Journée internationale de la santé des végétaux : Appel à une synergie d’action pour la biosecurité végétale

Selon la FAO, environ 40% des cultures s’envolent chaque année à cause des organismes nuisibles et des maladies de plantes. Pour prévenir, détecter et faire face à ces défis sanitaires émergents, le ministre de l’élevage, des pêches et des industries animales Dr Taïga a présidé le 12 mai 2026 aux côtés de tous les secteurs concernés et des partenaires techniques et financiers, la 5e édition de cette célébration au Musée national de Yaoundé

 « Préserver la biosécurité végétale pour protéger la sécurité alimentaire et la nutrition » est le thème retenu cette année pour marquer la célébration de la journée internationale de la santé des végétaux. Cette thématique trouve toute son importance chez l’homme car les végétaux constituent plus de 80% de son alimentation. Cependant depuis 2003, plus de 15 millions de décès et 4000 milliards de dollars de pertes économiques ont été enregistrés dans le monde en raison des maladies et des pandémies, ainsi que des pertes considérables dues aux risques liés à la sécurité sanitaire des aliments, et de l’eau, lesquels constituent des menaces liées à “l’approche une seule santé”.

Cette journée mondiale se célèbre à l’effet de sensibiliser davantage la communauté nationale et internationale sur l’importance de la santé des végétaux à l’épreuve de nombreux défis tels : les changements climatiques, la dégradation des écosystèmes, l’augmentation des échanges commerciaux internationaux, la propagation rapide des organismes invisibles et des maladies de plantes ; la menace persistante sur la sécurité alimentaire. Le ministre des pêches et des industries animales a souligné de ce fait l’urgence de préserver la biosecurité végétale : « Aujourd’hui plus que jamais, la santé des végétaux apparait comme un enjeu stratégique majeur au carrefour de la sécurité alimentaire, de la lutte contre la pauvreté, de la protection de la biodiversité et le développement économique durable. L’approche “une seule santé ” nous rappelle une vérité fondamentale : la santé humaine, la santé animale , la santé des végétaux et celle de notre environnement sont étroitement liés. Négliger un de ces seuls maillons fragilise l’ensemble de l’écosystème. Les plantes pourtant essentielles à notre survie, demeurent très souvent les grandes oubliées de cette équation ». 

Dans la réalité les végétaux sont sources de vie contribuant à 80% de la nourriture que nous consommons et 98% de l’oxygène que nous respirons. Mais chaque année, les organismes nuisibles détruisent jusqu’à 40% des cultures. Selon l’approche une seule santé, les végétaux sains fournissent aux hommes et animaux une alimentation riche en nutriments et contribuent à l’équilibre des écosystèmes. Les végétaux infectés par les organismes nuisibles peuvent avoir toute une série d’effets négatifs sur l’approvisionnement alimentaire et provoquer des épidémies de maladies zoonotiques transmises par des agents pathogènes nuisibles.

Au Cameroun les produits végétaux contribuent à plus de 30% du PIB. Toutefois, certaines menaces restent visibles et affectent la biodiversité : Des chenilles légionnaires d’automne continuent à affecter la production de maïs, la mosaïque du manioc réduit les rendements d’une culture de base essentielle, les mouches des fruits invasives limitent la production fruitière et l’accès du marché. Des menaces qui compromettent directement la productivité agricole, les revenus des agriculteurs et la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

D’après Dr Salihou Niassy coordonnateur CPI – UA et représentant de l’Union Africaine, la santé des végétaux n’est plus uniquement une question agricole. Ces menaces arrivent de partout dans le monde : « protèger les végétaux, c’est protéger la sécurité alimentaire et la paix sociale. C’est le job de l’OIPV + FAO+ gouvernement du Cameroun. C’est une affaire de tous les fermiers, les chercheurs, les gouvernants et ceux qui font les lois. Il faut travailler en symbiose pour le bien de tous, ne pas transporter les fruits ou les plantes d’une région à l’autre sans contrôle, signaler les maladies bizarres sur les plantes, utiliser des semences certifiées, soutenir la recherche agricole locale ».

Selon Dr Antonio Luís Querido, représentant résident de la FAO au Cameroun, renforcer la biosecurité végétale signifie « protéger les cultures et sécuriser les moyens de subsistance, promouvoir des pratiques de lutte intégrée durable contre les ravageurs, favoriser un commerce agricole sûr et compétitif. Au coeur de la biosecurité végétale se trouve la prévention : prévenir l’introduction et la propagation des ravageurs est beaucoup plus efficace et nettement moins coûteux que d’intervenir après coup. Cela nécessite des systèmes d’alertes précoces, performants, une surveillance phytosanitaire et des capacités de diagnostics solides ». 

En clair, sans protection forte des végétaux, point de sécurité alimentaire.Tous les secteurs concernés doivent collaborer de manière intégrée afin de réaliser ensemble ce qu’aucun d’entre eux ne pourrait réaliser seul. L’approche “une seule santé “est une solution essentielle pour relever ces défis tout comme l’action commune, d’où l’importance de cette journée instituée par l’ONU le 29 Mars 2022.

Germaine Ngo Holl

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