Santé numérique : Promouvoir et accélérer son déploiement au service de la CSU

La réflexion anime les débats des 10es journées camerounaises de la santé numérique (JOCas@n) qui se déroulent du 6 au 8 mai 2026, à l’hôtel Aurélia Palace de Yaoundé. Une initiative organisée conjointement par la Société camerounaise de santé numérique (Socasan) et la Société camerounaise d’informatique médicale (Socim).
Cette rencontre biennale de la Socasan, qui implique les sectoriels tels que les départements ministériels de la santé publique, des postes et télécommunications et de l’enseignement supérieur, est placée sous le thème “Santé numérique et développement de la couverture santé universelle : expériences, défis, opportunités et perspectives au Cameroun”.
L’objectif des professionnels de la santé, chercheurs, universitaires, partenaires techniques, informaticiens, société civile et autres experts travaillant dans la discipline, à travers ces échanges, est d’éplucher les mécanismes de promotion et d’intégration de la santé numérique pour l’amélioration de la CSU au Cameroun.
Dans son propos de circonstance, le 7 mai 2026, le président de la Socasan, Pr Bediang Georges, a explicité les avantages de la dite discipline : « La santé numérique, c’est l’utilisation des TIC dans le domaine de la santé. Premièrement, pour soigner les patients, c’est ce qu’on va appeler l’informatique clinique, celle qui va s’occuper à améliorer la prise en charge des patients. En garantissant un certain nombre d’outils, on réduit les erreurs et on permet que l’espace soit fait de manière efficace et efficiente. Il y a également l’utilisation de cette technologie dans le domaine de la santé publique pour promouvoir des activités au niveau professionnel, ça passe par la collecte de manière routinière des informations des systèmes de santé, la mise en place d’interventions impliquant les populations dans les zones particulières, d’incidence de maladie, etc. On peut noter aussi les applications dans les domaines de la formation des personnels de santé qui est un enjeu dans notre système de santé et l’intérêt majeur du numérique pour tout ce qui est recherche d’informations médicales pour les chercheurs ».
Faut-il le rappeler, vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être à tout âge correspond à l’objectif de santé durable no 3 au sein des pays membres des Nations Unies à l’horizon 2030. Ceci nécessite de garantir aux populations un accès équitable aux soins, quel que soit leur contexte. Par ricochet, la CSU est une réponse proposée par la communauté internationale pour adresser ces défis, d’une part, en apportant une protection financière aux populations vulnérables, et d’autre part, en favorisant la mise en œuvre des interventions permettant d’améliorer la qualité et l’accessibilité des soins.
Seulement, dans les pays à revenus limités comme le Cameroun, de nombreux défis limitent considérablement l’accès des populations aux soins de qualité, notamment à cause de leur coût élevé et des insuffisances observées au niveau des infrastructures et du personnel qualifié. La CSU reste donc un horizon à conquérir avec détermination, intelligence et solidarité, indique le Pr Bediang, en dépit de la fracture numérique qui reste une réalité douloureuse pour les populations.
Pour Dr Boukar, inspecteur général au Minsanté, représentant le ministre, la CSU est une alternative concrète qui se met en place progressivement au Cameroun. Elle vise un système de santé équitable pour tous. Grâce au numérique, la santé devient plus intelligente à travers la réduction de la barrière géographique, l’harmonisation des services, l’accès aux données concrètes à travers les applications offertes, voire une meilleure traçabilité des fonds.
Les 10es journées camerounaises de santé numérique s’alignent parfaitement sur les activités et l’actualité du Cameroun. En effet, le gouvernement camerounais, via le Minsanté, vient d’adopter le nouveau plan stratégique national de santé numérique 2026/2030 visant à transformer le système de santé camerounais par la santé numérique, afin d’améliorer l’accès équitable aux soins et renforcer la gouvernance sanitaire. Il prévoit aussi de fournir les outils technologiques nécessaires pour garantir un accès élargi aux populations.
Pour Dr Ngae Denis, ingénieur des télécoms et représentant du minpostel, il faut tout de même émettre un bémol : « Le numérique ne saurait totalement être la solution à tout, s’il est mal maîtrisé, il peut attirer des problèmes. Sa réussite est le résultat d’une approche systémique coordonnée et centrée sur l’impact réel au sein des populations ».
À l’heure où le Cameroun implémente la CSU au bénéfice de ses populations, le numérique, selon le Pr Bediang Georges, doit devenir un catalyseur du système de santé, une opportunité historique pour réduire les distances, optimiser les ressources, renforcer la qualité des soins et protéger les plus vulnérables : « Encore faut-il que nous sachions la mobiliser avec rigueur, sécurité, sûreté et éthique, le tout dans une vision claire et des objectifs claires », précise-t-il.
Autant de défis à adresser en perspective durant ces trois jours d’activités intenses. Au-delà d’un simple colloque scientifique agrémenté par des conférences plénières, présentations orales, tables rondes, panels d’experts, ateliers thématiques et pitchs, ces journées vont constituer le levier stratégique pour faciliter et accélérer la mise en œuvre de la CSU à travers la santé numérique. Elles ont parallèlement vocation à produire des résultats concrets, des collaborations fructueuses, des financements mobilisés et la prise de décisions éclairées afin que santé numérique et CSU fassent désormais bon ménage.
Germaine Ngo Holl



















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