Electricité : 13 milliards de FCFA de déficit mensuel hérité par Socadel

Le passage de témoin entre Eneo et la Socadel ne se fait pas dans la sérénité comptable. Selon le Plan de restructuration d’Eneo 2026-2028, le modèle économique actuel de la distribution d’électricité est structurellement déficitaire, compromettant la stabilité énergétique du pays. En outre, « chaque mois, on enregistre un écart entre les recettes collectées et les dépenses à couvrir qui s’élève à 13 milliards de FCFA en moyenne », illustre le Plan.
Le déséquilibre financier du secteur repose sur un écart systématique entre ce que la société facture et ce qu’elle parvient réellement à encaisser. Chaque mois, la facturation réelle s’élève à environ 40 milliards de FCFA. Cependant, en bout de chaîne, seuls 31 milliards entrent effectivement dans les caisses, soit un taux de recouvrement de 77,5 %. Ce niveau de performance, jugé très faible par le Plan de restructuration d’Eneo 2026-2028, est d’autant plus problématique que les charges mensuelles décaissables, elles, ne faiblissent pas et atteignent 44 milliards de FCFA.
Radiographie de la facturation et des impayés
Le manque à gagner provient de plusieurs segments de clientèle, dont certains sont stratégiques et répartit de manière suivante : pour les ménages et industriels, 33 milliards de FCFA de facturation ; pour les administrations et collectivités, 3 milliards de FCFA ; pour les entités publiques dont Alucam, Camwater, Sonara, hôpitaux, 3,5 milliards de FCFA ; pour les autres clients particuliers en haute tension, notamment les cimentiers, 0,5 milliard de FCFA.
Le défi de la Socadel sera de transformer ces factures en liquidités réelles, notamment auprès des entités publiques et des administrations, souvent pointées du doigt pour leurs retards de paiement.
Face à ces recettes insuffisantes, la structure des dépenses mensuelles (44 milliards de FCFA) révèle la complexité de l’exploitation. Elles se ventilent comme suit : 4 milliards de FCFA pour le combustible ; 24 milliards pour les achats d’énergie ; 11 milliards pour les charges fixes d’exploitation ; 1 milliard pour les charges financières ; 1,7 milliard pour les charges diverses ; et 2 milliards de FCFA au titre de l’impôt sur le revenu.
L’urgence d’une restructuration profonde
Pour que la Socadel puisse simplement atteindre l’équilibre, elle doit impérativement trouver 13 milliards de FCFA supplémentaires chaque mois. Sans une amélioration radicale du taux de recouvrement et une optimisation des coûts d’achat d’énergie, le remplacement d’Eneo par la Socadel risque de n’être qu’un changement de nom sans impact sur la qualité du service.
La mise en œuvre du plan 2026-2028 sera donc le véritable test pour la Socadel : parviendra-t-elle à résorber une dette abyssale de 850 milliards tout en garantissant la lumière aux Camerounais ? Au-delà du changement de sigle, c’est une véritable thérapie de choc financière que la Socadel devra administrer pour sortir le secteur électrique de l’obscurité budgétaire.
Jean NDI



















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