Accord sur les pandémies : Les États membres de l’OMS en prolongation pour sceller le système PABS

Le compte à rebours est lancé. À moins de deux mois de l’Assemblée mondiale de la Santé prévue en mai 2026, les négociations autour de l’Accord sur les pandémies entrent dans une phase de mort subite. Les États membres de l’OMS ont convenu d’une session extraordinaire, du 27 avril au 1er mai, pour finaliser l’un des piliers les plus sensibles du texte : le système PABS (Pathogen Access and Benefit-Sharing).
L’annexe PABS n’est pas qu’un simple point technique ; c’est le mécanisme qui doit garantir que les erreurs du passé, notamment celles observées durant la COVID-19, ne se reproduisent plus. Son objectif est double. Assurer le partage immédiat des informations sur les agents pathogènes (virus, bactéries) à potentiel pandémique ; garantir que les pays qui partagent ces données reçoivent en retour, de manière juste et prioritaire, les vaccins, tests de diagnostic et traitements développés grâce à ces informations.
Des points de friction persistants
Malgré un dialogue constructif salué par les coprésidents du groupe de travail (le Brésil et le Royaume-Uni), plusieurs questions cruciales restent en suspens notamment la définition des avantages, le régime contractuel et la gouvernance. « À moins de deux mois de l’Assemblée mondiale de la Santé, qui se tiendra en mai, je note avec satisfaction la volonté qu’ont manifestée cette semaine les États Membres de parvenir à un consensus sur les points restés en suspens du Système d’accès aux agents pathogènes et de partage des avantages découlant de leur utilisation », a déclaré le coprésident du Bureau du Groupe de travail intergouvernemental, M. Matthew Harpur (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord).
L’appel à la solidarité
Face à la complexité des enjeux, le Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a exhorté les délégations à transcender leurs divergences. Pour lui, la réussite de l’Accord sur les pandémies dépend de la capacité des États à se faire confiance mutuellement. « Le système d’accès aux agents pathogènes et de partage des avantages découlant de leur utilisation constitue la clé de voûte de l’Accord de l’OMS sur les pandémies, et je remercie les États Membres de l’Organisation de s’être engagés à lui donner vie. J’exhorte toutes les délégations à croire au pouvoir de la confiance, qu’il s’agisse de notre confiance les uns envers les autres, envers nos institutions ou envers notre capacité commune de transcender nos divergences pour faire triompher le bien commun, la solidarité et l’équité », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS.
Un enjeu crucial pour les pays du Sud
Pour des pays comme le Cameroun et ses pairs africains, l’aboutissement du système PABS est vital. Il s’agit de passer d’une posture de demandeurs d’aide à celle de partenaires stratégiques dont la contribution à la surveillance scientifique mondiale est reconnue et récompensée par un accès garanti aux solutions médicales.
Les discussions intersessions informelles qui précèdent la réunion de fin avril seront déterminantes. Le monde attend désormais de savoir si la volonté politique affichée cette semaine se transformera en un texte juridiquement contraignant capable de rendre la planète plus sûre face aux menaces futures.
Françoise ESSONO
Crédit image :OMS



















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