Formation des médiateurs communautaires : JVE Cameroun ancre le Mécanisme de Recours Indépendant au plus près des communautés du Nord

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Former ceux qui sont au plus près des populations pour mieux faire connaître les voies de recours. C’est l’objectif de la session organisée le 6 août 2026 au Centre de la Promotion de la Femme et de la Famille de Ngong, dans la région du Nord, par Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE) Cameroun. L’initiative s’inscrit dans le cadre du projet « IRM CSO Advocacy Grant » (RFQ 2026/002), avec l’appui de l’Independent Redress Mechanism (IRM) du Fonds Vert pour le Climat.

La rencontre a réuni une vingtaine de participants issus de différents secteurs : journalistes, représentants d’organisations de la société civile, médiateurs et leaders communautaires. L’objectif était de renforcer leurs connaissances afin qu’ils puissent, à leur tour, mieux informer les populations sur les possibilités de recours liées aux projets susceptibles d’avoir des impacts sur les communautés.

Modérée par le journaliste Bassirou Dairou et conduite par Mamout Oumarou, chef de mission, la formation a notamment porté sur le fonctionnement et le rôle du Mécanisme de Recours Indépendant (MRI). Les participants ont été édifiés sur les circonstances dans lesquelles ce dispositif peut être saisi, mais aussi sur les garanties prévues pour protéger les personnes qui souhaitent déposer une plainte. Une attention particulière a ainsi été accordée à la confidentialité, élément essentiel pour permettre aux plaignants de faire valoir leurs préoccupations sans craindre d’éventuelles représailles.

La session a également permis d’établir un lien entre les mécanismes institutionnels présentés et les réalités auxquelles les communautés sont confrontées. Mme Lassomme épouse Moussa a consacré une présentation au Programme Intégré de Développement et d’Adaptation au Changement Climatique dans le Bassin du Niger (PIDACC/BN). Une manière d’aider les participants à mieux comprendre les enjeux liés aux projets de développement et aux changements climatiques dans leur environnement immédiat. Pour Blondel Silenou, chef de projet, la formation constitue l’un des maillons d’une stratégie plus large. « Nous ne formons pas des médiateurs de manière isolée », explique-t-il, en évoquant la complémentarité entre la tournée média, le dialogue communautaire direct et la campagne digitale conduits parallèlement. L’ambition est de faire du MRI un mécanisme connu et accessible, y compris dans les communautés éloignées des centres institutionnels.

Dans ce dispositif, les médiateurs communautaires apparaissent comme des relais de proximité. Leur présence quotidienne auprès des populations leur permet d’être souvent les premiers interlocuteurs lorsqu’une inquiétude surgit autour d’un projet. Leur rôle ne se limite donc pas à la transmission ponctuelle d’informations. Ils sont appelés à maintenir cette connaissance dans les communautés après le départ des équipes de sensibilisation.

L’expérience de Ngong a cependant mis en évidence une difficulté : plusieurs relais avaient eux-mêmes besoin d’une mise à niveau avant de pouvoir jouer pleinement leur rôle. Un constat qui souligne l’importance de renforcer simultanément les communautés et ceux qui servent d’interface avec elles. À terme, la vulgarisation du MRI devra ainsi s’appuyer sur un réseau de relais suffisamment formés pour rapprocher les mécanismes de recours des populations concernées.

Jean Luc Atangana

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