Médias et OSC en santé : Une alliance stratégique pour un impact social renforcé

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À l’issue d’un atelier pour la mise sur pied d’un Club des médias avec les journalistes spécialisés dans la santé organisée du 25 au 26 mai 2026 à Yaoundé, journalistes et organisations de la société civile (OSC) du secteur de la santé ont posé les bases d’un cadre de collaboration inédit. Entre partage de compétences, accès facilité à l’information et respect de l’indépendance éditoriale, les deux parties unissent leurs forces pour porter plus haut les plaidoyers sanitaires.

​​L’accès à une information de santé fiable, vérifiée et dénuée de toute stigmatisation demeure un défi majeur au Cameroun. Si le traitement médiatique de l’actualité sanitaire souffre parfois de sensationnalisme ou d’approximations, ce n’est pas par manque de matière, mais plutôt à cause d’un cloisonnement historique entre les producteurs de données et les diffuseurs.

​D’un côté, les organisations de la société civile (OSC) détiennent une mine de données probantes issues du terrain, une expertise technique pointue sur les droits humains et un accès direct aux bénéficiaires des services hospitaliers. De l’autre, les professionnels des médias possèdent la puissance de frappe des canaux de diffusion et la capacité d’influencer l’opinion publique ainsi que les décideurs. Pour combler ce fossé, neuf OSC camerounaises ont pris l’initiative de formaliser leurs relations avec la presse à travers la création du Club des médias pour la Santé.

​Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un vaste programme d’assistance technique initié par Expertise France et mis en œuvre par le cabinet Team4Health (TeAM). La rencontre de Yaoundé a ainsi jeté les bases de ce cadre permanent de collaboration.

Briser les antagonismes pour le bien-être social

​Pour les acteurs de terrain, ce rapprochement est avant tout une nécessité stratégique pour sortir d’une logique de méfiance réciproque. Jodelle Kayo, responsable communication à l’ONG Positive Generation, souligne la convergence de missions entre les deux entités. « Le bien-fondé de cette démarche est de créer un cadre de collaboration loin de toute relation antagoniste. Le journaliste et l’acteur de la société civile partagent une mission commune : le bien-être et l’épanouissement des populations. Reconnaître humblement que nous avons besoin d’alliés dans nos combats institutionnels est une preuve de maturité. Ce club est la concrétisation de cette synergie. »

​​Sur le plan opérationnel, cette alliance promet de fluidifier le traitement de l’actualité sanitaire, d’adapter les messages communautaires pour susciter l’intérêt des rédactions et de renforcer la visibilité des actions de terrain. Du côté des professionnels des médias, l’opportunité est accueillie avec un enthousiasme certain, notamment en matière d’accès à l’information. Guy Martial Tchinda, journaliste, y voit un levier de performance partagée : « C’est une initiative mutuellement enrichissante. D’un côté, elle nous permet d’accompagner efficacement les OSC dans leurs actions de plaidoyer. De l’autre, elle nous ouvre les portes de sources d’information qui d’ordinaire peuvent être difficiles d’accès. Je fonde beaucoup d’espoir sur ce club pour porter ces enjeux de santé au plus haut niveau. »

S’approprier les codes des médias sans aliéner le journaliste

​L’un des piliers de cette rencontre de Yaoundé a reposé sur le renforcement des capacités. Julien Chongwang, journaliste et formateur, a outillé les représentants des OSC aux rudiments de la communication et de l’écriture journalistique afin qu’ils apprennent à formuler des propositions (communiqués, conférences, voyages de presse) attractives pour les médias.

​Le bilan de cette transmission de compétences est jugé positif, mais le formateur a tenu à rappeler une règle déontologique fondamentale pour garantir la viabilité et la crédibilité de ce partenariat : le respect strict de l’indépendance éditoriale. « Les OSC doivent se souvenir que le journaliste n’est pas à leur service, mais au service du public et de sa rédaction, a rappelé avec fermeté Julien Chongwang. Même si une organisation invite un média à un événement, le journaliste reste libre. Il doit s’assurer de reproduire des informations exactes, sous réserve des vérifications d’usage qui font les principes de base de notre métier. »

​En fixant comme objectif général la promotion d’un traitement médiatique éthique, rigoureux et impactant des questions de santé et de droits humains, le Club des médias pour la Santé pose les jalons d’une nouvelle ère de la communication sanitaire au Cameroun. Un modèle de redevabilité et de collaboration interservices qui pourrait bien faire école.

Albert BOMBA

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