Changement climatique : Un nouveau facteur de risque pour l’AVC

Selon une revue de recherches menée en collaboration avec la World Stroke Organization, l’instabilité croissante du climat, canicules, tempêtes de sable et variations brutales de pression pourrait être directement liée à une augmentation du risque d’Accidents Vasculaires Cérébraux (AVC). Une découverte qui place la crise environnementale au cœur des enjeux de neurologie mondiale.

L’AVC est déjà la troisième cause de décès et de handicap dans le monde, touchant un adulte sur quatre au cours de sa vie. Mais alors que les facteurs de risque classiques (hypertension, tabagisme, sédentarité) sont bien connus, les scientifiques s’inquiètent désormais de l’impact de notre environnement.

Bien que les chercheurs restent prudents sur le lien de causalité directe, les mécanismes identifiés sont, selon eux, biologiquement plausibles. Le Dr Anna Ranta, chercheuse à l’université d’Otago et auteure principale de l’étude, explique qu’elle provoque une déshydratation qui augmente le sang, facilitant la formation de caillots et l’obstruction des vaisseaux. Leurs variations brutales peuvent entraîner des pics de tension artérielle, principal déclencheur de l’AVC. Le risque s’envole lorsque plusieurs extrêmes se produisent simultanément (chaleur + sécheresse ou froid + vent + humidité).

Pollution de l’air : Le tueur invisible

Le rapport de la World Stroke Organization est formel. Les facteurs environnementaux, au premier rang desquels la pollution de l’air, représentent 37 % de la charge mondiale des AVC.

Les particules fines ne se contentent pas de polluer les poumons. Elles s’infiltrent dans le flux sanguin, endommagent les parois des artères et peuvent provoquer leur rupture ou leur obstruction. Or, la pollution de l’air et le changement climatique partagent une origine commune notamment la combustion des énergies fossiles.

Des populations inégalement exposées

L’étude souligne que le fardeau climatique ne pèse pas de la même manière sur tous. Les groupes les plus vulnérables incluent entre autres les personnes âgées et celles souffrant de troubles métaboliques ; les populations des régions à faible revenu, où les infrastructures de santé et d’habitat ne permettent pas de se protéger efficacement contre les vagues de froid ou de chaleur.

Pour la World Stroke Organization, la conclusion est politique autant que médicale. Réduire les émissions de gaz à effet de serre n’est plus seulement un impératif écologique pour la planète, mais une mesure de prévention vitale pour la santé du cerveau. En luttant contre le réchauffement, nous luttons aussi contre l’une des maladies les plus invalidantes du XXIe siècle.

Jean NDI

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