Lutte contre la tuberculose au Cameroun : 26 924 cas notifiés en 2025

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À l’occasion de la 33ᵉ Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, le Ministre de la Santé Publique, le Dr Malachie MANAOUDA a lors d’une déclaration de presse tenu le 19 mars 2026 à Yaoundé présenté les statistiques liées à la tuberculose au Cameroun tout au long de l’année 2025. 

Si les indicateurs de prise en charge s’améliorent, notamment pour la co-infection TB/VIH, la sous-notification reste le principal obstacle pour éradiquer l’épidémie d’ici 2035.

​Le message est porteur d’espoir, mais le chemin reste semé d’embûches. Ce 19 mars 2026, face à la presse à Yaoundé, le Dr Malachie Manaouda a martelé le thème de l’année : « Oui ! Nous pouvons mettre fin à la tuberculose ! ». Une ambition qui s’appuie sur une mobilisation nationale accrue, alors que la pathologie demeure un défi sanitaire de premier plan au Cameroun.

Une incidence encore élevée malgré les progrès

​Selon les données officielles présentées par le Programme National de Lutte contre la Tuberculose (PNLT), 26 924 cas, toutes formes confondues, ont été enregistrés sur l’ensemble du territoire en 2025. Un chiffre impressionnant, mais qui cache une réalité plus complexe : l’écart entre les cas notifiés et les cas attendus.

​Avec une incidence estimée par l’OMS à 132 nouveaux cas pour 100 000 habitants, les autorités sanitaires s’attendaient théoriquement à dépister environ 36 466 personnes. Ce différentiel de près de 10 000 cas souligne l’enjeu majeur de la sous-notification. La mortalité, quant à elle, stagne à 17 décès pour 100 000 habitants, rappelant que la tuberculose tue encore quotidiennement dans le pays.

​Radiographie d’une épidémie en mutation

​L’analyse des données de 2025 révèle des points de vigilance et des motifs de satisfaction. L’on note près de 10 % (9,6 %) des cas concernent la population pédiatrie ; 170 cas de formes multirésistantes ont été identifiés, nécessitant des protocoles de soins plus lourds et coûteux.

​La co-infection TB/VIH est en baisse (15 %), et surtout, l’intégration des soins est quasi totale soit plus de 98 % des patients co-infectés sont désormais sous traitement antirétroviral.

​Avec 732 cas détectés, les prisons restent des zones de haute surveillance où la riposte est systématique.

​Un maillage diagnostique de pointe

​Pour contrer la maladie, le Cameroun a musclé son dispositif technique. Le réseau national repose désormais sur une infrastructure solide dont 340 centres de microscopie fonctionnels ; une montée en puissance du diagnostic moléculaire avec 75 plateformes GeneXpert, complétées par les technologies TB-LAMP et TRUENAT ; 2 laboratoires spécialisés pour les analyses de référence.

​Cette architecture permet de réduire drastiquement les délais entre le diagnostic et la mise sous traitement, un facteur clé pour briser la chaîne de transmission.

Les zones d’ombre : Logistique et recherche active

​Malgré cet arsenal, le Dr Malachie Manaouda n’a pas occulté les faiblesses du système. La lutte bute encore sur la maintenance des équipements de haute technologie et la disponibilité constante des consommables. L’efficacité du transport des échantillons biologiques depuis les zones reculées reste également un maillon faible.

​Le Ministre a donc appelé à une rupture dans la méthode, préconisant une recherche active des cas et un traçage systématique des contacts. L’implication du secteur privé et le renforcement de l’engagement communautaire qui contribue déjà à près de 15 % de la détection sont jugés cruciaux.

​Cap sur 2035

​En réaffirmant la gratuité totale des traitements, le gouvernement camerounais se projette vers l’objectif de 2035. Pour le Dr Manaouda, la victoire finale passera par une accélération des investissements et une solidarité internationale sans faille. Un combat dont les médias sont désormais les alliés stratégiques pour briser les stigmates et porter le message de la guérison au plus près des populations.

Jean NDI

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