Mutilations génitales féminines : Plus de 4 millions de filles toujours exposées

A l’occasion de la journée internationale des mutilations génitales féminines qui s’est célébrée sous le thème « Investir sur les filles et les communautés pour un avenir sans Mutilations génitales féminines », une conférence d’échanges a été organisé le 6 février 2026 à Yaoundé.
En cette Journée internationale de la tolérance zéro, le constat est sans appel. Si les progrès s’accélèrent, 230 millions de femmes portent encore les stigmates de l’excision. Entre coupes budgétaires et risques de médicalisation, le combat pour 2030 entre dans sa phase la plus critique. Pour le Cameroun, il est nécessaire de promouvoir les droits fondamentaux, garantir l’accès à l’éducation, à la santé et à la protection de l’information. « La prise en charge holistique des survivants constitue ainsi des lignées essentielles de la lutte contre les mutilations générales, inversées sur les communautés impliquant la sensibilisation et le renforcement des capacités des femmes, des leaders traditionnels et religieux, des hommes et des garçons, la masculinité positive, ainsi que d’autres accords communautaires, en vue de transformer durablement les normes sociales et culturelles qui perpétuent les mutilations de l’humanité. Cette approche favorise l’abandon volontaire des pratiques de force et l’appréhension de valeurs respectueuses des droits humains » a affirmé Marie Thérèse ABENA ONDOA, Ministre de la promotion de la femme et de la famille lors de son discours.
Selon le membre du gouvernement, malgré toutes ces actions, des défis subsistent notamment la persistance des résistances socio-culturelles, la vulnérabilité dans les zones à risque, le besoin de renforcer l’autonomisation des communautés et l’insuffisance des ressources durables pour soutenir les actions de prévention et de protection.

Un fléau aux chiffres vertigineux
L’année 2026 marque un tournant sombre. On estime que 4,5 millions de filles, dont une immense majorité n’a pas encore soufflé sa cinquième bougie, sont menacées de mutilations génitales féminines (MGF). Aujourd’hui, plus de 230 millions de survivantes vivent avec les séquelles physiques et psychologiques de cette pratique, une violation fondamentale des droits humains que rien ne saurait justifier. « Les mutilations féminines se trouvent aujourd’hui en Cameroun, et malgré l’effort investi dans la santé féminine, la mutilation féminine reste une réalité en Cameroun, et est toujours pratiquée dans certaines régions, malgré l’effort investi dans la santé féminine et la mobilisation communautaire pour l’éviter. La mutilation féminine est une violation de droit humain sévère, et le Cameroun est toujours prévalente dans certaines régions. C’est pourquoi nous sommes engagés à travailler main-à-main avec le gouvernement, afin d’assurer qu’aucune fille ne soit à risque ou en danger de cette pratique qui est un problème de santé et une tentative de droit humain. Le problème principal, c’est que la mutilation féminine est toujours liée à certaines pratiques culturelles. C’est très important de travailler avec les organisations de la mobilisation féminine, pour construire des mouvements au niveau de la communauté, afin d’assurer qu’il y ait une approche transformante pour attaquer la cause de la mutilation féminine, qui est principalement liée aux pratiques culturelles » a déclaré Liliane Munezero Chargée de bureau à l’UNFPA.
« Donc, c’est important de joindre les efforts pour la prévention, en s’attaquant aux causes profondes, mais aussi pour assurer que chaque femme, chaque fille qui a subi cette pratique puisse accéder au service de prise en charge. Au niveau de l’UNFPA, on a une stratégie qui s’aligne avec la stratégie nationale de développement de 2030, pour assurer que d’ici 2030, les mutilations génitales féminines seront éliminées. Ce que nous faisons, nous travaillons d’abord sur l’aspect prévention, en renforçant la mobilisation communautaire, en travaillant avec les leaders d’opinion, les leaders communautaires, les leaders religieux, pour défier les normes culturelles qui encouragent cette pratique. Nous travaillons aussi avec le gouvernement pour renforcer le cadre normatif qui réprime cette pratique » a-t-elle rajouté.
Au terme des échanges, Marie Catherine, apprenante au CPF de Yaoundé 2 s’est réjoui d’avoir appris ce qu’est réellement une mutilation génitale féminine et ses conséquences sur la santé et s’engage à sensibiliser son entourage. « Ce que j’ai retenu à cette sensibilisation aujourd’hui, c’est que nous devons lutter contre tout ce qui est mal parce que nous sommes le Cameroun de demain, nous sommes le Cameroun d’aujourd’hui et nous sommes tous jeunes. Nous devons lutter et participer à ce genre de conférence pour être éduqués. Nous sommes généralement victimes parce que nous ne sommes pas éduqués, nous n’avons pas la bonne information. Et là, l’engagement que je prends dès cet instant, c’est d’être une ambassadrice. Je vais prendre sous moi de sensibiliser mon entourage, ma famille, par rapport à ce que j’ai découvert aujourd’hui » a-t-elle affirmé.
Au-delà de la souffrance humaine, le coût économique est colossal. Le traitement des complications médicales liées aux MGF est estimé à 1,4 milliard de dollars par an à l’échelle mondiale. La lutte contre les MGF n’est pas seulement une nécessité morale, c’est un investissement stratégique. Les chiffres démontrent une efficacité financière rare pour un programme de santé publique.

Des obstacles nouveaux sur la route de 2030
Alors que l’Objectif de Développement Durable (ODD) de mettre fin aux MGF d’ici 2030 semble à portée de main, deux menaces majeures surgissent notamment le désengagement financier, le piège de la médicalisation.
Pour transformer l’élan actuel en victoire finale, la stratégie doit reposer sur trois piliers notamment l’engagement communautaire, l’amplification des messages, le soutien holistique. L’engagement est réaffirmé. Aucune fille ne doit être laissée pour compte. Il ne s’agit plus seulement de sensibiliser, mais de financer et de protéger pour que 2030 marque enfin la fin de ce traumatisme ancestral.
Albert BOMBA



















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