Justice climatique : Vers des solutions durables pour les peuples autochtones

(Green And Health News) – Dans l’optique de préserver le climat en Afrique, le Mouvement pour la Justice Climatique (MJC) lancé par Greenpeace Africa a organisé du 17 au 18 mars 2025 à Yaoundé, sa première réunion de planification d’une feuille route.
L’Afrique et en particulier le Cameroun fait face à de nombreux effets dus aux changements climatiques et les phénomènes tels que la déforestation massive aggravant ainsi le pronostic climatique. Ces deux jours d’échange ont permis aux acteurs majeurs de la société civile, des chefs traditionnels ainsi que des représentants des communautés locales et autochtones de témoigner leur engagement collectif en faveur de la préservation de l’environnement au pays. « L’augmentation accélérée des températures, l’irrégularité des pluies, l’augmentation de la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes comme les inondations (dont ont souffert les régions de l’Extrême-Nord et du Littoral il y a juste quelques mois) menacent la sécurité des biens et des personnes, les moyens de subsistance de nos communautés, la santé de nos écosystèmes ainsi que les fondements mêmes de notre économie et de notre bien-être. Il est plus qu’important aujourd’hui, de ne pas se focaliser sur les problèmes, mais sur les réponses que peut apporter la société civile » a déclaré Marlvin Tankoh, Coordinateur pays de Greenpeace Afrique au Cameroun.
Au regard de ces défis multiples, les membres du MJC ont proposé une série d’activités organisées autour de quatre axes notamment le plaidoyer, la résilience climatique, la finance climatique et le soutien alternatif aux peuples autochtones et aux communautés locales. « Nous voyons que les communautés à la base souffrent plus des problèmes de changement climatique. Beaucoup de choses ont changé, les saisons culturales ont changé. Il y a l’excès de pluie et la saison sèche est très prolongée comme cette année. C’est pour ça que nous venons adhérer à cette idée de justice climatique. Nous voulons que les intérêts des communautés autochtones soient prioritaires. S’il y a des programmes, des mesures d’accompagnement de résilience et d’adaptation qu’ils soient prioritaire » a déclaré Angèle Ango’o en service à l’organisation pour la protection de l’environnement, la recherche et l’appui au développement (PERAD).
Préoccupations et recommandations
Au terme des travaux qui se sont voulus concluants, une équipe du mouvement pour la justice climatique a été mise sur pied afin de remettre au Ministre des Forêts et de la Faune un document illustrant une série de préoccupations et de recommandations des organisations de la société civile du Bassin du Congo. L’on note entre-autre, la Déclaration du MJC appelant à l’instauration d’une Journée Régionale du Bassin du Congo, destinée à renforcer la mobilisation en faveur de la protection de cette région clé pour l’équilibre écologique mondial ; la Déclaration des organisations de la société civile du Bassin du Congo, adoptée lors de la Conférence de Yaoundé du 29 au 31 juillet 2024, qui porte sur les défis posés par les activités extractives en zones forestières, la conservation, la protection de la biodiversité ainsi que les mécanismes du marché du carbone dans la région ; un ensemble de propositions d’actions et de solutions élaborées par les organisations de la société civile du Bassin du Congo, visant à garantir une protection plus efficace et durable des forêts de cette zone cruciale.
Dans le cadre d’une volonté affirmée de dialogue et de collaboration avec les autorités, cette initiative vise à renforcer les politiques environnementales et les mécanismes de conservation dans tout le bassin du Congo. « Les effets néfastes du changement climatique, de la déforestation et de la dégradation des terres nous affectent de façon collective et différenciée. Nos forêts et nos terres sont l’héritage de nos ancêtres et la richesse de nos enfants. Si nous ne les protégeons pas aujourd’hui, que laisserons-nous aux générations futures ? La justice climatique n’est pas seulement une cause mondiale, c’est une urgence pour nos communautés. Nous devons unir nos voix et nos forces pour préserver notre patrimoine naturel » a affirmé Sa Majesté Yetina, chef du village Ndik Bassogog, président de l’association Banen “MUNEN” Retour aux sources et Membre du Mouvement pour la Justice Climatique.
Les peuples autochtones, acteurs clés de l’action climatique
Selon le PNUD, les peuples autochtones gèrent environ 25% des terres du monde qui renferment une grande partie de la biodiversité planétaire et du carbone stocké dans le sol et la biomasse. Une grande partie de ces terres est couverte de forêts qui sont au cœur des traditions, de la culture et des moyens d’existence de 70 millions de peuples autochtones qui assurent la gestion environnementale d’au moins 36% des forêts intactes de la planète.
Le PNUD rappelle également que lors de la COP26, les dirigeants ont reconnu le rôle vital des peuples autochtones dans l’action climatique et le développement inclusif et durable, ainsi que l’importance de garantir leurs droits à la terre et aux ressources. Les gouvernements et les organisations philanthropiques privées se sont engagés à verser 1,7 milliard de dollars des États-Unis pour financer les efforts des peuples autochtones. Malgré ces promesses, il reste encore beaucoup à faire pour garantir la pleine participation et le leadership des peuples autochtones, ainsi que la reconnaissance de leurs savoirs.
Rappelons que c’est en juin 2024 que Greenpeace Afrique lance au Cameroun le Mouvement pour la Justice Climatique (MJC). Une initiative rassemblant près de 50 organisations de la société civile engagées dans la protection de l’environnement. Fort de cette dynamique, le mouvement s’est ensuite étendu en République démocratique du Congo (RDC) et au Ghana, affirmant ainsi son ambition de mobiliser un large réseau d’acteurs pour la préservation du climat en Afrique.
Albert BOMBA