente l’achèvement d’un long processus, mais surtout le démarrage d’une grande opportunité, en vue de la mise en œuvre d’actions fortes pour la satisfaction des besoins de nos populations », a-t-il déclaré. 

Trois nouveaux réservoirs et plus de 500 kilomètres de conduites 

Le projet, confié aux groupements PUTMAN/PHOENIX ENVIRONNEMENT, ASPAC TECHNICS et GRUPPO ATURIA, prévoit une profonde transformation du système de distribution d’eau de la capitale. Les travaux comprennent notamment la construction de trois grands réservoirs à Abomé, Zibi et Minkoameyos, dotés de capacités respectives de 5 000 m³, 4 500 m³ et 3 750 m³. Le chantier prévoit également la création de nouvelles stations de pompage et de surpression ainsi que la restructuration complète des zones de distribution afin d’améliorer la desserte des quartiers périphériques. 

Au total, 170 kilomètres de réseau primaire et secondaire seront construits ou réhabilités, auxquels s’ajouteront 300 kilomètres de réseau tertiaire destinés à étendre la couverture du service. Le remplacement des anciennes conduites en fonte grise et en acier, particulièrement sujettes aux fuites, figure également parmi les priorités du projet. À cela s’ajoute la réalisation de 30 000 nouveaux branchements, destinés à améliorer l’accès direct des ménages à l’eau potable. 

Un investissement de près de 117 milliards de FCFA 

Le coût global du projet est estimé à 116,77 milliards de FCFA. Le financement est assuré conjointement par l’État du Cameroun, ING Banque, Belfius Banque et Deutsche Bank.

Au-delà de l’amélioration du service aux usagers, les responsables du projet estiment que cette modernisation permettra d’accroître significativement les performances techniques et financières de la CAMWATER. Le rendement du réseau devrait ainsi passer de 52 % à 75 %, réduisant considérablement les pertes d’eau enregistrées sur le réseau actuel. Cette amélioration devrait également se traduire par une hausse estimée à 60 % du chiffre d’affaires de la CAMWATER dans la zone de Yaoundé. 

Une réponse durable à la croissance de la demande 

Pour le Directeur général de la CAMWATER, les différentes opérations ponctuelles réalisées jusqu’ici ont certes permis d’améliorer progressivement l’accès à l’eau potable, mais elles restent insuffisantes face à l’urbanisation rapide de la capitale. « C’est donc pour adresser durablement cette épineuse question que le projet de reconfiguration du système d’alimentation en eau potable de la ville de Yaoundé a vu le jour, après Très Haut Accord du Chef de l’État », a expliqué Dr Blaise Moussa. 

Selon lui, la création de nouvelles zones de distribution à Abomé, Zibi et Minkoameyos permettra d’alléger les réseaux actuels devenus trop étendus et d’améliorer la qualité du service dans plusieurs quartiers de Yaoundé. 

Présidant la cérémonie, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective pour garantir la réussite de ce projet structurant. « En vue de la pleine réussite de cet investissement, j’exhorte les différentes parties prenantes à travailler main dans la main et en parfaite synergie afin de faciliter l’exécution des prestations sur le terrain », a-t-il déclaré. 

Le membre du gouvernement a également invité les autorités administratives, les collectivités territoriales, les autorités traditionnelles, les élites locales ainsi que l’ensemble des forces vives concernées à accompagner les entreprises en charge des travaux afin de favoriser leur bonne exécution. 

Avec ce vaste chantier, le gouvernement entend répondre durablement aux difficultés d’approvisionnement en eau potable que connaissent de nombreux quartiers de Yaoundé. Une fois achevé, le projet devrait permettre d’améliorer sensiblement la qualité du service, de réduire les pertes sur le réseau et d’offrir à la capitale un système de distribution capable de répondre à ses besoins pour les prochaines décennies. 

Albert BOMBA

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