Dialogue communautaire à Winde Ngong 1 : « C’est quoi le Fonds vert pour le climat ? »

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À Winde Ngong 1, l’information sur les mécanismes liés au financement climatique reste encore largement méconnue. Après la tournée média et les prises de contact institutionnelles effectuées à Garoua, l’équipe de mission de Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE) Cameroun est allée à la rencontre des populations de ce village de la région du Nord, l’un des sites concernés par le Programme Intégré de Développement et d’Adaptation au Changement Climatique dans le Bassin du Niger (PIDACC/BN).

Organisée dans le cadre du projet « IRM CSO Advocacy Grant » (RFQ 2026/002), avec le soutien de l’Independent Redress Mechanism (IRM) du Fonds Vert pour le Climat (FVC), la rencontre avait une particularité : il ne s’agissait pas simplement de transmettre des informations aux habitants. Le dialogue a été conçu comme un échange permettant également de recueillir leurs connaissances, leurs interrogations et leurs préoccupations face aux projets de développement et d’adaptation au changement climatique.

Au total, 60 personnes ont participé à la rencontre, dont 21 femmes, soit 35 %, et 39 hommes, représentant 65 % des participants. Agriculteurs, éleveurs, jeunes, ménagères, leaders communautaires et autorités traditionnelles ont ainsi pris part aux discussions. Cette diversité a permis de confronter les points de vue et de mieux cerner les attentes du village.

Le principal enseignement de la rencontre demeure toutefois le faible niveau d’information. Avant les échanges, moins d’un participant sur dix connaissait réellement le Fonds vert pour le climat, le Mécanisme de Recours Indépendant (MRI) ou encore le PIDACC. Une situation résumée par cette interrogation spontanée d’un participant : « Depuis que tu parles du Fonds vert pour le climat, c’est quoi même le Fonds vert pour le climat ? » Une réaction qui illustre le chemin restant à parcourir pour rapprocher ces dispositifs des communautés bénéficiaires.

Les discussions ont surtout porté sur trois préoccupations : la confidentialité des plaintes, la crainte d’intimidations ou de représailles et l’efficacité du mécanisme face à des problèmes déjà rencontrés dans d’autres projets. Certains participants ont notamment évoqué l’installation de poteaux électriques sur des terres et la dégradation de parcelles agricoles.

Face à ces inquiétudes, une clarification a été apportée : le MRI intervient uniquement pour les préoccupations liées aux projets financés par le Fonds vert pour le climat. Les plaintes concernant d’autres projets relèvent de leurs propres mécanismes de gestion. Cette précision figure parmi les principaux acquis de la rencontre.

Pour Blondel Silenou, chef de projet, l’enjeu dépasse la simple connaissance du mécanisme. « Connaître l’existence d’un mécanisme ne suffit pas », souligne-t-il, insistant sur la nécessité d’instaurer la confiance autour de la confidentialité et de la protection contre les représailles.

À Winde Ngong 1, le dialogue aura ainsi permis de mesurer une réalité souvent moins visible : pour rendre les mécanismes de recours réellement accessibles, l’information doit parvenir jusqu’aux communautés, mais surtout être comprise et inspirer suffisamment confiance pour être utilisée.

Françoise ESSONO 

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