
L’engouement pour les métiers de la santé ne se dément pas au Cameroun. Le 14 avril 2026 à Yaoundé, 2 600 nouveaux lauréats contre 2 000 l’année précédente ont prêté serment rejoignant ainsi les rangs des professionnels médico-sanitaires. Une croissance qui témoigne de l’intérêt grandissant de la jeunesse pour ce secteur vital, mais qui impose également une rigueur accrue dans l’encadrement et l’insertion de ces nouvelles recrues.
Ce sont des cris de joie qui retentissent ce jour au palais polyvalent des sports de Yaoundé. Les lauréats infirmiers, Sages femmes et techniciens médico-sanitaires en fin de formation prête serment devant un public comble et s’apprêtant ainsi à exercer pleinement leur métier dans l’honnêteté, la préservation du secret professionnel et le strict respect du code de déontologie. « Nous allons signifier un sentiment de grande satisfaction vu la mobilisation sans cesse croissante des professionnels médicaux sanitaires. L’année dernière, nous avons organisé pour 2000 lauréats. Cette année, nous nous trouvons à 2600 lauréats, dont un gap grandissant, d’où l’intérêt de la population vers les professions de santé » affirme Dr Tchoffo Désiré, président de la section régionale du centre de l’Ordre des Professions Médico-Sanitaires.
Pour l’Ordre national, la quantité ne doit jamais primer sur la qualité. Avant d’obtenir le précieux quitus pour exercer, ces lauréats ont été soumis à un examen de certification décrit comme un tamis redoutable. « Ne passent que ceux qui ont assimilé suffisamment leurs leçons. Ils ont validé les épreuves théoriques et pratiques, ainsi que les stages hospitaliers et communautaires », soulignent Dr Tchoffo Désiré.
Pour la lauréate Clodette, c’est un moment de joie et de satisfaction pour sa personne. « Je suis une nouvelle infirmière diplômée d’État. C’est la joie, c’est la fête, c’est la fierté également. Je me définis comme une personne qui est maintenant capable de prendre des décisions face à une situation de maladie, de mal-être. On peut me faire confiance. J’ai été très bien formée. On nous a appris comment manipuler les médicaments, comment calculer les doses et tout. Cette prestation de serment est vraiment splendide et spectaculaire » a-t-elle affirmé.
Un fichier national pour une pratique légale
L’un des enjeux majeurs de cette rentrée professionnelle est la lutte contre l’exercice illégal de la médecine. L’inscription au fichier national est une exigence légale stricte. Elle permet à la population de s’assurer qu’elle confie sa santé à des professionnels reconnus et enregistrés. Cette traçabilité est le premier rempart contre le charlatanisme et garantit que seuls les diplômés requis peuvent postuler aux concours de l’État ou exercer dans le secteur privé.
Pour les responsables de l’Ordre et les formateurs, la qualité de cette nouvelle cuvée ne fait aucun doute. Le parcours pour arriver à cette remise de diplômes est un véritable marathon académique. « Ces lauréats sont ceux qui ont réussi à la formation. Ils ont passé le concours d’entrée dans les écoles de formation. Ils ont suivi des cours et fait des évaluations pendant trois ans et à la fin de ces trois ans, ils ont eu un examen de certification. Donc on ne peut pas douter de la qualité de la formation puisqu’ils sont arrivés à la fin » a affirmé Moussa Hamadou Satou, président national de l’ordre des professions médico-sanitaires.
Entrepreneuriat : Au-delà de l’offre d’emploi publique
Face aux défis de l’employabilité, l’Ordre incite les nouveaux lauréats à ne pas attendre uniquement les intégrations dans la fonction publique. La formation actuelle intègre désormais des modules sur l’entrepreneuriat professionnel.
Les jeunes professionnels sont encouragés à se mettre ensemble, en associations ou en structures privées, pour créer leurs propres emplois. Cette dynamique entrepreneuriale vise à multiplier les points d’offre de soins sur l’ensemble du territoire, aidant ainsi l’État à atteindre ses objectifs de couverture santé universelle. « L’Ordre dans sa quête de l’indépendance de la profession, dans un premier temps, s’assure que l’employabilité des professionnels pour ceux du public soit réservée uniquement à ceux qui ont le diplôme requis, donc ceux qui sont autorisés à exercer ou bien à postuler au concours de l’État. Là, c’est la lutte contre l’indépendance de la profession. Donc, l’employabilité n’est pas la chose la mieux partagée dans plusieurs secteurs, y compris le secteur de la santé, mais au-delà de ça, de l’employabilité du secteur public, ils sont formés dans le système de l’entrepreneuriat. Donc, on promet l’entrepreneuriat jeune, et on invite et on incite nos collègues nouveaux lauréats à pouvoir se mettre ensemble en association pour créer de l’emploi, pour offrir les soins de santé aux populations, pour aider l’État à atteindre l’objectif des soins de santé. Donc, au-delà de l’offre d’emploi effectuée par l’État, l’entrepreneuriat professionnel, qui fait partie des cours qu’ils reçoivent pendant la formation, les invite à se mettre ensemble pour aider l’État à soutenir la santé de la population » souligne Dr Tchoffo Désiré.
En alliant rigueur académique, intégrité morale et esprit d’initiative, cette nouvelle promotion de 2 600 lauréats se présente comme le nouveau souffle nécessaire pour un système de santé camerounais plus performant et résilient.
Albert BOMBA



















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