Biodiversité : Quand la forêt protège les chimpanzés des chasseurs

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La végétation, le relief et les activités humaines influencent la répartition des chimpanzés de l’ouest dans la réserve de biosphère des Monts Nimba. Publiée en octobre 2026, une étude met en évidence le rôle potentiel des forêts denses et des camps de recherche dans la protection de ces primates en danger critique d’extinction.

La survie des chimpanzés de l’ouest (Pan troglodytes verus) dépend aussi de la configuration de leur habitat. C’est l’un des enseignements d’une étude publiée début octobre 2026 dans la revue scientifique Ecology and Evolution. Menée pendant douze mois, entre août 2022 et août 2023, dans la zone de Seringbara, sur le flanc ouest des Monts Nimba, en Guinée, la recherche examine les liens entre la présence des chimpanzés, les activités humaines et les pressions liées à la chasse.

Les résultats montrent que ces primates ne fréquentent pas leur environnement au hasard. Leur répartition dépend notamment du relief, de la densité de la végétation et de l’accessibilité des différents secteurs. Si les chimpanzés et les chasseurs peuvent utiliser certaines zones communes, leurs préférences en matière d’habitat ne se recoupent pas systématiquement.

Le couvert forestier comme protection naturelle

Les secteurs présentant plus de 90 % de couverture forestière sont moins propices aux activités de chasse. Selon les chercheurs, la densité des arbres et des sous-bois complique les déplacements et réduit la visibilité, ce qui pourrait limiter l’accès des chasseurs. Ces espaces boisés sont ainsi susceptibles de constituer des refuges pour les chimpanzés. Inza Koné, spécialiste qui n’a pas participé à l’étude, nuance toutefois cette conclusion. Interrogé par Mongabay, il rappelle qu’une forêt dense n’est pas nécessairement bien protégée. La pression de chasse dépend également de la présence de pistes, de la proximité des habitations, de l’accessibilité du terrain et de l’efficacité de la surveillance.

La conservation ne peut donc se limiter au maintien du couvert végétal. Elle nécessite également des mesures concrètes pour réduire les pressions humaines et associer les communautés locales à la protection des habitats.

Les camps de recherche, un effet dissuasif

L’étude relève par ailleurs que les camps aménagés pour observer les animaux pourraient contribuer indirectement à leur protection. Ces sites semblent davantage évités par les chasseurs que par les chimpanzés, créant potentiellement des zones tampons favorables à la conservation. Les chercheurs recommandent néanmoins de ne pas installer ces camps dans les secteurs les plus fréquentés par les primates. La tendance des chimpanzés à éviter la présence humaine pourrait les éloigner de zones riches en ressources alimentaires, même lorsque celles-ci présentent un intérêt écologique.

En Guinée, le chimpanzé de l’ouest est classé « en danger critique d’extinction » sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Malgré son interdiction de chasse, l’espèce reste menacée par le braconnage, l’agriculture de subsistance et l’exploitation minière industrielle.

La réserve des Monts Nimba, qui abriterait environ 33 140 individus selon les données rapportées dans le texte source, constitue un territoire majeur pour sa conservation. La protection durable de cette population suppose de conjuguer préservation des forêts, surveillance des zones sensibles et participation des communautés riveraines.

Jean NDI